L'AFD intervient au Mozambique depuis 1981. L'agence de Maputo a été ouverte en novembre 1985. Durant ces trente années, l’AFD est d'abord intervenue pour la réhabilitation des infrastructures de base (télécommunications, énergie, eau) et l’appui au secteur rural en soutenant des filières traditionnelles (élevage) ou d’exportation (coton, cajou, coprah), puis a élargi ses financements aux secteus santé et environnement. Photo © IcyU2
À la une
Mission d’experts thaïs au Mozambique pour soutenir la filière d’aquaculture de crevettes
L’AFD soutient au Mozambique depuis 2011 un projet d’appui à la filière d’aquaculture crevettière (financement PRCC de 1,5 M€). L’apparition du virus « white spot » sur les côtes mozambicaines et la contamination des fermes partenaires du projet a amené à radicalement réorienter le projet d’une promotion de la filière à une aide d’urgence destinée à répondre à la crise du White Spot.
Dans ce contexte et sous l’égide des discussions AFD-TICA en matière de coopération trilatérale avec l’Afrique, un échange d’expérience entre la Thaïlande, pays producteur de crevette exposé au virus White spot depuis plus de 20 ans, et les partenaires mozambicains du projet : INAQUA (institut national d’aquaculture) et APCM (Association Mozambicaine des Producteurs de Crevette) a été décidé.
Une première mission d’expert thaïs du ministère des pêches est à l’œuvre au Mozambique du 24 mars au 5 avril. Elle est composée d’un expert en qualité des eaux, d’un expert en gestion des épizooties et d’un expert en gestion des fermes aquacoles. La mission va durant 15 jours exposer les partenaires publics et privés mozambicains à l’expérience thaïe. Une mission retour sera ensuite organisée en Thaïlande pour la partie mozambicaine.
La première ministre thaïe, Mme Yingluck Shinawatra pourrait par ailleurs se rendre au Mozambique en juin prochain, accompagnée du directeur générale de l'Agence de Coopération Internationale Thailandaise ( TICA). Le projet crevette et l’appui thaï feront partie des sujets abordés avec le Mozambique. L’AFD quant à elle envisage la poursuite et l’élargissement de son appui au secteur pêche aquaculture à travers un projet régional cofinancé avec la Banque Mondiale.
L’entreprise mozambicaine CMH a un employé diplômé du CEFEB
Le 7 mars 2013 s’est déroulé une cérémonie de remise du diplôme de master CEFEB «maîtrise d’ouvrage publique et privée» à un employé de l’entreprise CMH (Companhia Moçambicana de Hidrocarbonetos). La cérémonie s’est déroulée dans les locaux de CMH en présence de Monsieur de M. Serge Segura, Ambassadeur de France, Monsieur Estevão Pale, Directeur Exécutif de CMH, de Dimitri Kanounnikoff, Directeur de l’AFD au Mozambique, et du personnel de l'entreprise CMH.
Pour mémoire, CMH porte la participation publique mozambicaine, soit 25 %, dans le projet de gaz naturel de Pande et Temane. Le partenaire principal du projet est le groupe pétrochimique sudafricain Sasol qui détient 70 % du projet ; le solde est détenu par la Société Financière Internationale (SFI). L’association détient les droits d’exploitation sur trente ans des champs gaziers de Pande et Temane pour l’extraction et la fourniture du gaz.
La mise en exploitation du gisement de Temane a débuté en janvier 2004 avec l’appuie d’un financement de l’AFD et celle de Pande en 2008. Les réserves prouvées et probables des champs de Temane et Pande permettent d’assurer 35 ans de vente de gaz. La capacité de production actuelle est de 183 millions de gigajoules ou MGJ/ an dont 27 MGJ/an réservés au marché mozambicain.
Le Mozambique bénéficie pleinement des retombées financières de ce projet. En outre, le gaz destiné au marché mozambicain permettra d’augmenter la production électrique indispensable pour faire face rapidement à la hausse très forte de la demande (la seule solution pour le court et moyen terme serait sinon la hausse des importations d’électricité en provenance d’Afrique du Sud, à un tarif élevé et dont l'origine est principalement le charbon). Enfin, avec le CMH, le Mozambique s’est doté de compétences appréciées et particulièrement utiles dans le contexte actuelle des découvertestrès importantes de gaz au nord du pays (estimées à 170 trillions de pieds cubes ou TCF).
Soutenir les dispositifs innovants d'ONG pour l'insertion des jeunes
Relever le défi de l’insertion des jeunes suppose des approches innovantes. L’AFD a accueilli le 29 Janvier un séminaire dédié à « l’insertion professionnelle des jeunes au Nord et au Sud : quels acteurs pour quelles politiques d’insertion » ? L’évaluation des initiatives de la société civile en Mauritanie et au Mozambique présentées lors de cette rencontre ont permis d’explorer des pistes d’actions futures.
Plus de cent participants du Sud et du Nord
L’AFD a accueilli le 29 Janvier 2013 un séminaire organisé par le
CFSI
(Comité français pour la solidarité internationale), en partenariat avec
ESSOR
et le
GRET
, dans le cadre du programme
FISONG
* financé par l’AFD, l’Union Européenne et la Région Ile de France : « l’insertion professionnelle des jeunes au Nord et au Sud : quels acteurs pour quelles politiques d’insertion » ?
Cet atelier a rassemblé pour une journée de débats près de cent participants du Nord et du Sud, issus d’horizons divers, tous acteurs du développement en faveur de l’insertion des jeunes. Il s’inscrit dans le cadre d’une réflexion menée par l’AFD avec le ministère des Affaires étrangères et la société civile sur les politiques publiques en faveur de l’insertion des jeunes.
Formation à la teinture. Photo : GRET
Un nécessaire changement d’échelle
Cette démarche de concertation, de dialogue et de partage d’expériences, a permis de faire émerger une compréhension commune des enjeux ainsi que des pistes pour favoriser le changement d’échelle d’initiatives pilotes menées par la société civile.
La structure du marché du travail et de l’économie en Afrique sub-saharienne (poids de l’informel, du rural, faible capacité d’absorption de l’industrie et du tissu urbain…) ne permet pas de « dupliquer » des dispositifs ou des politiques déployés au Nord (caractérisé par 80% de salariat et près de 100% de taux de scolarisation).
La problématique des jeunes ruraux notamment est particulièrement sensible dans les pays du Sud où les logiques d’insertion sont souvent liées à des logiques familiales.
Des enseignements croisés peuvent cependant être tirés d’une approche comparative Nord - Sud.
Un chaînon manquant
Alors que la notion d’insertion s’est imposée en France dans les dernières décennies du XXème siècle, elle est très récente en Afrique. La définition des concepts d’insertion, de jeunesse(s) doit encore y être approfondie afin de concevoir et mettre en œuvre des dispositifs d’insertion pertinents.
Le constat d’un chaînon manquant entre formation et marché du travail dans les pays du Sud fait à ce stade consensus.
Deux initiatives innovantes
Les discussions ont porté en particulier sur deux expériences dans le cadre du programme FISONG 2009-2012 « Formation professionnelle, accompagnement vers l’emploi et l’insertion : mise en place de dispositifs de proximité au Mozambique (UPA) et en Mauritanie (Cap Insertion) ».
Ce programme a été mené par le CFSI (comme chef de file du consortium des ONG et chargé de la capitalisation),
ESSOR
au Mozambique et le
GRET
(en Mauritanie).
Le séminaire a permis de présenter les résultats de l’évaluation du programme et de rendre compte, auprès des différentes parties prenantes, des effets des deux dispositifs, de leur pertinence, de leur efficacité, de la viabilité et de la pérennité enfin de ces initiatives.
En matière d’efficience, les coûts rapportés au nombre de jeunes insérés peuvent sembler très élevés. Cependant, les acteurs s’accordent sur la nécessité de prendre en compte le coût social, politique et économique de l’absence de tels dispositifs…
Les ONG, « poissons pilote » des politiques publiques
En l’absence de politique nationale d’insertion dans nombre de pays, ces initiatives occupent une « niche » au niveau de l’accompagnement à l’insertion des jeunes, et expérimentent des dispositifs jusque-là inexistants. Ils proposent des réponses complètes et de proximité en visant des quartiers et des jeunes en difficultés.
La société civile contribue ainsi à la construction des politiques publiques, comme « poissons pilotes », « laboratoires » mais aussi comme catalyseurs par la sensibilisation et la professionnalisation des acteurs.
L’ensemble des participants ont souligné la pertinence de la stratégie pluri-acteurs mobilisée par les deux dispositifs étant donné le caractère multidimensionnel de l’enjeu d’insertion des jeunes.
L’ambition de contribuer à la construction de politiques publiques impose par ailleurs la mobilisation et l’engagement de tous les acteurs concernés.
Formation à la mécanique. Photo : ESSOR
Quels sont les facteurs-clés de réussite d’un projet ?
La rencontre a permis d’identifier des facteurs clés de succès pour inscrire ces projets dans la durée (autonomie et pérennité) et favoriser le changement d’échelle :
-la définition de parcours d’insertion, par essence multiples et non linéaires,
-la mobilisation, l’engagement et la coordination d’acteurs multiples et complémentaires (Etat, collectivités, entreprises, prestataires de formation, société civile…) à travers des cadres de concertation solides, et une claire définition des rôles et responsabilités ;
-l’ancrage institutionnel, l’objectif étant un service public (ensemblier) auquel contribue une multiplicité d’institutions en charge de la jeunesse (ministère emploi, jeunesse, affaires sociales, éducation, formation, supérieur…) et de parties prenantes ;
-la collecte, le traitement et la diffusion simple et équitable de l’information, l’asymétrie d’informations sur le marché de l’emploi et l’inégalité face aux réseaux sociaux étant des obstacles majeurs à l’insertion des jeunes ;
-la professionnalisation et la certification des métiers de l’insertion (accueil, information, collecte d’offres, accompagnement personnalisé, formation professionnelle, appui-conseil à la création d’activités, microcrédit…) ;
-la mobilisation de financements complémentaires (à la fois du secteur privé et du secteur public local et national, de la société civile et des bailleurs) et la définition de modèles économiques viables ;
-l’ancrage territorial et la contribution au développement local avec l’implication des collectivités locales pour toucher le public à insérer tout en répondant aux besoins d’un marché de l’emploi clairement identifié ;
-la combinaison de logiques d’offre et de demande et l’articulation entre finalité sociale (publics vulnérables) et économique (contribution au développement économique local).
Pour aller plus loin
L’insertion socioprofessionnelle des jeunes est devenue un enjeu économique, social et politique majeur. Cette problématique est au cœur de la stratégie de l’AFD.
Une conférence « Idées pour le développement » est organisée à l’AFD le 13 juin 2013 afin de poursuivre les échanges et intensifier le plaidoyer en faveur de politiques d’insertion adossées à des moyens budgétaires (« accepter le coût budgétaire de la jeunesse »).
Un nouveau programme FISONG dédié à l’apprentissage est lancé en 2013. Il inclut un exercice de capitalisation.
L’AFD soutient les secteurs de
l’éducation et de la formation
en faveur d’une meilleure insertion sociale et professionnelle des jeunes générations et appuie les
initiatives portées par les ONG
:
*
FISONG
: Facilité d’innovation sectorielle pour les ONG, instrument dédié au financement de projets novateurs à l’initiative des organisations de solidarité internationale.
* Encadré - CAP Insertion
L’initiative « Cap insertion » repose sur un centre d’appui à l’insertion des jeunes offrant une variété de services (accueil et orientation, préparation à l’insertion, accompagnement et suivi des jeunes).
Dans un pays où 55% de la population a moins de 20 ans, « CAP insertion » oriente, accueille et aide les jeunes issus de milieux défavorisés dans la région de Nouakchott, à définir leurs choix professionnels et les accompagne dans leur parcours d’insertion.
Trois antennes ont été mises en place : elles ont permis d’accompagner 2500 jeunes dans leurs démarches et mis en réseau de nombreux partenaires (entreprises, organisations professionnelles, centres de formation, institutions nationales publiques, mairies et acteurs locaux…).
A compter de 2013, 2 antennes sont reprises par les autorités publiques (MEFPNT) et 1 par la communauté urbaine de Nouakchott.
Afrique Contemporaine n°244 | Les classes moyennes en Afrique | Inégalités et croissance, entretien avec François Bourguignon
L’éclosion des « classes moyennes » en Afrique subsaharienne est-elle une réalité ? Le point de vue est en tout cas partagé dans de nombreuses publications spécialisées et par nombre d’analystes d’institutions financières publiques et privées.
En réunissant les analyses d’éminents spécialistes et les résultats issus d’enquêtes de terrain dans des pays aussi variés que le Togo, le Cameroun, le Mozambique, le Gabon, le Kenya, le Niger et l’Afrique du Sud, Afrique contemporaine part « à la recherche des classes moyennes » en Afrique.
La notion de « classe moyenne » est difficile à saisir et recouvre des réalités très variées. L’importance du secteur informel, le cumul systématique des activités par un même individu, la non-fiabilité des répertoires professionnels établis par les États et le poids écrasant de la pauvreté ne cessent d’en diluer l’existence.
Derrière la question délicate mais cruciale du repérage se pose celle de savoir dans quelle mesure la vitalité économique et le dynamisme démographique modifi ent la donne sociale et politique. Le processus conduit-il à la formation d’une demande solvable de biens de consommation et de services publics de meilleure qualité ?
Retrouvez la collection "Afrique contemporaine" ici
Les relations Chine - Afrique : impacts pour le continent africain et perspectives Conférence le 8 février à 16h Retransmise en DIRECT
Lors de la 5e conférence ministérielle Chine-Afrique en juillet 2012, la Chine a annoncé qu’elle allait doubler ses crédits au continent africain au cours des trois prochaines années. Pékin va investir 20 milliards de dollars en Afrique dans des projets visant le développement de son agriculture, son industrie, ses infrastructures…
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