Le contexte politique et économique

Le contexte politique et économique

La situation politique

La stabilité et la cohésion de la Tanzanie, issue de l’union du Tanganyika et de l’archipel de Zanzibar en 1964, sont directement liées à l’action de Julius Nyerere, chef de l’Etat de 1963 à 1985. Au président Mkapa, élu en 1995 puis en 2000, a succédé, en décembre 2005, le candidat du Parti de la Révolution (CCM), M. Jakaya Kikwete, (ministre des affaires étrangères depuis 1995), élu avec plus de 80% des suffrages, au terme d’un processus électoral salué par les observateurs. Le Président Kikwete a imposé sa marque : équipe gouvernementale féminisée, prise en compte des équilibres régionaux et religieux, gestion musclée des scandales financiers (limogeages récents du gouverneur de la banque centrale, du Premier Ministre et de trois ministres importants et de nombreux cadres du ministère du Tourisme).

Les priorités du gouvernement sont : le dialogue avec Zanzibar, la corruption, les questions de développement économique (Mkukuta = stratégie nationale quinquennale de réduction de la pauvreté mise en place fin 2005) ainsi que les réformes structurelles et institutionnelles.
Quatre grandes réformes ont vu le jour : i) le secteur public avec la cession ou la privatisation d’entreprises publiques (assurance, réseau ferré et portuaire) ii) le secteur de l’énergie iii) le secteur des transports qui comprend la privatisation d’infrastructures portuaires et ferroviaires  4) les réformes législatives dont la révision de lois sur la propriété foncière, le décret anti-corruption (Prevention of Corruption Act) et des mesures de soutien aux entrepreneurs locaux pour améliorer le climat des affaires.
Les défis restent néanmoins nombreux : la corruption, tout d’abord, avec un sentiment de corruption généralisée même si la lutte contre la corruption a constitué la priorité des 24 derniers mois et ensuite l’amélioration de la relation entre le gouvernement fédéral et l’archipel de Zanzibar, dont le dialogue est actuellement suspendu.

La situation économique et sociale

La Tanzanie est un PMA post PPTE. Les dernières analyses de viabilité de la dette du FMI et de la BM indiquent que ce pays est en risque faible (vert). La Tanzanie était sous programme FMI, de type PSI, jusqu’à fin 2009.

Au regard du cadre matriciel de la DGTPE actualisé en 2008, la Tanzanie fait partie des pays rééligibles à un endettement de l’AFD sous forme de PTCC (satisfaisant une contrainte de concessionnalité d’endettement public fixée à 35% par le FMI).

La Tanzanie a atteint, ces dernières années, un taux de croissance annuel du PIB élevé (autour de 7% de 2002 à 2005, 7,3% en 2007, 7,1 % en 2008) et une stabilité macroéconomique malgré des inquiétudes pour 2009 avec la crise financière (baisse des revenus extérieurs). Des progrès significatifs ont été accomplis dans les domaines de l’éducation primaire, de l’égalité des genres, de l’accès de la population urbaine à l’eau, mais la forte croissance n’aura pas eu l’impact attendu en matière de réduction de la pauvreté (la Tanzanie est l’un des 15 pays les plus pauvres du monde : espérance de vie y est de 51 ans, IDH de 162/177, PIB/hbt est 349$). Beaucoup reste à faire dans le domaine des infrastructures, de la malnutrition, de la santé (les trois pandémies dont sida en particulier) et de la formation.