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Conférence : L'Afrique et les grands émergents. Quels impacts pour le continent africain ?

23/05/2013

Depuis le début du XXle siècle, l'irruption des grands pays émergents - la Chine, l'lnde et le Brésil - transforme profondément le continent africain, et plus particulièrement l’Afrique subsaharienne.

Y-a-t-il une stratégie globale de la Chine qui, en moins de dix ans, a multiplié son commerce avec l’Afrique par dix et redessiné, grâce à ses investissements, le réseau des infrastructures africaines ?

Comment expliquer le dynamisme des entreprises indiennes, qui, à travers une gamme variée de technologies et grâce à des business models frugaux, proposent des alliances d'un type nouveau à leurs partenaires africains ?

Le Brésil est-il réellement porteur d'un modèle alternatif de développement initié par le Président Lula ? Comment est ressentie l'arrivée de ces nouveaux partenaires par les dirigeants et les populations africaines ?

Quel est l'impact réel de ces grandes puissances sur le développement africain ?

Cette conférence sera l’occasion d’aborder ces questions et d’échanger sur les dynamiques à l’œuvre dans ce rapprochement Sud- Sud. Après une présentation du dernier numéro de l’ouvrage A Savoir intitulé « L’Afrique et les grands émergents » se tiendra une discussion entre les panélistes et l’auditoire.



Préserver la biodiversité chinoise gravement menacée

15/05/2013

Face à la dégradation rapide de ses écosystèmes, la Chine a commencé récemment à mettre en œuvre des politiques de protection de sa biodiversité. L’AFD accompagne ces initiatives en finançant des projets de préservation d’écosystèmes fragiles, comme les zones humides, tout en faisant bénéficier la Chine de l’expérience et de l’expertise françaises en la matière.

La Chine, un pays « mégadivers » à la biodiversité menacée  

La Chine fait partie des 17 « pays de mégadiversité », qui détiennent à eux seuls les deux tiers de la diversité biologique de la planète. Le pays couvre en effet sept zones climatiques et comporte une grande variété d’habitats  qui abritent de nombreuses plantes et animaux sauvages représentant un huitième de la totalité des espèces de la terre. Mais la situation est aujourd’hui critique avec un taux de disparition de la biodiversité élevé, supérieur au taux moyen mondial. La transformation des espaces naturels, les pollutions, la surexploitation et les impacts du changement climatique en sont les principaux facteurs.
Face à ces enjeux, et à l’heure où le 18ème Congrès du Parti Communiste Chinois a clairement intégré la nécessité pour la société chinoise d’évoluer vers une « civilisation écologique », des politiques de protection de la biodiversité commencent à être mises en œuvre. Après avoir ratifié la Convention Internationale de la Biodiversité, la Chine s’est dotée d’un plan d’action et d’une stratégie de préservation de sa biodiversité qui ont permis la création de réserves naturelles et l’identification des zones prioritaires.

Travaux de préservation dans l'estuaire de Shuangtai - © Przemyslaw Szymon Bankiewicz



Les zones humides chinoises, des écosystèmes essentiels et particulièrement vulnérables 
Les zones humides chinoises représentent 10% de la surface mondiale de zones humides et couvrent 8% du territoire du pays.

La Chine est le premier pays d’Asie et le 4ème pays du monde en termes de surface de zones humides. Espaces de transition entre la terre et l’eau, ces zones remplissent diverses fonctions leur conférant des valeurs biologiques, hydrologiques, économiques et sociologiques essentielles. Elles contiennent 82% des ressources en eau douce du pays et plus de 11 000 espèces de plantes et d’animaux. Elles constituent également l’unique voie de migration pour un grand nombre d’oiseaux aquatiques.

En raison de la pression démographique, de l’expansion urbaine et d’orientations politiques défavorables, les zones humides chinoises ont connu un rythme de dégradation et disparition très préoccupant durant les dernières décennies (réduction de 13% des lacs, 23% des marécages, 51% des zones humides littorales).

La Chine est partie contractante à la convention internationale de Ramsar pour la conservation et l’utilisation durable des zones humides, avec 41 sites répertoriés, dont l’estuaire Shuangtai qui abrite la plus grande roselière du monde.

Travaux de préservation dans l'estuaire de Shuangtai - © Przemyslaw Szymon Bankiewicz


Restaurer la plus grande zone de roseaux du monde 
L’estuaire Shuangtai, situé dans la province chinoise du Liaoning, abrite une zone de roseaux de près de 300 000 hectares qui dispose d’une riche biodiversité et constitue le refuge de la plus grande communauté de mouettes de Saunder. Du fait des activités humaines (développement agricole et forages pétroliers) et de phénomènes d’assèchement à grande échelle, cet espace s’est considérablement dégradé ces dernières années.
Via un prêt de 35M€ octroyé au Ministère des Finances chinois, l’AFD apporte un financement pour aider à la préservation de cet estuaire en réhabilitant les infrastructures hydrauliques et en assurant la dépollution des sites d’extraction pétrolière.

L’objectif est de restaurer les fonctions hydrologiques des roselières.
Le projet prévoit également le développement de l’éco-tourisme et la diversification de la filière roseaux.
 

Estuaire de Shuangtai - © Przemyslaw Szymon Bankiewicz



Séminaire de rencontre entre trois banques chinoises et la filière verte françaises

26/04/2013

Le 26 avril 2013 s’est tenu à Shanghai un séminaire de rencontre entre les entreprises françaises de la filière verte et les trois banques chinoises partenaires de l’AFD dans le cadre de son programme de lignes de crédit vertes : Shanghai Pudong Development Bank, Huaxia Bank et China Merchants Bank.

Des représentants du ministère chinois des Finances, de la NDRC, du ministère chinois de la protection de l’Environnement, de la China Banking Regulatory Commission et de l’Energy Research Institute ont pris part à l’événement. M. Frédéric Cuvillier, Ministre délégué auprès de la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, et le directeur général de l’AFD, M. Dov Zerah, présents en Chine dans le cadre de la visite d’Etat du Président français François Hollande les 25 et 26 avril, ont participé au séminaire.

Huit entreprises françaises ont pu présenter leurs solutions et leur savoir-faire en matière d’efficacité énergétique et de services environnementaux : EDF, Schneider Electric, Veolia Water Solutions and Technologies, TCL Legrand, GDF-Suez COFELY, Suez Environnement, Salmson et Dalkia. Un total de 18 entreprises françaises a participé à cet événement.

L’AFD a octroyé en 2006 et 2009 deux lignes de crédits vertes pour un total de 180 MEUR aux trois banques chinoises partenaires. Ces lignes avaient pour double finalités (i) d’accompagner le financement d’investissements pour leur projets d’économie d’énergie et (ii) de développer des compétences spécifiques afin de démultiplier les financements « verts » et contribuer à la lutte contre le changement climatique en conformité avec les politiques publiques chinoises. Les lignes de crédit vertes de l’AFD ont à ce jour permis de financer 40 projets d’efficacité énergétique et 15 projets d’énergie renouvelable dans 20 provinces, permettant l’économie annuelle de 9 Mt CO2.

 

Vidéo : Les relations Chine - Afrique : impacts pour le continent africain et perspectives

06/03/2013

Que s'est-il dit lors de la conférence Des Idées pour le développement du 8 février, à l'AFD ? La vidéo et la retranscription écrite des interventions et des débats.

Lors de la 5e conférence ministérielle Chine-Afrique en juillet 2012, la Chine a annoncé qu’elle allait doubler ses crédits au continent africain au cours des trois prochaines années. Pékin va investir 20 milliards de dollars en Afrique dans des projets visant le développement de son agriculture, son industrie, ses infrastructures…

 

Intervenants

- Henri-Bernard Solignac-Lecomte, économiste au Centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
Jean-Jacques Gabas, Économiste, maître de conférences à l’université Paris 11 et chercheur détaché au CIRAD
- Dr. Roland Amoussou-Guenou, enseignant de droit à Asian Institute of Technology, co-fondateur et président de la fondation Asiafricafoundation
- Thierry Paulais, directeur adjoint du département Afrique de l’AFD


Trois présentations avaient eu lieu, suivies de questions/discussions :
Etats des lieux des relations Chine-Afrique, par Henri-Bernard Solignac-Lecomte
La stratégie des entreprises chinoises en Afrique, par Dr. Roland Amoussou-Guenou
Les coopérations agricoles chinoises en Afrique, par Jean-Jacques Gabas

Ce qui s'y est dit

Si la Chine n’est pas un acteur nouveau en Afrique, sa présence s’est beaucoup renforcée au cours des dix dernières années (Thierry Paulais).

Cette évolution s’inscrit dans un basculement généralisé du centre de gravité de l’économie mondiale, de l’Occident vers le Pacifique et vers le Sud (Solignac-Lecomte).

L’intérêt croissant de la Chine pour l’Afrique fait l’objet de critiques diverses (sur-spécialisation, ré-endettement des économies africaines, renforcement de la corruption,…).

Pourtant, les  données statistiques (Solignac-Lecomte) et issues d’enquêtes de terrain (Gabas) montrent que la situation est plus nuancée : les interventions chinoises en Afrique diffèrent selon les pays et les secteurs.

Un document stratégique (Plan d’actions de Beijing 2013-2015) a été défini (Amoussou-Guenou), mais aucun plan coordonné de « colonisation » de l’Afrique n’existerait (Gabas).

La Chine, à travers ses besoins en matières premières, l’octroi de concours financiers, ses apports en expertise (notamment agricole), contribue à la croissance des économies africaines.

Des politiques publiques doivent être désormais élaborées afin de transformer véritablement ces économies ainsi que créer de l’emploi et de la valeur ajoutée sur place (Solignac-Lecomte). L’Afrique doit investir sur la formation des ses ingénieurs et ouvriers et promouvoir un leadership responsable et discipliné (Amoussou-Guenou).

Dans certains pays, les interventions chinoises impactent directement l’activité de l’AFD en raison notamment des différences d’exigences en matière sociale, environnementale, de lutte contre la corruption… Néanmoins, la Chine travaille de plus en plus avec les autres bailleurs pour adapter ses interventions aux normes internationales (Paulais).

Enfin, la coopération chinoise conduit à remettre en question l’efficacité de celle des bailleurs de fonds traditionnels et devrait conduire à la « nécessaire » réforme du système de coopération de ceux-ci, même si une telle réforme ne doit pas faire abandonner ses principes fondamentaux (Solignac-Lecomte).



 
 
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