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Education : miser sur les partenariats entre les ONG et les secteurs public et privé
À l’occasion des trente ans de l'ONG "Aide et Action", la conférence "Tous acteurs de l'éducation. Un partenariat multi-acteurs pour l'Éducation" a été l'occasion de découvrir, à travers des retours d'expériences de terrain, les bénéfices des partenariats associant société civile, secteurs public et privé. Les échanges ont également mis au jour des pistes d’amélioration pour une plus grande efficacité de ces partenariats.
"Aide et Action" et l'AFD : le bilan d'une décennie de travail en commun avec pour objectif la scolarisation pour tous
Afin de mutualiser leurs moyens et d'offrir un accès accru et équitable à une éducation de base de qualité dans les régions les plus défavorisées, l'ONG Aide et Action et l'AFD ont signé en 2001 un accord de partenariat dans le contexte de la mise en place du programme "Éducation pour tous", convenu lors du forum de Dakar en 2000 et visant à atteindre la scolarisation primaire universelle en 2015.
Dans une première phase, les deux partenaires ont soutenu conjointement plusieurs projets dans différentes régions du Sénégal, du Niger, de la Guinée et du Togo.
Aide et Action est principalement intervenu dans la mobilisation des collectivités et des parents d’élèves ainsi que dans l’accompagnement des services éducatifs locaux. Par la suite Aide et Action et l’AFD ont inscrit leurs interventions dans le cadre des programmes nationaux d’éducation.
Classe d'école à Djourbel (Sénégal) / Crédit photo : AFD
Renforcer le dialogue entre bailleur de fonds et ONG
L’AFD est attachée au renforcement du dialogue avec la société civile. Son partenariat avec Aide et Action (A&A) permet de développer de fortes synergies en faveur de l’éducation. A&A possède une bonne connaissance des réalités du terrain, en particulier dans les zones où l'accès à la scolarisation reste difficile.
Pour illustrer cette collaboration, deux projets ont été présentés lors de la conférence :
Le premier projet, "Éducation pour tous au Togo" (EPTT), a été, comme l'indique sa dénomination, mis en oeuvre au Togo où l’AFD s’est occupée du volet institutionnel (renforcement des capacités des ministères au niveau national) tandis qu’A&A a pris en charge le volet social via la mobilisation des familles et le renforcement des capacités des acteurs locaux (encadrement des écoles).
Ce projet a permis une nette amélioration des taux de scolarisation de la région des Savanes, au Nord du Togo, région la plus pauvre et la moins scolarisée du pays.
Le second projet, d’appui à la décentralisation dans sept pays d’Afrique de l’Ouest où, là aussi, A&A a apporté son expertise aux acteurs locaux (élus, collectivités, communautés, responsables d’écoles) afin de permettre une meilleure mise en œuvre des politiques nationales au niveau local.
Promouvoir le partage des expertises entre le Sud et le Nord
A&A a également présenté au cours de la conférence deux nouvelles formes de partenariats :
D'une part, les partenariats entre les secteurs public et privé et les bénéfices associés dans le domaine de l’éducation, en termes de financement, d'expertise et d'innovation ; d'autre part, les partenariats Sud/Nord, illustrés par la collaboration entre A&A Afrique et la ville d’Argenteuil sur un projet d’accompagnement du parcours scolaire d’enfants en difficulté.
Ces différentes interventions ont mis en lumière les avantages de partenariats tissés entre la société civile, le secteur public et le secteur privé. Elles ont rappelé la nécessité de définir les rôles, les responsabilités et les attentes de chacun pour que le dialogue et la collaboration se déroulent dans les meilleures conditions. Au cours des débats a été également souligné le fait que des leçons peuvent être tirées d’initiatives développées au Sud par les acteurs du Nord, même dans des contextes très différents.
Forts de ses échanges et de ses collaborations, Dov Zerah, directeur général de l’AFD, et Claire Calosci, directrice d'Aide et Action, sont convenus d’approfondir le dialogue dans le domaine de la formation et de l’insertion des jeunes, problématiques sur lesquelles A&A travaille déjà en Inde.
"Paris, Ouagadougou, même combat?" Promenade vidéo
Penser avant tout les villes comme des réseaux
Chaque ville , quel que soit son degré de modernité, ressemble à un maillage, une superposition de réseaux, pour la plupart visibles dans le paysage urbain. Qu'il s'agisse des réseaux d'électricité, de gaz, de télécommunication, de drainage des eaux usées ou des eaux pluviales , toutes ces fonctions sont tendues vers un but commun : garantir la sécurité, le bien-être et le mieux-vivre des populations citadines.
Première caractéristique d’une ville du Sud : une gestion publique lacunaire
Les éléments les plus banals d'une ville d'un pays du "Nord", perçus comme "allant de soi" - car ancrés depuis très longtemps dans le quotidien de sa population - sont encore inexistants ou alors extrêmement rares dans les villes du "Sud". L’on pense, entre autres, à des objets urbains ordinaires tels que les plaques de rues, d’égouts, les lampadaires, les routes goudronnées qui contribuent respectivement à la fois à l’adressage et l'identification des lieux et de leurs résidents, à la préservation de l’hygiène et de la santé publique , à la circulation des personnes et des biens de consommation ; comme autant de missions dont sont en charge les collectivités.
Les villes du Sud se signalent en général par l'absence de tels réseaux consolidés et dotés d'un fonctionnement optimal. Au mieux va-t-on trouver quelques éléments communs, comme des réseaux téléphoniques, des routes, des rues, mais sans revêtement, sans pavés et inondables à cause de canalisations peu fonctionnelles ou saturées, des quartiers et habitations sans panneaux de signalisation, un déficit d’éclairage public etc.
Cadastres et signalisations : des prérequis pour la gestion urbaine
A Paris, la présence de plaques de rue nous paraît normale. Pourtant, celles-ci sont inexistantes dans la plupart des villes et capitales des pays en développement. Or, en l'absence de telles indications, il n'est pas possible d'adresser des courriers, d'envoyer des avis d’imposition, de collecter correctement les taxes qu'en définitive, aucun dispositif n'oblige à payer. Cet état de fait est l'un des symptômes de l'absence de systèmes cadastraux véritablement opérationnels dans ces pays, s'agissant de la gestion, entre autres, des unités foncières et de l'historique des parcelles.
Dans ces conditions, il est difficile voire impossible de savoir avec exactitude qui habite à tel ou tel endroit, ni combien de ménages, d'enfants, de personnes âgées ou ayant un handicap y résident. Pas plus qu'il n'est possible de déterminer qui est le propriétaire ou le locataire du lieu concerné, et ainsi d'être en mesure, par exemple, de collecter les taxes de vente.
Parvenir à une combinaison efficace du politique, de l'administratif et du technique
Si l'adressage est important, il ne suffit pas de peindre un numéro sur une porte comme on le voit dans beaucoup de pays africains, en espérant que cela suffise à résoudre le problème. Pour pouvoir organiser la vie de la cité, sa gestion, son développement, le processus est plus complexe et long à mettre en œuvre. C’est toute la gestion dans l’administration publique qu'il faut organiser et réformer, car c'est par cet instrument que l'Etat est en mesure de recencer, de savoir en temps réel ce qui se passe, et de gérer la ville dans le long terme. La plaque de rue est en quelque sorte le symbole de la gestion urbaine, laquelle englobe la plupart des services dont les citadins bénéficient au quotidien.
Le grand enjeu pour ces Etats et les institutions d'aide au développement, dont l’AFD, est de savoir comment créer tous ces réseaux urbains essentiels, les mettre en place, financer à la fois l’investissement dans ces infrastructures et mettre en œuvre les services adéquats pour les entretenir.
Sans réseaux d’assainissement, par exemple, dans les villes du sud, toutes les eaux usées se déversent dans les rues, les parcs, les cours d'eau naturels. Le défi n'est peut-être pas de parvenir à un résultat se rapprochant au plus près de Paris, ville particulièrement moderne, mais a minima, de disposer des services essentiels pour éviter que les déchets et eaux usées restent dans les maisons ou souillent les rivieres, garder les rues praticables et permettre aux citadins d'avoir accès à l’eau potable.
L'îlot Chalon : un exemple de reprise en main urbaine réussie
La transformation de ce quartier parisien, longtemps abandonné à sa paupérisation atteste qu'il n'existe pas de technique ou de modèle prédéfini à même de créer une ville moderne, agréable et bien gérée. Il faut penser à la fois aux équipements, aux logements, aux réseaux susdécrits, à la nature des activités que l'on veut y développer (des bureaux, un centre d'affaires, ou un espace vert par exemple) et notamment reconnecter cet ensemble avec les axes de transports. Tous ces projets nécessitent une réflexion globale, politique au sens de "gestion de la cité", qui doit se traduire par des politiques puliques qui doivent être cohérentes et complémentaires dans un même espace donné. L’autre élément est la manière dont ces opérations sont menées, en tenant compte d’abord de la durée : l'on parle en effet de projets dont le financement et les travaux s'échelonnent sur 20 ou 25 ans. Il faut, à cet égard, s'assurer de tenir la distance grâce à des institutions solides, politiquement, techniquement, financièrement pour porter de grands chantiers.
"La ville finance la ville" car l’opération se finance au fur et à mesure par la plus-value que la collectivité obtient en revendant les terrains qu’elle a achetés à bas prix dans les quartiers pauvres, après les avoir réaménagés. Cette plus-value permet de financer les équipements et, au bout du compte, l’opération urbaine s’autofinance sur une durée de 20 ans ou plus. Ce principe de l’aménagement n’existe pas en général dans les pays où l’AFD intervient. Il s'agit d'une véritable lacune qui va bien au-delà de la contrainte financière stricto sensu – puisqu' une petite avance de trésorerie suffirait pour acheter des terrains. Plus fondamentale est la question du fonctionnement et de la capacité des autorités locales à porter ces projets, et d'un point de vue technique, de disposer des ressources humaines suffisantes pour élaborer et mettre en œuvre une politique d’aménagement du type de l’îlot Chalon.
La procédure à suivre, selon le principe "La ville finance la ville"
Comment les choses se font concrètement ? La puissance publique commence par prendre possession des quartiers en déshérence via des expropriations, des préemptions voire des achats simples. Une fois que la puissance publique s'est rendue maître des terrains, elle peut détruire, reconstruire, aménager et réaménager à sa guise pour créer des nouveaux quartiers qui vont continuer à évoluer plus ou moins positivement, en fonction des choix qui auront été faits.
Si les villes sont constituées partout des mêmes choses, elle ne fonctionnent pas de la même manière. La raison est en partie liée au financement. Le maire de Paris dispose de 4000 euros par an et par habitant pour entretenir et investir. Le maire de Ouagadougou (commune de 1.300 000 habitants) dispose de 20 euros par an et par habitant. A titre de comparaison, le budget de cette ville, capitale du Burkina Faso, est inférieur de moitié au budget de la ville de Rodez, qui compte 25 000 habitants. Le maire de Lomé va disposer d’environ 8 à 10 euros par an et par habitant, le maire d’une petite ville du
Bénin
d’un demi-euro par an et par habitant... L’enjeu est donc évidemment d’augmenter les financements, les capacités pour une collectivité locale d’avoir à sa disposition suffisamment de financement pour investir dans le territoire sous sa juridiction, et l'entretenir. L’écart entre villes du Nord et villes du Sud est aujourd’hui abyssal, et notre défi est de parvenir à le combler.
Afrique centrale, orientale et australe & Madagascar, Lesotho, Liberia, Madagascar, Mali, Zambie, Zimbabwe, Dvpt Urbain, Djibouti, Maurice, Malawi, Mozambique, Mauritanie, Collectivités locales, Ouganda, Nigeria, Ethiopie, Erythrée, Tanzanie, Namibie, Angola, Niger, Togo, Botswana, Tchad, Gabon, Burkina Faso, Soudan du Sud, Burundi, Sao Tome et Principe, Afrique de l'Ouest, Bénin, Kenya, Soudan, Cap Vert, Comores, Sierra Leone, Sénégal, Somalie, Guinée-Bissau, Côte d'Ivoire, Congo, République centrafriaine, Rwanda, Gunée équatoriale, République démocratique du Congo, Guinée, Gambie, Cameroun, Ghana
Publication de l'étude "Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement"
Menée par une équipe d’experts sous la direction d’Épargne Sans Frontière, au Maroc et en Tunisie, au Sénégal, ainsi qu’aux Comores, cette étude propose des solutions concrètes pour réduire les coûts de transferts d'argent des migrants et augmenter leur impact sur le développement.
Les propositions de l’étude portent en particulier sur l’amélioration de la bibancarisation (bancarisation des migrants dans leur pays de résidence et dans leur pays d’origine, dans le cadre d’une action coordonnée entre les banques des deux pays), la mise au point de produits financiers innovants, le soutien aux technologies de paiement dématérialisé et l’adaptation de cadres réglementaires et législatifs.
L'étude a été financée par la Banque africaine de développement et l'AFD.
Quels sont les enseignements de l'étude ?
Du fait de leur importance pour les populations destinataires, les flux d’argent des migrants tendent à rester stables et sont peu sensibles aux évolutions de la conjoncture.
Comment optimiser les transferts d'argent et leur impact sur le développement
- Réduire les coûts d’envoi d’argent des migrants permettra d’accroître leur contribution au développement.
- La compréhension du contexte local constitue la clé d’une diminution des coûts des transferts d’argent et des flux informels.
- Les coûts des transferts d’argent au Maghreb et dans la Zone franc semblent se stabiliser à un niveau encore trop élevé.
- Si le profil des acteurs se diversifie, il reste nécessaire de faire évoluer les offres pour gagner en compétitivité.
- Une modernisation des cadres réglementaires, favorisant la diversification de l’offre de services et de produits financiers, contribuerait à renforcer la concurrence et à réduire les coûts des transferts d’argent.
- Quatre types de services et produits financiers et technologiques sont à même de contribuer à la baisse des coûts des transferts d’argent.
- Acteurs, services, outils, nouvelles technologies… : au final, cinq pistes sont à explorer pour étoffer et renforcer l’offre de produits bancaires et non bancaires, et favoriser la baisse des coûts des transferts d’argent et le codéveloppement.
►Interviews des auteurs de l'étude
►La restitution de l'étude a fait l'objet d'une journée de conférences et de rencontres au ministère de l'Economie et des finances, à Paris, le 21 février dernier. Près de 200 acteurs concernés par la question des transferts d’argent des migrants étaient présents. Pour visionner cette journée, cliquer ici.
Inauguration du centre de Santé de Tikajou par Médecin du Monde France
La France, à travers l’AFD, a financé pour le compte du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), une clinique à Mahotière (Commune de Carrefour) pour un montant de 110 000 euros.
Améliorer la qualité des services de santé
Le financement de cette clinique s’inscrit dans le cadre d’un programme d’amélioration de la disponibilité et de la qualité des services de santé de la reproduction et de la périnatalité d’un montant total de 6 M €. Le Centre de santé d’une superficie totale de 220 m2, est adapté à l’activité des services médicaux et administratifs, ainsi qu’aux patients s’y présentant, permettant un travail de qualité dans l’accueil et la prise en charge.
La clinique est conçue conformément aux normes antisismiques et anticycloniques et aux recommandations du MTPTC. Il s’agit d’une structure en bois, posée sur des plateformes en béton armé à surface lisse. Elle se compose de 4 bâtiments, pensés pour faciliter le circuit du patient et éviter les encombrements, ainsi que pour accueillir les patients dans un espace couvert et ventilé.
L’ONG française Médecins du Monde France a été le maître d’ouvrage de la construction de la clinique de Mahotière. L’ONG était déjà présente dans la zone grâce à l’implantation d’un poste temporaire de santé, très actif notamment lors de l’épidémie de choléra.
Ce centre de santé sera ouvert 5 jours sur 7 de 8h à 16h et devrait couvrir une zone de 38 000 habitants dont 5700 enfants de moins de 5 ans et 9500 femmes en âge de procréer.
La cérémonie
La remise officielle de ce centre de santé a été l'occasion d’une cérémonie le jeudi 26 avril 2012, en présence de M. Yvon Gerôme, Maire de Carrefour, du Dr Hans Legagneur, représentant de la Ministre de la Santé Publique et de la Population, de M. Didier Le Bret, Ambassadeur de France en Haiti, de M. Yves Malpel, Directeur de l’AFD en Haïti, de Mme Elke Leidel, Chef du bureau d’ECHO, de M. Ernesto Bafile, Coordinateur général de Médecins du Monde France et de l’association locale AJEUDEEC.
(découvrez les images de l'inauguration en cliquant sur le diaporama)
Inauguration par le Président M. Martelly de 7000 hectares de terres agricoles irriguées
Le Président M. Martelly accompagné du Ministre de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural, M. Hebert Docteur ont inauguré le 16 février, en présence de S.E Monsieur Didier Le Bret Ambassadeur de France en Haïti, de Monsieur Carlo de Filippi, Chargé d’affaires de la Délégation de l’Union Européenne en Haïti, de M. Yves Malpel directeur de l’Agence française de Développement à Port au Prince, de deux barrages d’irrigation à Matheux et à Courjolle dans la commune de l’Arcahaie.
Ces travaux ont été financés grâce à des subventions, totalisant 9,6 M€ ( 13MUS$ environ), accordées par l’AFD et l’Union européenne dans le cadre d’un programme sectoriel de renforcement de l’irrigation dans les plaines de l’Arcahaie, de Montrouis et de Saint Marc, et de construction et valorisation de lacs collinaires dans le plateau central.
Pour les seuls systèmes d’irrigation de Arcahaie et Montrouis-Saint Marc, les travaux ont consisté notamment en la réhabilitation et la construction de 2 barrages, 2 bassins de dissipations, 5 prises d’alimentation du réseau, 11 aqueducs, plus de 20kms de canaux primaires et secondaires, des confortements par gabion, et des dizaines de petits ouvrages. Tous ces travaux , mis en œuvre par la Direction des Infrastructures Agricoles du MARNDR, ont été réalisés en totalité par des entreprises haïtiennes, avec une ingénierie constituée d’un groupement entre un bureau haïtien et un bureau spécialisé français.
Grace à ces financements, l’irrigation de 7000 hectares a été sécurisée, permettant une augmentation de la production agricole (banane plantain essentiellement) ; 45% des bananes consommées à port au prince est originaire de cette zone. Un accent particulier est mis dans ce programme sur la responsabilisation des bénéficiaires, regroupés, dans l’Arcahaie, au sein d’une association forte de 8000 membres (l’Association des Irrigants de la Plaine de l’Arcahaie - AIPA). Cette association, comme celle créée à Montrouis-Saint Marc, sera responsable de l’entretien des ouvrages et de la gestion de l’eau.
Un suivi agronomique est assuré dans le cadre du financement par la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV), appuyée par les experts en bananes du Centre de recherche français (Cirad ) depuis sa base martiniquaise.
Partenaire constant du Ministère de l’Agriculture, l’AFD intervient dans le secteur agricole en Haïti depuis les années 80. L’Union européenne a soutenu ce programme sectoriel irrigation en 2009 dans le cadre d’une facilité spéciale, dont elle a délégué à l’AFD la mise en œuvre dans un souci d’efficacité et de coordination de l’aide.
Deux ans après le séisme : 101M€ engagés par l’AFD pour la reconstruction en Haïti
La priorité a été donnée à la reconstruction de l'Etat haïtien, à l'éducation, la santé et l'agriculture. Explications en vidéos avec les interviews d'Yves Malpel, directeur de l'agence AFD de Port-au-Prince et Pierre Duquesne, ambassadeur chargé des questions économiques de reconstruction et de développement. Voir le dossier
Pour retrouver le détail de tous les projets et les montants engagés, cliquer ici.
Depuis le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010, l’AFD a engagé 101M€ pour la reconstruction du pays, tout en poursuivant les projets déjà en cours.
Elle a financé des projets de développement dans les domaines de l’aménagement urbain, de la prévention des risques, de la santé, de l’éducation et de l’agriculture, à hauteur de 64 M€.
L’agence a également apporté un appui budgétaire à l’Etat haïtien d’un montant de 37 M€.
Interview d'Yves Malpel, directeur de l'agence de Port-au-Prince
Yves Malpel rappelle tout d’abord l’ampleur du désastre, 200 000 morts, 1,5 million de personnes qui ont perdu leurs logements. « Dans un pays sans Etat, sans ressources, sans banques, sans classes moyennes », la situation de la population sinistrée est extrêmement difficile.
La première année et sa mobilisation sans précédent, a laissé place à une année de doute : les difficultés techniques et juridiques de reconstruction et surtout une crise politique qui a complément bloqué l’avancement des opérations en Haïti pendant une année entière. Donc ce n’est que maintenant, en janvier 2012, que les fondamentaux de l’action publique sont en place, et que va vraiment commencer le chantier de reconstruction.
Même si l’AFD maintient ses projets antérieurs au séisme, le gros volume de ses activités implique des projets lancés après : la reconstruction de l’hôpital et de deux quartiers pauvres de Port-au-Prince. Mais pas seulement : l’agence maintient son appui au secteur agricole.
C’est d’ailleurs, d’après M. Malpel, l'une des réussites les plus encourageantes.
Les Haïtiens se plaignaient beaucoup que le secteur productif ait été un peu oublié par les bailleurs de fonds. Cette intervention pour soutenir une agriculture sinistrée – du fait d’un défaut d’infrastructures, d’une trop grande ouverture sur l’extérieur, etc. – pour créer de l’activité, de la richesse, surtout compte tenu du potentiel agricole du pays d’Haïti, est très appréciable et appréciée.
Aujourd’hui, les priorités de l’AFD aujourd’hui sont la mise en œuvre des projets de reconstruction dans les quartiers avec toutes les dimensions, construction des logements, construction des infrastructures, reconstruction de l’hôpital… Ce dernier chantier est un énorme projet qui ne se fait pas seul : l’AFD travaille en partenariat avec USAID qui finance 50% du projet.
Le projet de reconstruction des quartiers, colossal également, se fait en cofinancement avec l’Union européenne.
A la question sur l’état d’esprit sur le terrain, M. Malpel tient à souligner le courage des Haïtiens qui vivent dans des conditions extrêmement difficiles et qui travaillent énormément. « Il y a [chez eux] un enthousiasme partagé par les bailleurs de fonds, les ONG qui sont sur place. Certes, les résultats ne sont pas très visibles mais c’est maintenant que véritablement les graines qui ont été semées vont commencer à sortir de terre. Le chantier à démarré et demande toute notre énergie ».
Reconstruire en mieux , vidéo de 14 mn 52
Ce petit film présente le spectre d'intervention de l'AFD en Haïti en donnant la paroles aux acteurs, haïtiens et français. Il dresse un premier bilan des actions de l'AFD depuis le séisme.
L'action de l'AFD depuis le séisme en 18 photos
Interview de Pierre Duquesne, ambassadeur chargé des questions économiques de reconstruction et de développement.
Dans cet entretien, M. Duquesne rappelle que deux ans après le séisme, la reconstruction est loin d’être terminée. En termes financiers, la France avait annoncé un effort budgétaire considérable 326 millions d’euros, donc 260 d’aide bilatérale française, le reste étant dans le budget communautaire.
Sur ces 260 millions plus de 70% ont été à la fin 2011, à peine 18 mois après le lancement effectif des opérations, ont été transférés. L’ambassadeur estime que c’est un très bon résultat, supérieur à ce que l’on constate au plan mondial où on est plutôt autour de 53%.
Certes, les chiffres n’englobent pas la réalité mais "ils veulent dire que la France tient ses promesses".
Parallèlement aux chantiers de reconstruction, la priorité reste le soutien de l’action publique en Haïti, la (re)construction des institutions. M. Duquesne prend l’exemple du cadastre sans lequel aucune reconstruction viable et juste n’est réellement possible.
La complexité de la tâche tient au fait qu’il faut mener simultanément des action de court, de moyen et de long termes.
"Personne n’imaginait que les choses seraient faites au bout de deux ans. Quand vous voyez qu’au bout de deux ans 50% des gravats ont été déblayés d’un volume de quelque 10 m3, alors que le déblaiement du World Trade Center, à New York, six fois moins volumineux, a nécessité deux ans de déblaiement. Il y avait 1.6 million personnes dans les camps, il y en a plus que 500 000. Même si c’est, bien sûr, 500 000 de trop."
L’innovation en matière d’aide a été l’intense coordination entre les acteurs de la coopération nationale et internationale, et notamment avec l’ensemble des acteurs non-gouvernementaux, les ONG bien sur mais également les collectivités, les entreprises, la diaspora haïtienne et même les établissements universitaires.
A ce titre, M. Duquesne rappelle la création, en son temps, d’un outil novateur : la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), avec un conseil de 28 membres, dont 14 Haïtiens qui ne représentaient pas que l’exécutif mais l’ensemble d’Haïti, et 14 internationaux dont la France. Cette commission (qui s’est tenue jusqu’à la fin octobre 2010, comme prévu par la loi qui l’a instituée) a permis aux différents de coordonner leur action et de favoriser la collaboration entre eux, comme le montre celle entre la France et les Etats-Unis autour de la reconstruction de l’hôpital de Port-au-Prince.


