Menu gauche
Contenu
Le Groupe AFD est implanté en Côte d’Ivoire depuis l’indépendance de ce pays en 1960. A la suite des événements de septembre 2002 et dans le contexte de crise qui a affecté le pays, l’agence d’Abidjan a resserré son dispositif. Depuis juillet 2008, cette agence compte à nouveau un directeur d’agence résident. Photo © F. Krohn
À la une
Le fonds pour l'agriculture africaine, une première pour lutter contre la faim
Face aux menaces qui pèsent sur la sécurité alimentaire africaine, des partenaires européens, africains et mondiaux ont, pour la première fois, mis en commun leurs moyens et leur expertise au sein d’un même fonds d’investissement (African Agriculture Fund, AAF) afin de promouvoir les investissements agricoles en Afrique et l’accroissement de la production agricole destinée à la consommation intérieure.
Des menaces de plus en plus lourdes pour la sécurité alimentaire des Africains
Les émeutes alimentaires de 2008 avaient été le révélateur des nombreux défis auxquels fait face le continent africain en matière de sécurité alimentaire :
- l' accroissement non contrôlé des populations urbaines, dépendantes des importations alimentaires soumises à la volatilité des prix des matières premières agricoles ;
- la dépendance chronique de l’aide alimentaire d’urgence, notamment dans les régions déstabilisées, comme la zone sahélienne ;
- l'accaparement des terres agricoles par des fonds d’investissement spéculatifs au détriment des intérêts des producteurs villageois ;
- le manque de volonté politique pour asseoir des stratégies régionales axées sur les filières de production paysannes ;
- le manque de ressources propres des entreprises privées agricoles et des coopératives pour accroître leur production et moderniser les filières.
Une première : le Fonds pour l'agriculture africaine
Face à ces constats, la communauté internationale s’est mobilisée à travers différentes initiatives. Pour la première fois, des partenaires européens (AFD, Union européenne, Agence Espagnole de Coopération Internationale, Coopération Italienne), des partenaires africains (BAD, BOAD, BIDC, DBSA, Fondation AGRA) et des agences des Nations Unies (FIDA, ONUDI) ont mis en commun leurs moyens et leur expertise au sein d’un même fonds d’investissement (African Agriculture Fund ou AAF) afin de promouvoir les investissements agricoles en Afrique.
une palmeraie au Ghana, © Agence AFD Ghana
Anti-blanchiment et bonne gestion des terres
Cité dans la Déclaration finale du G 20 agricole en juin 2011, ce fonds panafricain, qui devrait totaliser plus de 200 millions de dollars en juillet 2012, opère sur l’ensemble de la chaîne de valeur agricole (production, transformation, distribution) et en priorité dans le secteur primaire (céréales, élevage, aquaculture, productions fruitières…).
Les procédures du fonds couvrent notamment le respect de normes sociales et environnementales strictes, la réalisation de diligences systématiques en matière de lutte anti-blanchiment et de corruption ainsi que l’application d’un code de bonne gestion des terres.
Déjà deux projets pour l'AAF
AAF a déjà investi dans deux projets : le premier vise à réhabiliter une usine de production d’huile de palme en Sierra Leone, par un investissement de 10 millions de dollars aux côtés d’un financement de Finnfund, l'agence finlandaise de développement. En associant plus de 8 000 planteurs indépendants et en augmentant la production destinée au marché domestique, ce projet s’intègre dans l'initiative post-conflit de la communauté internationale.
Le second investissement du fonds, d’un montant de 20 millions de dollars, permettra l’extension d’une ferme de production d’œufs en Zambie et le développement de différents acteurs de la filière (depuis la production de soja pour l’alimentation des volailles, jusqu’aux points de distribution en passant par l’amélioration du stockage).
Les prochains investissements devraient intervenir notamment en Afrique de l’ouest francophone (
Côte d’Ivoire
) et dans des secteurs variés (eau minérale, sucre, protection des récoltes…).
Le fonds dispose de deux instruments plus spécifiquement orientés vers les petits producteurs ou entrepreneurs : un fonds filiale de 30 millions de dollars consacré aux PME agricoles et une facilité d’assistance technique dotée de 15 millions de dollars subventionnant l’insertion professionnelle des petits producteurs, le renforcement de capacités et le développement de services auprès des PME.
Subvention au centre international de développement et de recherche (CIDR) pour le développement de la riziculture en Côte d’Ivoire (Le comité ONG du 13 décembre 2011)
Le Comité ONG, délégation du Conseil d’Administration de l’AFD pour l’appui aux initiatives des ONG, s’est réuni le 13 décembre 2011. Il a approuvé l’attribution d'une subvention de 727 900 € au centre international de développement et de recherche (CIDR).
Contribuer au retour de la confiance
Nouvel appui budgétaire de 50 millions d’euros de l'AFD à l’Etat ivoirien. En accordant sa garantie totale à deux banques locales pour un prêt de 50 millions d’euros octroyé à l’Etat ivoirien, l'AFD accompagne ce dernier dans l’apurement de ses arriérés, contribuant ainsi au retour de la confiance des opérateurs économiques et à la relance post crise de l’économie ivoirienne.
L’AFD a accordé sa garantie totale et à première demande à deux banques locales (la BICICI – groupe BNPP – et la BOA Côte d’Ivoire) pour un prêt de 50 millions d’euros octroyé à l’Etat ivoirien.
Ce prêt, sous forme d’appui budgétaire, permettra à l’Etat de Côte d’Ivoire de poursuivre l’apurement de ses arriérés intérieurs, contribuant ainsi au retour de la confiance des opérateurs économiques et à la relance post crise de l’économie ivoirienne. Il contribuera au bouclage du budget 2011, exercice difficile après une crise politique et militaire ayant fait chuter la croissance ivoirienne à -6% en 2011.
La garantie accordée par l’AFD s’inscrit dans la continuité de l’appui français à l’Etat de Côte d’Ivoire depuis la fin de la crise et témoigne de la reprise effective des relations franco-ivoiriennes.
Pour rappel, un prêt direct de l’AFD à l’Etat de Côte d’Ivoire en avril 2011, d’un montant de 350 millions d’euros, a contribué au financement des arriérés de salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat accumulés durant la crise. Cet appui budgétaire a également permis d’entamer l’apurement des arriérés intérieurs et de satisfaire certains besoins sociaux urgents des populations, notamment dans le secteur de la santé, de l’éducation, de l’eau, et de la salubrité.
Dans ce contexte de restauration de la confiance de la communauté internationale vis-à-vis de l’Etat ivoirien et suite à la signature d’un nouvel accord avec le FMI, une mission conjointe DGM-DGT-AFD a permis à l’AFD de lancer mi-novembre l’instruction du prochain C2D franco-ivoirien.
Subvention à l'Institut européen de coopération et de développement (IECD) pour le soutien à l’insertion professionnelle des jeunes en milieu rural au Cameroun, en Côte d’Ivoire et en RDC (Le comité ONG du 27 septembre 2011)
Le Comité ONG, délégation du Conseil d’Administration de l’AFD pour l’appui aux initiatives des ONG, s’est réuni le 27 septembre 2011. Il a approuvé l’attribution d'une subvention de 1 550 000 €, à l'Institut européen de coopération et de développement (IECD).
Cette subvention de 1 550 000 € à l’IECD servira à un programme d’insertion professionnelle des jeunes en milieu rural. Le projet permettra de scolariser et former de jeunes ruraux déscolarisés ou en échec scolaire dans des écoles adaptées, pour les conduire vers un emploi durable dans les métiers ruraux et/ou par la création de très petites entreprises. Le projet cible trois pays : le Cameroun, la République de Côte d'Ivoire et la République démocratique du Congo. L'IECD travaillera en partenariat avec la Coordination des écoles familiales agricoles du Cameroun (CNEFAC), la Plateforme des écoles familiales de Côte d'Ivoire (PEFACI), le Centre congolais de culture, de formation et de développement (CECFOR). Les 8300 bénéficiaires directs sont les jeunes ruraux déscolarisés de 13 à 19 ans, les exploitants agricoles et entrepreneurs ruraux en activité, les formateurs, les membres des conseils d'administration des associations EFA. La capacité de formation créée permettra de toucher 18 000 bénéficiaires directs en 10 ans. Les bénéficiaires indirects du programme sont les familles et communautés villageoises des élèves, les actuels et futurs employeurs des jeunes formés qui bénéficieront des qualifications techniques et managériales de leurs salariés.
Subvention à l'ONG Rongead pour l'appui aux producteurs d’anacarde en Côte d’Ivoire (Le comité ONG du 27 septembre 2011)
Cette dubvention de 499 613 € à l'ONG Rongead va favoriser l’insertion des petits producteurs d’anacarde de Côte d'Ivoire dans le commerce international. L’objectif du projet est d’améliorer le revenu des producteurs par une meilleure gestion des risques de commercialisation, dans un contexte marqué par l’instabilité des prix agricoles et l’augmentation de la demande internationale. Il vise également à accroître la productivité des vergers d’anacarde, la durabilité des exploitations familiales et la transformation locale des noix. Il s’agit de renforcer les capacités de 200 Organisations professionnelles agricoles (OPA) de producteurs, représentant 20 000 producteurs d’anacarde, et 7 OPA transformatrices, représentant 1 000 femmes transformatrices. Le projet se déroulera dans la région nord de la Côte d'Ivoire (zone de production de noix de cajou) et une mise en réseau avec les organisations de la filière dans les pays frontaliers (Mali, Burkina-Faso, Guinée Conakry) sera réalisée.
Afrique contemporaine n°236 | Histoire de l’aide, Bordeaux : réinventer l’Afrique, crise ivoirienne et migrants burkinabés
Souvent décriée, parfois louée, l’aide publique au développement (APD) reste un objet polémique, mais son histoire demeure relativement méconnue.
Au coeur des relations internationales et actuellement à l’ordre du jour du G20, le débat sur l’aide gagne à être mis en perspective par une meilleure connaissance de son origine et de son évolution.
Afrique contemporaine aborde l’aide grâce à des contributions originales de chercheurs ou d’acteurs de la coopération, tels Corinne Balleix, Julien Meimon, François Pacquement, Antoine Seillan et Pierre Jacquemot.
À travers une analyse rétrospective, le dossier scrute l’action publique bilatérale et multilatérale et s’attache de manière introspective à la politique française de coopération. Au-delà du cas français, ce numéro décrypte les politiques d’aide peu connues dans l’Hexagone, celle des Pays-Bas analysée par Marc Dierikx et celle des pays nordiques par Constance Motte. Ce dossier de référence offre aux lecteurs l’ensemble des chiffres clés pour comprendre l’histoire de l’aide.
