L'AFD en Asie
À la une
Plus de 60 % de croissance pour l'activité de l'AFD en Asie en 2012
L'année 2012 s'achève sur une forte croissance de l'activité de l'AFD sur le continent asiatique (+ 60%). Une croissance marquée par le renforcement des actions de lutte contre le changement climatique. L’identification de projets dans de nouvelles géographies devrait augurer de nouvelles opérations en Asie centrale et dans le Caucase.
Priorité aux questions climatiques
- Une croissance globale des activités qui met en évidence la priorité donnée par l'AFD aux questions climatiques (plus de 70 % de son activité), notamment en Chine et en Inde où ses interventions se font désormais sans coût pour l'État, au service des biens publics mondiaux et de l'influence française.
- L'enregistrement des premières opérations dans de nouveaux pays d’intervention tels que le Bangladesh et la Birmanie.
- Une intense activité d’identification de projets en Asie Centrale et dans le Caucase.
- L'approfondissement des partenariats traditionnels de l'AFD en Asie (Banque asiatique de Développement, JICA) et le démarrage de nouveaux partenariats confortant la présence de l'AFD dans la zone, qu’il s’agisse de premiers échanges avec les coopérations coréenne et australienne, ou des premières mobilisations de financements européens dans le cadre des facilités d’investissement.
- La forte portée sociale, économique et environnementale des programmes de développement mis en oeuvre, notamment en Chine, dans la reconstruction de la province du Sichuan, avec un accent particulier mis sur le développement des infrastructures, l'assainissement et les énergies renouvelables (le biogaz à travers le développement des biodigesteurs en Chine et en Inde).
Nouveaux objectifs, nouveaux territoires en 2013
- Mise en oeuvre de la nouvelle stratégie d’intervention de l’AFD en Asie pour la période 2013-2015, axée sur le soutien du développement durable et de la diplomatie économique, qui sera ensuite déclinée au travers de stratégies pays (Indonésie, Vietnam, Chine, Inde dans un premier temps).
- Une nouvelle croissance de l’activité attendue, avec notamment de premières opérations en Asie Centrale et dans le Caucase.
- La célébration du 20è anniversaire de la présence de l’AFD en Asie, qui avait démarré ses interventions au Vietnam, au Cambodge et au Laos en 1993.
Que retenir de l'année 2012 pour l'AFD en Amérique latine ?
En Afrique sub-saharienne ?
Dans la zone Méditerranée ?
Dans les Outre-mer français ?
Valoriser les ressources en eau de la rivière Bé au profit de bassins déficitaires
La signature d'une convention de crédit entre le gouvernement vietnamien et l'AFD autorise la construction de nouvelles infrastructures d'eau. Celles-ci permettront d'améliorer l'offre d'eau à usage domestique et industriel, ainsi que la qualité des processus d'irrigation et l'extension des périmètres irrigués des rivières Saigon et Vam Co Dong.
Faciliter et accroître le réacheminement de l'eau potable et l'irrigation de nouvelles terres
La convention permettra notamment la construction du canal principal de Duc Hoa, ainsi que l'aménagement des périmètres irrigués Duc Hoa et Tan Bien.
Destinée à valoriser les ressources en eau de la rivière Bé au profit des bassins déficitaires des rivières Saigon et Vam Co Dong, l’utilisation de cette ressource additionnelle permettra l’extension de l’agriculture irriguée dans les périmètres de Tan Bien (province de Tay Ninh) et de Duc Hoa (province de Long An) et l’accroissement de l’offre en eau à usage domestique, municipal et industriel, notamment par le réacheminement de l'eau potable d'une province à l'autre (dont dans celle de Long An, située dans le bassin du Mékong).
L’AFD finance la deuxième phase à hauteur de 20 millions d’euros sur un total de 131,6 millions USD. Les financements complémentaires seront apportés par la Banque Asiatique de Développement, le gouvernement vietnamien et les agriculteurs bénéficiaires.
Les composantes de l'action de l'AFD dans le delta du Mékong
À travers son action dans le delta du Mékong, l'AFD se donne pour objectifs de parvenir à une meilleure répartition de l’eau entre les provinces et entre les activités (agriculture, industries, usage domestique de l’eau, hydroélectricité, etc.), de lutter contre les conséquences du changement climatique en essayant d’enrayer l’intrusion saline dans les cultures par une irrigation adéquate ; et enfin de protéger Ho Chi Minh-Ville et de la province de Binh Duong des inondations.
La dernière convention de prêt constitue la deuxième phase du projet de ressources en eau financé par l'AFD qui comprend comme principal ouvrage le barrage de Phuoc Hoa. Cet édifice, d'une capacité de 18,5 millions de m3, est en construction depuis fin 2003. L’ouvrage de tête et le canal de transfert (d’une capacité de 55 m3/seconde) ont été achevés et inaugurés en décembre 2011.
La nouvelle convention signée le 1er août et s'élevant à 20 millions d'euros sur un total de 131, 6 millions USD, a été rendue nécessaire par la hausse, consécutive à l'inflation qui a touché le Vietnam en 2008, du montant initial alloué à la réalisation du projet.
Par ailleurs, le projet a mis en place des « groupes d’usagers de l’eau », une manière de mieux connaître et répondre aux besoins d’eau des différents acteurs du bassin.
Étaient présents lors de la signature de la convention de prêt, Nguyen Thanh Do, directeur général du département de la Gestion des dettes et des Finances extérieures du ministère des Finances, Étienne de Gonneville, chargé d’Affaires par intérim de l’ambassade de France au Vietnam et Jean-Marc Gravellini, directeur de l'AFD au Vietnam.
Ce que fait l'AFD pour améliorer l' accès à l'eau potable , l' assinissement et la gestion intégrée et durable des ressources en eau.
Première mission de l'AFD en Birmanie
Suite à la décision du Comité d’Orientation Stratégique de l’AFD du 22 mars dernier autorisant l’AFD à intervenir en Birmanie pour une durée de quatre ans au titre du mandat « pays en sortie de crise », une première mission s’est rendue dans ce pays du 14 au 18 mai.
Conduite par Yves Guicquéro, directeur adjoint du département Asie de l'AFD et Etienne Woitellier (directeur de l'agence AFD Bangkok), cette mission a été l’occasion d’échanger avec l’ensemble des partenaires au développement réunis à Mandalay les 15 et 16 mai, ainsi qu’avec plusieurs ministres du Gouvernement birman (Santé, Agriculture et Irrigation, Plan et Développement Economique) rencontrés à Nay Pyi Taw, capitale du Myanmar. La mission a également pu rencontrer la municipalité de Rangoun et des ONG françaises actives en Birmanie.
A l’issue de cette mission, des perspectives de financement de projets ont pu être identifiées dans les secteurs de la santé, de l’agriculture, de l’eau et de l’assainissement, en partenariat étroit avec d’autres acteurs, au premier rang desquels la Banque Asiatique de Développement.
Plusieurs missions techniques devraient se rendre sur place dans les prochains mois pour démarrer l’instruction de ces opérations.
Le démarrage officiel des interventions de l’AFD en Birmanie devrait être officialisé par la signature d’un Protocole d’accord avec les autorités birmanes dans le courant du second semestre.
Photo : Rencontre avec U Sein Hla Bo, conseiller agriculture du Président birman.
Séminaire international sur les crédits carbone et la gestion durable des bambous en Asie
Faisant suite à une première rencontre qui s’était tenue dans la province chinoise du Yunnan en mai 2011, la conférence de Phmom Penh, au Cambodge, du 26 avril a permis aux experts et opérateurs présents de partager leurs expériences et d’échanger sur les meilleures pratiques et techniques de plantation, pour une gestion durable du bambou, selon les spécificités du pays concerné.
Gestion durable des bambous et crédits carbone
Dans le cadre du projet « Carbone Rural » du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), l’AFD en partenariat avec l’Administrative Center for China’s Agenda 21 (ACCA21), agence d’exécution des projets de coopération internationaux dépendant du Ministère chinois des Sciences et Technologies, a organisé les 26 et 27 avril 2012 à Phnom Penh (Cambodge) un séminaire international sur les crédits carbone et la gestion durable des bambous.
Des experts venus de France, de Chine, d'Inde, du Vietnam et du Cambodge
Cette rencontre présidée lors de la journée d’ouverture par M. Khong Sam Nuon, secrétaire d’Etat du Ministère de l’Environnement du Cambodge, a rassemblé de nombreux experts de différents pays (Chine, Cambodge, France, Inde et Vietnam) ainsi que des représentants de plusieurs institutions internationales, notamment la FAO (Food and Agriculture Organisation), INBAR (International Network for Bamboo and Rattan), ainsi que des ONG telles que WWF et GRET, des représentants du monde académique et des consultants spécialisés (NEXUS, Carbonium).
L'expérience de la Chine reproductible ?
Ces échanges techniques ont également porté sur l’expérience de la Chine en matière de valorisation des réductions d’émissions de CO2 pour ses plantations de bambous et des méthodologies développées en matière de valorisation des crédits carbone dans le cadre des projets pilotes soutenus par le groupe de l’AFD et le FFEM en partenariat avec l’ACCA21.
Une initiative de valorisation des crédits carbone dans les zones rurales en Chine a, en effet, été développée dans le cadre d’un projet pilote FFEM intitulé « Carbone Rural » approuvé en juillet 2010.
Ce projet a permis de mettre en place des centres d’experts au niveau de la province du Yunnan (Yunnan Clean Development Mechanism Service Center) qui mettent en œuvre une nouvelle méthodologie de comptabilisation des crédits carbones générés par les exploitations de bambous.
Cette méthodologie, développée avec l’appui technique de l’ONG TNC (The Nature Conservancy), a permis d’aboutir à la première transaction de crédits carbone portant sur les plantations de bambous en Chine. Cette transaction réalisée en mars 2011, s’est vue décerner le premier label Panda, standard chinois sur le marché volontaire des crédits carbone qui a été développé par le China Beijing Environment Exchange et la bourse environnementale française Bluenext.
Cette initiative chinoise exemplaire et inédite a suscité beaucoup d’intérêt des participants des autres pays présents en raison de son potentiel de réplication à terme dans d’autres pays d’Asie, voire en Afrique.
(Photographies de la visite de terrain au Cambodge le 27 avril 2012. Crédit AFD. TANG Yan)
Réalisation du premier projet de chauffage urbain de l’AFD
L’agence de Pékin vient de célébrer, le 29 mars, l’achèvement de son premier projet de chauffage urbain par cogénération, à Jinzhong (province du Shanxi, dans le nord de la Chine). Dans le cadre de ce projet qui améliore la performance de chauffe tout en réduisant les émissions polluantes, l’AFD a permis l’émergence d’un partenariat sino-français.
Améliorer la performance énergétique et réduire les émissions polluantes
Un centre de gestion d’énergie, premier de ce genre en Chine, a été mis en place pour optimiser la performance énergétique du réseau en fonction des besoins des consommateurs finaux.
Des économies d’énergie significatives ont déjà été atteintes (10 - 15 %), rendant possible de rentabiliser l’investissement en une seule saison de chauffe. Trois autres projets de chauffage urbain sont en cours de mise en œuvre à Taiyuan (capitale provinciale du Shanxi), Tianjin, et Jinan (capitale provinciale du Shandong).
Photo d'un skid pour le réseau de chauffage financé par l’AFD à Jinzhong. Un skid est une station d’échange de chaleur compacte et innovante sans présence humaine pendant la période de chauffe en hiver, la régulation étant automatique via un centre de contrôle à distance.
L’objectif de ces opérations est de remplacer des petites chaufferies ou d’anciens réseaux de faible efficacité par de nouveaux réseaux collectifs à haut rendement énergétique, améliorant ainsi la performance de chauffe tout en réduisant les émissions polluantes. L’adoption de technologies innovantes permettra également de réduire la consommation en énergie, en eau et l’occupation au sol des infrastructures.
Des pertes énergétiques importantes
Dans la partie Nord de la Chine, 40 % de l’énergie consommée dans le secteur des bâtiments et services est attribuable au chauffage (2005, World Energy Outlook). Ceci est en partie dû à l’inefficacité des moyens de chauffage (chaudières individuelles de faible puissance et pertes énergétiques importantes dans des réseaux vétustes).
Le gouvernement promeut donc activement le chauffage urbain collectif et centralisé et l’utilisation de centrales à cogénération comme source de chaleur. Représentant 70 % du bilan primaire de la Chine, le charbon s’impose comme la principale source de production du chauffage urbain dans le pays et particulièrement dans la province du Shanxi, grande région productrice de charbon.
Finalité et objectifs des projets de chauffage urbain en Chine
- Découpler croissance urbaine et émissions de gaz à effet de serre dans la province du Shanxi, ainsi que nourrir les accords bilatéraux franco-chinois sur le climat et sur le développement urbain durable.
- Promouvoir une réflexion sur la réforme sectorielle de nature à favoriser les innovations technologiques et la gestion efficace du réseau.
Contenu des projets
A Jinzhong :
- Suppression de 677 petites chaufferies et 8 chaufferies de quartier.
- Construction de la première phase d’un réseau de chaleur équipé de stations d’échange de chaleur (sous-stations) et alimenté par une centrale à cogénération nouvellement construite. Le projet devrait desservir une surface de 10 millions m2.
A Taiyuan :
- Suppression de 254 petites chaufferies.
- Construction de trois niveaux de réseau de chauffage urbain : un réseau primaire (10 km de la centrale à une station d’isolation de pression), un réseau secondaire (44 km entre cette station d’isolation et 75 sous-stations) et une partie du réseau tertiaire (de ces sous-stations jusque chez les utilisateurs). Ce réseau sera alimenté par une centrale à cogénération et desservira une surface de 11 millions m2. Le réseau de chauffage devra fonctionner à moitié de sa capacité dès 2012 et être achevé en 2013.
A Jinan :
- Remplacement de réseaux de vapeur (pertes énergétiques de l’ordre de 30 %) par des réseaux d’eau (pertes de l’ordre de 5%) ;
- Isolation des tuyaux d’eau avec enfouissement direct ;
- Installation d’un centre de contrôle automatisé associé à un centre de gestion de l’énergie.
A Tianjin :
- Remplacement des chaufferies inefficaces par une chaufferie de grande taille ayant un rendement de l’ordre de 85 % ;
- Construction de stations d’échange de chaleur compactes et automatisées, incluant les équipements les plus efficaces disponibles ;
- Isolation des tuyaux d’eau avec enfouissement direct ;
- Installation d’un centre de contrôle automatisé associé à un centre de gestion de l’énergie.
Assistance technique
En complément du prêt AFD destiné à l’achat d’équipements, l’assistance technique apportée dans le cadre des projets a permis d’accompagner la mise en œuvre d’un centre de gestion d’énergie à Jinzhong qui régule la livraison de chaleur en fonction de la demande réelle des consommateurs finaux et optimise la consommation d’énergie et d’eau par une gestion intelligente du réseau. A Taiyuan, l’assistance technique a permis d’améliorer le design du projet pour renforcer l’efficacité énergétique du réseau.
Principaux effets attendus
Le remplacement de petites chaudières dans la province du Shanxi (à Taiyuan et Jinzhong) doit permettre d’éviter annuellement l’émission de 400 000 teq.CO2 pour chaque projet pendant la durée de vie des réseaux, soit 25 à 30 ans, ainsi qu’une réduction significative des émissions polluantes (3 440 tonnes de SO2 et 6 150 tonnes de suie).
Ces projets ont donc un effet positif sur la santé publique et le confort de vie de la population locale. Leur caractère précurseur a par ailleurs permis de sensibiliser d’autres acteurs du secteur tels que la Banque Mondiale ou la Banque Asiatique de Développement venus constater sur place la performance des solutions retenues en vue de les répliquer en Chine.
A Jinan et Tianjin, les principaux effets du programme proviennent des gains en efficacité énergétique dus à la construction de réseaux de chaleur efficaces et au remplacement d’anciennes chaufferies obsolètes, entraînant d’importantes économies de combustible. La réduction des émissions de CO2 est estimée à 135 000 tonnes par an. En outre, la construction d’une grande chaufferie équipée de systèmes de dépollution des rejets gazeux devrait entraîner une baisse de 1 170 tonnes des émissions de SO2 et de 3 600 tonnes de suie.
"Loan provided by AFD". Cérémonie de signature du prêt consenti par l'AFD pour le projet de chauffage urbain à Jinzhong
Dans le cadre de ce projet, l’AFD a permis l’émergence d’un partenariat sino-français associant les sociétés françaises Schneider Electric et Salmson.
Conférence AFD-EUDN 2012 : "Malaise dans l'évaluation : Quelles leçons tirer de l'experience du Développement" - 26 mars 2012, à Paris
A l'heure où l’aide est sévèrement critiquée pour son efficacité limitée, les plus grands spécialistes mondiaux s'interrogeront et débattront avec le public sur le rôle de l'évaluation tel qu'il est conçu aujourd'hui, dans le champ de l’aide au développement. Participez à la 9ème édition de la conférence co-organisée avec European Development Network (EUDN).
L'efficacité de l'aide et son évaluation en question
La demande sociale pour l'évaluation des politiques économiques croît partout avec l'exigence chaque jour plus forte de transparence et de redevabilité de la part des décideurs, et souvent un doute persiste quant à l'efficacité de la dépense publique. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine du développement à un moment où l’aide est sévèrement critiquée pour son efficacité limitée, et où la rigueur budgétaire chez nombre de pays donateurs rend l’effort encore plus difficile.
La demande sociale pour l'évaluation des politiques économiques croît partout avec l'exigence chaque jour plus forte de transparence et de redevabilité de la part des décideurs, et souvent un doute persiste quant à l'efficacité de la dépense publique. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine du développement à un moment où l’aide est sévèrement critiquée pour son efficacité limitée, et où la rigueur budgétaire chez nombre de pays donateurs rend l’effort encore plus difficile.
Quels enseignements pour l'action ?
L'évaluation des politiques publiques n'est pourtant ni une idée ni une pratique nouvelle. La question se pose cependant de savoir si elle est correctement menée, si elle donne effectivement lieu à une accumulation de savoir, qui peut être utilisé ou non, par les décideurs, ou si le contexte dans lequel les politiques sont mises en œuvre change trop rapidement pour que les expériences d'hier puissent permettre de tirer des enseignements pour demain.
La conférence se tiendra au Centre de Conférences Pierre Mendès-France du Ministère de l’Economie, des finances et de l’industrie, à Paris.

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