L’AFD a été autorisée à intervenir en Jordanie en 2003. Une convention d’établissement a été signée en septembre 2003. Un Fonds d’études et de préparation de projets a été mis en place avec la signature en mars 2004 d’une convention de don d’un million d’euros. La convention d’établissement de PROPARCO, filiale de l’AFD chargée du secteur privé, a été signée en novembre 2004. Photo © Loops San
À la une
Un modèle innovant d’insertion professionnelle de la jeunesse en Méditerranée
Comment améliorer l’insertion économique et sociale des jeunes, en région Méditerranée ? C’est à ce défi que tente de répondre le réseau Nouvelle Chance (MedNC), destiné à des jeunes qui ont quitté le système scolaire sans qualification et des jeunes diplômés au chômage. Le premier centre Nouvelle Chance, à Khouribga, au Maroc, devrait accueillir mille jeunes en 2013.
Lancé à l’initiative de l’Office de Coopération Economique pour la Méditerranée et l’Orient (
OCEMO
), en partenariat avec l’
Ecole de la Deuxième chance de Marseille
, il est soutenu par l’AFD.
Le taux de chômage des jeunes le plus élevé du monde
Dans les
pays méditerranéens
, les jeunes recherchent de plus en plus d’emplois qualifiés. En Tunisie, parmi les nouveaux entrants sur le marché du travail, les diplômés universitaires sont en effet majoritaires. Paradoxalement, le marché du travail évolue lentement et le schéma ancien d’une spécialisation en travail peu qualifié reste plus qu’actuel.
D’où un taux de chômage élevé pour la jeunesse (le plus élevé du monde), marqué par deux caractéristiques :
- il touche plus particulièrement les jeunes diplômés du supérieur et les « drops out » (les jeunes qui ont quitté le système scolaire sans qualification)
- il est de longue durée.
Ces deux particularités entraînent un phénomène d’exclusion sociale durable des jeunes, notamment des plus diplômés pour lesquels la file d’attente pour accéder à un travail correspondant à leurs qualifications et compétences est très longue.
Des diplômes inadaptés aux futurs emplois
Ces derniers, encore fortement attirés par les emplois publics (et la prime salariale et de stabilité qui les accompagne), se tournent vers des formations peu spécialisées préparant à des concours de recrutement généralistes. Or, les emplois à venir se trouveront davantage dans le développement du secteur privé que dans le secteur public.
Les jeunes adultes sans qualification et sans aucun soutien social public (la très grande partie n’est pas considérée comme au chômage et donc pas répertoriée) doivent quant à eux retrouver un cadre de réinsertion par la formation, le soutien social et la connivence avec les réseaux d’entreprises dont bénéficient les enfants de l’élite.
Un changement de mentalité s’impose
Un changement de mentalité s’impose afin de replacer la culture managériale de base comme un élément de culture générale et non plus comme un enseignement réservé aux formations spécialisées.
Il semble donc urgent pour les pays de :
- Réajuster l’approche diplômante classique vers davantage de qualité ;
- Développer une approche orientée vers des compétences plus ciblées permettant notamment d’acquérir un socle de connaissances de base en création et gestion d’entreprise.
Les écoles de la seconde chance du réseau MedNC : un modèle innovant
Ce projet a pour objectif d’adapter le modèle des écoles de la deuxième chance, d’inspiration européenne, au contexte des pays arabes : en dotant les jeunes qui ont quitté le système scolaire sans qualification et les jeunes diplômés au chômage d’un socle de compétences de base et d’un parcours pédagogique avec une expérience en entreprise,
Piloté par l’OCEMO en partenariat avec l’Ecole de la Deuxième chance de Marseille et soutenu par l’AFD, il vise à développer un réseau de dispositifs labellisés « nouvelle chance » destinés à la fois aux jeunes qui ont quitté le système scolaire sans diplôme (les drops out) et aux jeunes diplômés au chômage.
Il a pour objectif de proposer une réponse à l’ampleur du défi économique et social que représente le chômage des jeunes dans la région Méditerranée.
Ce réseau, porté par les dynamiques internes aux différents pays, se développe à ce jour avec cinq pays partenaires (Maroc, Algérie, Tunisie, Liban, Jordanie).
L’enjeu du projet MedNC est d’utiliser les acquis de l’école de la deuxième chance de Marseille et son centre de recherche pédagogique, ceux des réseaux méditerranéens d’écoles d’ingénieurs et de management (
RMEI-RMEM
), tous membres de l’OCEMO. Il s’agit de développer, en Méditerranée, un réseau de dispositifs labélisés « nouvelle chance » opérationnellement mis en place par des associations « nouvelle chance » appuyées par de grandes entreprises et/ou les pouvoirs publics.
La combinaison de l’alternance en entreprise, du suivi individualisé et d’un soutien social
Un dispositif labellisé Nouvelle Chance (école ou simple salle de classe dans un établissement déjà existant) propose notamment aux drop-outs et aux jeunes diplômés au chômage :
- Un modèle pédagogique innovant qui allie alternance en entreprise, suivi individualisé et soutien social sur la base des principes qui fondent les écoles de la deuxième chance ;
- Un socle de compétences de base notamment en création et gestion de petites entreprises (réalisation d’un business plan, recherche de financement, etc.) ;
- Un appui à la création d’activités/ d’entreprises par les étudiants des écoles d’ingénieurs et de management membres du RMEI-RMEM, dans le cadre du projet « JEY – Jeunes Entrepreneurs- Entrepreneurship for Youth », projet co-piloté par le Réseau Méditerranéen des Ecoles d’Ingénieurs et de Management (RMEI-RMEM) et l’OCEMO.
Impacts
Le premier centre Nouvelle Chance situé à Khouribga au Maroc devrait accueillir 1000 jeunes en 2013.
Etat d’avancement (janvier 2013)
Phase de construction et développement du réseau : 2013/2015
Création officielle du réseau MedNC : le 19 octobre 2012
Le 6 avril 2012, une convention entre l’E2C Marseille, l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) et l’OCEMO a été signée en vue de l’installation par l’OCP (via son programme OCP Skills) de plusieurs centres labellisés « Nouvelle Chance » dans les villes minières d’El Jadida, Khouribga et Safi.
A l’occasion de la Semaine Economique de la Méditerranée qui s’est tenue en octobre 2012 à Marseille, un MoU multilatéral concrétisant et officialisant la création du réseau MedNC a été signé le 19 octobre par les partenaires suivants :
o Maroc : L’Association New Chance,
o Liban : La Fondation Nouvel Horizon,
o Tunisie : L’Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises,
o Algérie : Le Management Development International Institute,
o L’OCEMO (Office de Coopération économique pour la Méditerranée et l’Orient)
o L’Ecole de la Deuxième Chance de Marseille
o Le Réseau Méditerranéen des Ecoles d'Ingénieurs et de Management (RMEI-RMEM) représenté par Euromed Management
Le ministère de l’Education jordanien est également impliqué dans ce projet. Au sein du réseau, la Jordanie est représentée par Dr. Abdalla Ababneh, Président du National Center for Human Resources Development, et est à date membre associé du réseau.
En 2012, trois associations Nouvelle Chance ont été créées :
- Association Nouvelle Chance au Maroc, présidée par M. Chafiki (Directeur des Etudes et des Prévisions Financières, ministère de l’Economie et des Finances – MAROC) ;
- Association Nouvel Horizon au Liban, présidée par M. Bifani (Directeur Général du ministère des Finances libanais- membre du conseil d’administration de la Banque Centrale au Liban) ;
- Association Nouvelle Chance en Tunisie, présidée par M. Ben Kahla (Directeur de l’Institut supérieur de comptabilité et d'administration des entreprises) .
Le 12 décembre 2012, une convention de partenariat stratégique et financier entre l’OCEMO et l’AFD a été signée officialisant le soutien de l’AFD à ce projet.
Le premier Centre Nouvelle Chance ouvrira officiellement en avril 2013 à Khouribga, au Maroc.
Ce centre est financé et mis en place par l’Office Chérifien des Phosphates avec le soutien technique de l’E2C de Marseille et de l’association New Chance Maroc.
L’emploi au Sud de la Méditerranée : une priorité renouvelée après les printemps arabes
Sous l’égide du Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée (CMI) et en collaboration avec d’autres bailleurs de fonds, l’AFD a organisé du 1er au 3 octobre, au Caire, un atelier sur les politiques actives d’emploi en Égypte. Partage de connaissances, coordination entre bailleurs, mobilisation des autorités nationales et préparation de nouveaux programmes ont marqué ce rendez-vous.
L’emploi : un immense défi, au cœur des printemps arabes
L’emploi figure parmi les défis les plus exigeants pour les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée (PSEM), où les moins de 15 ans représentent 30 % de la population. 30 à 40 million d’emplois devront être créés sur les 20 années à venir pour maintenir un taux actuel d’emploi déjà modeste.
En effet la création d’emplois par le secteur privé est demeurée faible malgré les taux de croissance élevés enregistrés par les PSEM sur les dernières années. En raison des contraintes budgétaires qui se resserrent, les diplômés de l’enseignement supérieur qui sont toujours plus nombreux et dont les qualifications ne correspondent pas, en général, aux besoins du marché du travail, ne peuvent plus compter comme auparavant sur les recrutements du secteur public pour trouver un emploi. Les jeunes et les femmes sont particulièrement concernés par le chômage.
La persistance de taux de chômage élevés et d’une offre d’emplois limitée, alors que les filets de sécurité sociaux habituels étaient malmenés par la hausse des prix des produits de première nécessité et les contraintes budgétaires, a été l'une des causes premières du Printemps arabe. Les populations souhaitent aujourd’hui non seulement des emplois décents en termes de rémunération et de sécurité, mais aussi des systèmes d’assurance sociale couvrant les risques de chômage, de maladie ou d'invalidité, ainsi que des systèmes de retraite. Par ailleurs, il y a un besoin de programmes de formation pouvant aider les demandeurs d’emploi à trouver du travail et à améliorer leurs possibilités de revenu.
L’emploi a ainsi été mis en avant par le Printemps arabe comme une toute première priorité.
Le partenariat AFD-CMI sur l’emploi et la protection sociale : une capacité de réponse rapide
Le Centre de Marseille pour l'lntégration en Méditerranée (CMl) est une plateforme de réflexion et d’échanges qui réunit des partenaires du bassin méditerranéen, du Nord (France,
Banque mondiale
,
Banque européenne d’investissement
, coopération allemande / GIZ) et du Sud (Maroc, Tunisie, Egypte, Jordanie, Liban) autour de la formulation de politiques publiques dans des domaines cruciaux pour le développement de la région.
Au sein du CMI, L’AFD est chef de file de trois programmes portant sur la gestion des ressources en eau (avec le Plan Bleu), les transports urbains, et l’emploi et la protection sociale.
Le CMI a pris en compte les préoccupations des printemps arabes sur l’emploi à travers une réponse rapide, renouvelée et coordonnée.
À la suite d’un premier atelier tenu à Tunis dès juin 2011 à la demande des autorités nationales sur les mesures sociales d’urgence, un nouveau programme du CMI sur l’emploi et la protection sociale a été approuvé conjointement avec les partenaires du Sud en novembre 2011. Ce nouveau programme, répondant aux demandes qui s’étaient exprimées, a pour objectif l’élaboration de politiques actives d’emploi, qui comprennent différents aspects comprenant la promotion des PME ou de l’auto-emploi, la formation professionnelle, les programmes de travaux publics à haute intensité de main-d’œuvre, l’information et le fonctionnement du marché du travail, et des instruments spécifiques d’accès à l’emploi comme des centres spécialisés, des programmes d’incitation et des réseaux sociaux. Sont ainsi abordés les deux côtés “offre” et “demande” du marché du travail, de même que le fonctionnement du marché lui-même et des mesures ciblées en faveur des jeunes, des femmes et des catégories vulnérables de demandeurs d’emploi.
Le programme regroupe l’AFD, la Banque mondiale, l’
Organisation internationale du travail
(OIT), la
Banque africaine de développement
(BAD) et l’Union Européenne. Il implique de nombreux experts et praticiens de la région Méditerranée et s’articule avec le portefeuille de projets des bailleurs de fonds dans les secteurs du financement des PME, du microcrédit, de la formation professionnelle ou des travaux à haute intensité de main-d’œuvre. Il comprend 4 composantes :
- recherches ciblées et collecte de données ;
- mise en place d’une e-communauté de pratiques, lancée en octobre 2011 ;
- projets pilotes pour tester ou démontrer certaines options, actuellement en cours de préparation ;
- ateliers nationaux.
L’atelier du Caire : une nouvelle étape pour inspirer les politiques publiques et les projets
Après l’atelier de Tunis, un deuxième atelier a été organisé au Caire, du 1er au 3 octobre 2012, en appui aux efforts du gouvernement égyptien pour identifier des solutions opérationnelles afin de promouvoir une reprise de la croissance qui soit créatrice d’emplois.
L’objectif de l’atelier était de partager, avec un large éventail de partenaires égyptiens, les nombreux outils et pratiques mis en œuvre localement ou sur le plan international pour traiter le chômage et favoriser l’emploi, notamment dans les pays ayant vécu une transition similaire, afin d’appuyer l’identification de politiques actives d’emploi adaptées au contexte égyptien.
L’atelier, accueilli par l’Université du Caire, a été organisé sous l’égide du CMI par les autorités égyptiennes et l’AFD en collaboration avec les partenaires du programme. Le
PNUD
, le Japon et la GIZ ont été également invités à prendre part aux discussions.
Deux rapports préparatoires avaient été confiés à des consultants de la région et d’Égypte ; le premier « Expertise sur les politiques de promotion de l’emploi des jeunes en Méditerranée » au cabinet ET Maghreb et le second sur « Politiques actives d’emploi, un état des lieux des initiatives existantes en Égypte » au Dr Mona Amer.
L’atelier a été ouvert par S.E. Khaled El Azhari, ministre de l’Emploi et des Migrations. Le ministre a rappelé le besoin de coordination et d’intégration de l’action publique, sachant que 11 ministères différents sont impliqués dans les politiques d’emploi, et il a souligné l’opportunité que représentait l’atelier pour faire naître de nouvelles idées et développer des programmes dans un cadre de coopération internationale, terminant par une note d’espoir : « ne me demandez pas comment nourrir un millier de bouches mais dites-moi plutôt comment tirer parti d’un millier de mains ! ».
Les travaux de l’atelier ont porté sur quatre thèmes principaux : augmenter l’offre d’emplois ; renforcer l’éducation technique et la formation professionnelle ; améliorer l’information et le fonctionnement du marché du travail, et accompagner l’accès à l’emploi pour les jeunes et les femmes.
Les sessions ont combiné des présentations par des chercheurs, experts, praticiens et partenaires au développement, qui ont été discutées par les 60 participants issus des ministères et organismes publics, du secteur privé, des milieux de la recherche et de la société civile, ainsi que des experts et praticiens internationaux et égyptiens. L’expérience française des « Écoles de la seconde chance » (accès à l’emploi pour des jeunes exclus du système scolaire) et de « France Initiative » (financement et accompagnement à la création de PME) a notamment été valorisée. À chaque session, les informations et réflexions relatives à la situation en Égypte ont été présentées et débattues.
L’atelier a rencontré les attentes des organisateurs et participants en offrant un accès direct à une large base de connaissances et de bonnes pratiques, apportant ainsi un renforcement de capacités à travers un réseau d’expertise et un appui multipartenarial ; il a permis la coordination entre bailleurs de fonds en même temps que la mobilisation des autorités égyptiennes ; et il a enfin permis d’alimenter le dialogue stratégique avec le gouvernement égyptien pour la préparation des interventions des bailleurs de fonds dans le secteur de l’emploi et de la protection sociale.
La session de synthèse a mis en relief le besoin de rationaliser le cadre institutionnel existant en Égypte pour gagner en efficacité et passer d’une somme de projets menés séparément à des programmes intégrés mettant en œuvre l’ensemble des instruments de politique publique que sont les réglementations, les mesures financières et fiscales, les réformes institutionnelles, les investissements publics, la recherche, la formation et les outils d’information et de communication. Les recommandations ont porté également sur la nécessité d’instaurer un suivi-évaluation, avec des indicateurs mesurables, et de réaliser des évaluations d’impact. Les mots clés de cette session, qui ont résumé les conclusions de l'atelier, ont été « ne pas ajouter mais simplifier, ne pas seulement augmenter mais transformer ».
Les partenaires au développement, et en particulier l’agence de l’AFD au Caire, vont effectuer un suivi de l’atelier en poursuivant le dialogue stratégique avec les autorités égyptiennes pour préparer de nouveaux projets. Le CMI prévoit de tenir deux nouveaux ateliers sur l’emploi en 2013 dans deux pays différents.
Cet atelier, fruit d’un travail d’équipe entre le département Méditerranée, la division Education et Formation, l’agence du Caire et le CMI, illustre la valeur ajoutée du partenariat avec le CMI en termes de réseautage, de partage d’information et d’expertise, de coordination et mobilisation de tous les partenaires et de ciblage des opérations.
Que fait l'AFD en matière de lutte contre la faim ?
Volatilité des marchés agricoles et prévention des crises alimentaires sont au cœur des priorités de la présidence française pour le « G20 agriculture » qui a réuni pour la première fois, à Paris, les ministres de l'agriculture des pays du G20.
A cette occasion, décryptage des enjeux de la lutte contre l'insécurité alimentaire et précisions sur les objectifs et les actions menées par l'AFD dans le domaine.
Décryptage avec ce dossier spécial « Sécurité alimentaire » au lendemain du "G20 agricole" qui a réuni pour la première fois, à Paris, les ministres de l'agriculture des pays du G20.
► L'éradication de la faim n'est pas une utopie. Des solutions existent. Abolir la faim dans le monde « maintenant », tribune du Pr Ismaïl Serageldin et Dov Zerah
► 3 questions à Jean-Luc François, directeur de la division Développement agricole et rural
► Focus sur le Ghana, un pays pour qui l'agriculture est au coeur des priorités
"Moderniser les process agricoles mais également notre façon de penser le monde"
3 questions à Jean-Luc François
Jean-Luc François est responsable de la division Développement agricole et rural à l'AFD
Qu’entend par sécurité alimentaire ?
La sécurité alimentaire signifie que tous mangent à leur faim. Mais il ne suffit pas de nourrir les gens pour qu’ils aient faim. Il faut augmenter leurs revenus.
Quels sont, d’après vous, les causes de la très grande vulnérabilité alimentaire dans laquelle vivent les pays du Sud aujourd’hui ?
Hormis des causes structurelles et locales, nous sortons d’une décennie où la doxa dans le monde des économistes du développement était : libéralisation et nouvelles technologies. Cependant – cause ou conséquence ? – la vulnérabilité aux phénomènes climatiques critiques, l’accroissement de la demande des pays émergents, au premier rang desquels la Chine, et le passage de leurs populations à des régimes carnés – beaucoup plus consommateurs de ressources naturelles – ont provoqué une réduction drastique des régions excédentaires et donc une flambée des prix. Les pays du Sud, de plus en plus dépendants de leurs importations de denrées alimentaires et où la population rurale est extrêmement pauvre, ont été particulièrement touchés par cette flambée des prix.
Aujourd’hui, nous sommes toujours dans cette grande vulnérabilité alimentaire.
Quelle est la stratégie prônée par la France et l’AFD ?
Pour répondre au défi de la faim, notre axe prioritaire est de moderniser l’agriculture des pays du Sud. Moderniser les process agricoles certes mais également notre façon de penser le monde et notre environnement. Il convient de conjuguer réponse globale et solutions locales.
La mise en place d’instances d’échanges, de régulation régionales, voire mondiale, en matière de politique agricole et de marchés des matières agricoles sont devenues une nécessité pour la majorité des acteurs du secteur.
En Afrique, par exemple, l’AFD travaille avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à la mise en place d’une gestion régionale des risques pour répondre aux désordres du marché.
Quels sont les axes d’intervention prioritaires en matière de développement rural et agricole ?
Nous intervenons en matière de structuration des filières, d’innovation, d’assurance et de crédit agricole ainsi que dans le domaine de la formation.
Des filières agricoles plus fortes sont également un moyen de lutter contre la vulnérabilité des populations. De la production à l’exportation en passant par l’accompagnement d’opérateurs intermédiaires, l’AFD accompagne certains de nos pays partenaires dans la structuration de ces filières.
Nous avons mis au point une palette d’outils financiers accessibles aux acteurs agricoles, en mixant prêts et dons, en développant des systèmes de garanties (fonds ARIZ par exemple).
Enfin, nous participons également à la recherche que ce soit sur les impacts de la libéralisation sur les agricultures du sud, sur la volatilité des prix et des moyens de la combattre, sur l’appropriation des terres, sur les filières vivrières, etc.
L’AFD est reconnu par ses partenaires comme un bailleur de fonds qui a une vision robuste de l’agriculture. Cependant, notre activité dans un pays, dans un secteur ne dépend pas que de nous. En effet, l’AFD répond à des demandes de ses partenaires. A nous de les convaincre.
Focus sur un pays, le Ghana, pour qui l'agriculture est au coeur des priorités
Interview de Bruno Leclerc, directeur de l'agence AFD d'Accra (durée 7 mn)
Abolir la faim dans le monde «maintenant»
Tribune du Professseur Ismail Serageldin et Dov Zerah, parue dans les Echos le 22 juin.
"L'éradication de la faim n'est pas une utopie. Des solutions existent. A la veille du G20 agricole, c'est plus que jamais une cause d'intérêt universel. L'agriculture africaine doit redevenir une priorité de l'aide internationale. "
Publication du rapport annuel de l'AFD 2010
Dov Zerah, Directeur général de l’AFD a présenté, le 12 mai 2011, le bilan 2010 de l’agence. Avec 6,8 milliards d’euros d’autorisations d’engagement, l’activité de l’AFD a continué de croître en 2010. L'agence a renforcé sa présence auprès de ses partenaires du Sud et entamé la consolidation de son modèle économique.
►Télécharger le rapport annuel 2010 (PDF)
2010 : une nouvelle année de croissance au service du développement
Avec 832 millions d’euros de ressources budgétaires allouées
par l’Etat, l’AFD a financé des projets à hauteur de 6,8 milliards d’euros en 2010, soit une progression de 11% par rapport à 2009. Son activité a représenté 28% de l’aide publique au développement française. L’Agence a par ailleurs reversé 104 millions d’euros de dividendes à l’Etat.
L’Afrique reste la priorité avec 2,1 milliards de financements en 2010.
Les deux tiers des financements se répartissent entre les infrastructures, le développement urbain, le secteur productif et l’agriculture
En 2010, les financements de l’AFD contribueront à :
- L’amélioration du système d’alimentation en eau potable pour 33 millions de personnes
- La scolarisation de 13,4 millions d’enfants au niveau primaire
- La réhabilitation ou la construction de pôles de transport qui seront empruntés par 85,8 millions d’usagers par an
- L’efficacité énergétique à travers l’économie de 5 millions de tonnes de CO2 par an
- L’accès à l’électrification pour 3 millions de personnes
- L’octroi de microcrédits bénéficiant à un peu plus de 700 000 personnes
- Le soutien de projets agricoles ou d’irrigation qui bénéficieront à 1,4 millions de personnes
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2011 : la consolidation du modèle économique
« Au cours de ces dernières années, l’AFD a connu une véritable révolution. L’Agence est devenue un acteur incontournable du développement avec une activité qui a triplé en cinq ans. Aujourd’hui une nouvelle phase s’amorce, celle de la consolidation de notre modèle. » a précisé Dov Zerah.
Dans les années à venir, l’Agence concentrera son activité dans trois zones prioritaires :
- L’Afrique sub-saharienne : 60% des ressources allouées à l’AFD par l’Etat iront à cette région, en particulier dans les secteurs de l’agriculture et des agro industries, des infrastructures, de l’éducation et de la santé.
- Méditerranée : afin d’accompagner les évolutions récentes de la région, l’Agence renforcera ses interventions dans les pays du Bassin méditerranéen, en particulier dans le secteur productif et la formation professionnelle.
- Pays émergents : pour inciter ces pays à s’engager vers une croissance plus respectueuse de l’environnement et plus inclusive, l’Agence les appuiera à travers des prêts très peu concessionnels.
La consolidation du modèle passe par une stabilisation du niveau d’activité de l’Agence qui devrait atteindre 8 milliards d’euros en 2013. Pour une meilleure maîtrise des risques, l’AFD s’est dotée en 2011 d’une direction des risques. Elle a par ailleurs renforcé son capital humain avec 125 recrutements en 2010.
"Au-delà des financements, c’est notre expertise que recherchent nos partenaires"
A travers sa production intellectuelle, l’Agence continuera aussi à peser dans les débats internationaux. Parallèlement, nous engageons un nombre croissant de partenariats avec d’autres acteurs du développement comme les ONG, les collectivités locales, les fondations privées ou encore les banques multilatérales. Ils viennent renforcer l’ampleur et l’efficacité de nos actions. Dans un monde globalisé, seules les stratégies de coopération sont gagnantes. » a précisé le Directeur général.
Une exposition photo à travers la France : Objectif Développement
En 2011, l’Agence célèbrera le 70e anniversaire de sa création par le général de Gaulle en 1941. A cette occasion, Une exposition itinérante et en plein air appelée Objectif Développement réalisée en partenariat avec Magnum Photos sera lancée le 21 mai prochain à Bordeaux et se déplacera durant l’année dans les grandes villes de France. Une occasion de sensibiliser les visiteurs aux enjeux Nord-Sud, de rappeler pourquoi la France s’engage en faveur du développement et de mieux faire connaître les résultats du développement.
Visite du Directeur général dans les Territoires palestiniens et en Jordanie
Du 17 au 20 octobre 2010, Dov Zerah, Directeur général de l'AFD, s'est rendu dans les Territoires palestiniens et en Jordanie où il a signé quatre conventions, célébré les dix années de présence de l’Agence dans les Territoires palestiniens, visité plusieurs projets et rencontré de nombreux décideurs.
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| Avec le Premier Ministre Salam Fayyad |
L’AFD a ouvert un bureau à Jérusalem en 1999 pour le suivi de notre activité sur les Territoires palestiniens. En un peu plus de 10 ans, l'AFD y a engagé 180 millions d'euros de subventions, principalement sur trois secteurs prioritaires : eau et assainissement, développement local et soutien au secteur privé. Pour donner plus de visibilité à son action sur une zone où interviennent 84 bailleurs et 23 agences des Nations unies, l'AFD a célébré ces 10 années de présence en organisant un événement dans le premier hôtel palestinien aux standards internationaux (Mövenpick Ramallah) dont l’ouverture officielle devrait avoir lieu dans quelques jours. En compagnie du Consul Général de France à Jérusalem et du Premier Ministre palestinien, l'Agence a accueilli près de 200 personnalités palestiniennes et internationales.
À l’occasion de cette réception, l’Agence a présenté deux expositions de photographies et un film illustrant l’impact de son action dans les Territoires palestiniens.
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| Signature de la convention avec Shaddad Attili |
L’Agence concentre près de 50% de son action sur l’eau et l’assainissement. La visite de Dov Zerah aura été l’occasion de signer une subvention de 4 millions d'euros avec l’Autorité palestinienne pour la construction d’une station d’épuration dans le nord de la bande de Gaza. Cette infrastructure traitera les eaux usées de 250 000 personnes. Grâce à ce financement complémentaire aux 12 millions d'euros déjà engagés en 2005, l’Agence demeure le principal bailleur d’un projet emblématique rassemblant la Banque mondiale et différents bailleurs européens.
Le soutien de l’Agence à l’Autorité palestinienne se traduit déjà par des résultats concrets sur le terrain. En compagnie du ministre palestinien de l’Eau, le Directeur général a visité un projet à Maythaloun, au sud de Jénine, qui permettra d’ici mi-2011 le raccordement de 25 000 personnes à un réseau d’eau potable.
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| Projet de station à Maythaloun |
L’Agence favorise par ailleurs le développement économique des Territoires palestiniens. Elle appuie le développement des municipalités en finançant via le Fonds de développement municipal des infrastructures structurantes telles que le tunnel de Naplouse, et soutient la croissance du tissu de PME par la construction d’une zone industrielle à Bethléem.
La rencontre avec Salam Fayyad, Premier Ministre palestinien, aura été l’occasion de discuter des priorités de l’Autorité palestinienne. Elle aura aussi permis à l'AFD d’initier un dialogue avec ses partenaires sur les mesures à instaurer pour accélérer la mise en œuvre de ses financements.
De l’autre côté du Jourdain, malgré une présence encore récente (l’agence d’Amman a été ouverte en 2006), l’Agence est devenue l’un des principaux bailleurs actifs en Jordanie, avec un montant d’engagement d’une centaine de millions d’euros par an.
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| Avec le maire d'Amman et l'Ambassadeur, Corinne Breuze |
La convention de prêt signée avec le maire d’Amman est tout à fait emblématique : il s’agit d’un prêt à la municipalité d’Amman sans garantie de l’État d’un montant de 166 millions de dollars pour appuyer la mise en place d’un système de bus à haut niveau de service (BRT). La subvention de 0,2 million d'euros qui l’accompagne financera des actions de renforcement de la municipalité sur les questions de transport en commun, notamment par le biais de la coopération décentralisée avec la ville de Paris. La structuration de l’offre de transports publics se traduira par une plus grande mobilité des habitants d’Amman, en particulier pour les populations les plus pauvres, et une diminution de la congestion de la capitale jordanienne.
La signature d’une subvention d’un million d’euros pour appuyer la mise en place d’une administration des grands projets au sein de la Primature ouvre d’intéressantes perspectives à l’Agence. En renforçant la capacité des décideurs jordaniens à analyser et prioriser les grands investissements, l’Agence contribuera à améliorer le pilotage macroéconomique du royaume et à affiner le montage de ces grands projets.
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| Signature de la convention avec le Ministre du Plan et de la Coopération internationale |
L’AFD déploie plus de 675 millions d’euros en faveur du développement durable
Education au Mali et au Burundi, énergie au Rwanda et au Kenya, transport urbain en Jordanie et en Colombie, chauffage urbain en Chine, forêt au Congo, eau en Tunisie et dans le Bassin du Niger… : à l’occasion de son Conseil d’administration du 8 juillet 2010, l’AFD déploie plus de 675 millions d’euros en faveur du développement durable.
Burundi : renforcement de l’éducation et de la formation
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 2,586 millions d’euros à la République du Burundi pour contribuer au financement de son Plan Sectoriel de l’Education et de la Formation (PSDEF). Ce concours est accordé dans le cadre d’un Contrat de Développement et de Désendettement (CDD), qui prévoit le refinancement sous forme de don de la dette publique du Burundi à l’égard de la France.
Avec un PIB par habitant évalué à 126 dollars en 2008, le Burundi est l’un des plus pauvres pays du monde. Il est classé à la 174ème place sur 182 à l’Indicateur de Développement Humain du PNUD. Dans le secteur éducatif, le taux d’achèvement du primaire (46%) reste l’un des plus bas d’Afrique sub-saharienne. L’Etat s’est fortement engagé en faveur de l’éducation et a adopté en 2009 le PSDEF, qui précise notamment les besoins en termes d’enseignants à recruter et les mesures à mettre en œuvre pour mieux gérer les ressources humaines de ce secteur.
Ce programme permettra d’assurer le financement sur trois ans des coûts salariaux de 1.230 enseignants recrutés en 2010 et de mettre en place des outils de suivi et de pilotage de la politique de recrutement des enseignants.
Rwanda : programme d’accès à l’électricité
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 3,289 millions d’euros à la République du Rwanda pour contribuer au financement de son programme national d’accès à l’électricité. Ce concours est accordé dans le cadre d’un Contrat de Développement et de Désendettement (CDD), qui prévoit le refinancement sous forme de don de la dette publique du Rwanda à l’égard de la France.
Au Rwanda, dont les moyens de production d’électricité et les infrastructures de réseau sont insuffisants, moins de 6% des ménages sont desservis en électricité. Le gouvernement a adopté en 2008 une stratégie énergétique qui affirme que le secteur de l’énergie doit contribuer à la croissance économique du pays et à l’amélioration des conditions de vie des populations de manière durable et responsable. Il a lancé en 2009 un vaste programme national d’accès à l’électricité, dont l’objectif est de raccorder en moyenne chaque mois 4.600 nouveaux ménages. Le financement de ce programme est mis en œuvre dans une approche harmonisée avec les autres bailleurs de fonds.
Ce concours sera principalement affecté au financement d’investissements, notamment dans le district de Nyamagabe, dans la Province du Sud. Il permettra d’améliorer les conditions de vie des populations et des services sociaux (écoles, hôpitaux) et facilitera le développement économique du pays.
Jordanie : amélioration du transport urbain à Amman
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un financement (prêt de 166 millions de dollars et subvention de 200.000 euros) à la municipalité d’Amman pour appuyer sa politique de mobilité et de transport urbain.
Avec 2,6 millions d’habitants, la ville d’Amman rassemble 39% de la population jordanienne, environ 80% du secteur industriel et 55% des emplois du pays. La municipalité a sollicité l’AFD pour mettre en œuvre son programme d’investissement en matière de transport public, qui inclut, sur 15 ans, 6 lignes de Bus Rapid Transit (BRT) et trois lignes de métro léger (LRT). Ce programme vise l’amélioration de la mobilité dans Amman par la création d’une offre de transports collectifs fiable, sûre, rapide, confortable et abordable économiquement. Il permettra notamment un plus grand accès des populations pauvres aux services des transports et une réduction des temps de transports et des dépenses des ménages.
Des entreprises françaises pourront se positionner sur les créneaux de l’opération de service, de l’ingénierie, des services et des équipements. La Mairie de Paris et le Syndicat des Transports d’Ile de France sont associés au projet.
Chine : amélioration de réseaux de chauffage urbains
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi de deux prêts d’un montant global de 68 millions d’euros à la République populaire de Chine pour un programme d’installation de réseaux de chaleur à Taiyuan et à Jinzhong.
Les réseaux de chauffage urbains chinois, fortement émetteurs en gaz à effet de serre, sont un enjeu énergétique et environnemental majeur. Constitués de chaufferies au charbon directement insérées dans le tissu résidentiel, ces réseaux sont inefficaces et très polluants. Le programme concerne Taiyuan, capitale de la province de Shanxi, et la préfecture de Jinzhong. Il porte sur la construction de deux réseaux primaires de distribution de chaleur, équipés de stations d’échange de chaleur, tous deux alimentés par des centrales à cogénération.
L’AFD a accompagné la préparation de ce programme par une campagne d’information et d’échange avec les entreprises françaises du secteur. Chacun de ces programmes permettra d’éviter notamment l’émission de plus de 400.000 tonnes de CO2 par an.
Colombie : amélioration du transport urbain à Bogota
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 125 millions de dollars à la République de Colombie pour le programme de développement de transport urbain de Bogota.
Le « Transmilenio » est un système de bus rapides qui dessert Bogota et ses 7 millions d’habitants depuis les années 2000. Il est fondé sur le principe de corridors réservés à des bus articulés de grande capacité (ou BRT) et dispose d’un réseau de 75 km. La priorité aux feux rouges et des ouvrages spécifiques de franchissement des grands carrefours (viaducs ou souterrains) permettent une vitesse commerciale des bus proche de 30 km/h.
Le programme augmentera le réseau de 37 km, selon 4 nouveaux axes de desserte, ce qui permettra d’assurer 2,2 millions de déplacements par jour, contre 1,55 avant l’extension. Cette extension aura un impact social, avec l’amélioration de la mobilité urbaine des populations à faibles revenus, et économique, en favorisant la réduction de la congestion urbaine. Il permettra par ailleurs de réduire d’environ 100.000 tCO2 par an l’émission de gaz à effet de serre.
Colombie : amélioration du transport urbain à Medellin
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 250 millions de dollars à la municipalité de Medellin pour le volet « transport » du Projet urbain intégral du centre-est de la ville.
Certaines grandes municipalités colombiennes ont, ces dernières années, su tirer parti de leur autonomie politique et financière pour mener des politiques novatrices et initier des changements. Medellin, après s’être illustrée par des taux de criminalités rarement atteints, semble ainsi être passée, depuis 2004, « de la peur à l’espérance ». La municipalité met ainsi en œuvre un « Projet urbain Intégral » (PUI) centro-oriental pour financer des actions dans un « corridor verde », où vivent 300.000 personnes, en majorité pauvres. Le volet transport de ce projet est composé d’un tramway roulant sur une distance de 4 km et de deux lignes de métro-câble destinées à désenclaver deux quartiers sur les collines.
Ce projet constitue le premier prêt en direct à une municipalité colombienne et contribue au développement des villes durables colombiennes. Il aura d’importants effets sociaux (lutte contre la violence et l’exclusion sociale et amélioration des conditions de vie des populations pauvres), environnementaux (développement d’infrastructures « propres ») et sur la croissance économique (appui aux investissements et attractivité de la ville).
Mali : renforcement de l’éducation
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 8 millions d’euros à République du Mali pour appuyer son Programme d’Investissement du secteur de l’Education (PISE III).
Le Mali est classé 178ème sur 182 pour l’Indice de Développement Humain du PNUD, avec un taux d’alphabétisation des adultes estimé à 26%. Consciente de l’importance de l’éducation et de la formation pour assurer le développement économique et social du pays, les autorités considèrent ce secteur comme une priorité nationale. Le concours doit permettre d’appuyer la politique sectorielle en soutenant plus particulièrement le développement de l’enseignement secondaire général. Il comporte trois composantes : un appui pour la construction et l’équipement de trois lycées publics et la réhabilitation d’un lycée, un programme de renforcement de capacités des acteurs de l’enseignement secondaire et une aide budgétaire sectorielle.
Mali : appui au secteur privé
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention, sur fonds délégués par l’Union européenne, de 4,8 millions d’euros à la République du Mali pour le financement partiel du Programme d’Appui au Secteur Privé (PASP).
Les entreprises maliennes souffrent d’un manque de compétitivité, dont les causes sont d’ordre structurel ou liées au faible niveau de leurs capacités ou des services locaux. Cette situation n’incite guère les banques à financer leurs investissements. Le PASP mis en œuvre par le gouvernement a pour objet de contribuer au développement d’un secteur privé adapté aux contraintes du marché et de la concurrence des importations. Ce programme vise à conforter la place des entreprises dans leur rôle moteur de croissance de l’économie, à contribuer à la structuration des organisations représentatives du secteur privé, à accompagner les banques dans leur rôle de financement de l’économie et à renforcer la qualité de l’environnement des affaires. Le projet est constitué par un service d’appui aux entreprises privées et par un Fonds catalytique. L’AFD a contribué à ce projet à hauteur de 7,4 millions d’euros en juin 2009. Cette nouvelle contribution de 4,8 millions d’euros, apportée par l’Union Européenne, sera également mise en œuvre par l’AFD.
Mali : aide budgétaire
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 10 millions d’euros à République du Mali pour le financement de son programme économique et financier.
Dans un environnement économique assaini et en dépit de sa vulnérabilité aux chocs exogènes (chocs climatiques, crise alimentaire, choc pétrolier…), le Mali connait depuis plusieurs années des performances de croissance honorables, de l’ordre de 5% par an. Cependant, avec une croissance démographique annuelle de 3,6%, ces performances économiques ne sont pas suffisantes pour obtenir des résultats significatifs en termes de lutte contre la pauvreté. Pour atteindre ses objectifs ambitieux de croissance et de lutte contre la pauvreté, les autorités souhaitent mettre en place un environnement économique favorable et poursuivre l’assainissement financier entrepris dans le cadre du programme soutenu par le FMI. Ce concours couvrira le besoin de financement de l’Etat pour son programme économique et financier pour les années 2010 et 2011.
Ouganda : financement de logements
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 10 millions de dollars à Housing Finance Bank (HFB) pour le refinancement de son activité de prêts au logement.
Avec une population de 32 millions d’habitants, l’Ouganda est classé 145ème sur 182 à l’Indice de Développement Humain du PNUD. Le pays est encore très rural, malgré une urbanisation rapide et une forte croissance démographique (3% par an). Le marché du financement du logement est très concentré et dominé par trois banques. La HFB, banque publique, détient 60% de ce marché et en est le leader historique. Quoique contraint, ce secteur est dynamique, avec une croissance annuelle moyenne depuis 2002 des prêts de 15% en nombre et de 28% en volume. Toutefois, moins de 1% des foyers a accès aux prêts hypothécaires.
Le concours permettra de développer l’activité de financement du logement, d’encourager le financement de la promotion immobilière et d’accompagner la HFB dans sa phase de transition et sa croissance.
Kenya : financement de projets d’efficacité énergétique
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’une ligne de crédit en dollars d’un montant équivalent à 30 millions d’euros à la Co-Operative Bank of Kenya et à la CfC Stanbic Kenya pour le financement de projets d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique dans l’agrobusiness et l’hôtellerie.
Le mix énergétique kenyan est caractérisé par l’emploi massif de la biomasse sous ses formes les moins performantes en termes de rendement énergétique, ce qui engendre notamment un phénomène préoccupant de déforestation. Par ailleurs, la part occupée par les énergies fossiles dans ce mix énergétique devrait croitre sous l’effet de l’augmentation des capacités thermiques du pays et de la sècheresse. Ces évolutions laissent prévoir un impact significatif sur la facture énergétique kenyane et pèseront sur la compétitivité des secteurs économiques tournés vers l’exportation.
Par l’intermédiaire de deux banques locales partenaires, le projet financera des unités de production d’énergie renouvelable de taille petite et moyenne (comprises entre 0,5 et 8 MW pour un investissement minimum de 10 millions d’euros), construites par des entreprises agro-industrielles kenyanes et par des producteurs indépendants d’énergie. Il amènera progressivement le secteur bancaire commercial vers le financement de projets innovants
République Démocratique du Congo : gestion durable de la forêt
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 5 millions d’euros à la République Démocratique du Congo pour appuyer sa gestion durable de sa forêt.
En RDC, les forêts occupent 62% du territoire national et la flore et la faune représentent un patrimoine inestimable de biodiversité. La superficie consacrée à la production formelle de bois s’élève à 10 millions d’hectares et les aires protégées représentent 11% de ce territoire. Le secteur forestier formel représenterait moins de 1% du PIB et 15.000 emplois directs. Mal connu et encore peu suivi, le secteur informel représenterait plus de 90% de l’activité en volume de cette filière (bois d’œuvre et bois énergie).
Après une longue période de conflit dans les années 90, le pays a initié une refonte de son cadre législatif régissant l’exploitation forestière. La politique forestière bénéficie ainsi à présent d’un cadre adéquat au niveau des textes principaux, mais elle manque cruellement d’application, en raison de carences sur les titres forestiers, du manque de texte d’application de la loi forestière et de moyens humains et matériels. Le projet permettra de favoriser le démarrage de l’élaboration des plans d’aménagement des concessions forestières afin de créer une dynamique d’aménagement durable, capable de s’étendre rapidement à l’ensemble des massifs forestiers de la RDC.
République de Mauritanie : aide budgétaire
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 3 millions d’euros à la République de Mauritanie pour le financement de son programme économique et financier.
La Mauritanie a été durement éprouvée par la crise alimentaire en 2007/2008, puis par la crise économique mondiale en 2009. Les conséquences de ces chocs externes ont été exacerbées par une crise politique interne, qui a entrainé une diminution des flux d’aide extérieure ainsi que par la baisse de la production de pétrole. L’élection présidentielle de juillet 2009, qui marque le retour à la légalité constitutionnelle, a permis la reprise des relations avec la communauté internationale. Un nouveau programme économique a été élaboré par le gouvernement pour mener les réformes structurelles indispensables à la croissance et à la réduction de la pauvreté et un accord a été approuvé en mars 2010 avec le FMI. Ce concours couvrira le besoin de financement de l’Etat pour son programme économique et financier pour l’année 2010.
Bassin du Niger : gestion de l’eau du fleuve Niger
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 3,4 millions d’euros à l’Autorité du Bassin du Niger (ABN) pour soutenir cette institution dans le processus d’acquisition, le traitement et la modélisation des données, afin de gérer de manière efficiente les ressources en eau du bassin du fleuve Niger.
Le fleuve Niger, long de 4.200 km et qui couvre 1,5 million de km2, est partagé par neuf pays d’Afrique de l’Ouest. Le bassin est confronté à un enjeu critique de mobilisation de la ressource en eau, face à une réduction importante des écoulements de surface et à une forte augmentation des besoins et usages d’une population en croissance rapide. Une autorité de gestion de cette ressource a été créée en 1980, l’ABN, pour promouvoir la coopération entre les Etats membres. Le processus politique d’intégration a été mené avec succès et a permis d’adopter en 2007 un Plan d’action pour le développement durable du Bassin du Niger, puis, en 2008, mettre en place un programme d’investissements, qui comprend la construction de trois barrages. Cependant, la réussite de l’ensemble de ces projets dépend avant tout de la capacité d’ABN à devenir la principale autorité de référence et l’ordonnateur de l’ensemble des décisions sur ces questions.
Le projet permettra de doter l’Autorité des moyens lui permettant d’assurer avec efficience le suivi des ressources en eau et des grands ouvrages hydrauliques, pour une gestion harmonieuse, intégrée et coordonnée des ouvrages.
Tunisie : sécurisation de la production d’eau potable
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 40 millions d’euros à la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des eaux de Tunisie (Sonede) pour un programme de sécurisation des capacités de production et d’adduction d’eau potable.
Le taux de couverture en eau potable de la Tunisie est de 100%. La Sonede s’impose de maintenir la qualité de ses équipements et d’améliorer l’efficience de son organisation. Le programme vise à renforcer des systèmes de production d’eau potable et de renouveler les conduites de transfert et d’adduction. Il inclut le renouvellement de 340.000 compteurs domestiques, afin de réduire les pertes commerciales. Il devrait permettre d’améliorer le service d’eau potable (diminution des casses et des fuites) d’environ 880.000 personnes, hors le Grand Tunis.
Territoires autonomes palestiniens : appui aux ONG
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’une subvention de 5 millions d’euros à NGO Development Center (NDC) pour un programme d’appui aux ONG palestiniennes afin d’améliorer les services de base aux populations dans les zones défavorisées.
Dans les Territoires palestiniens, les ONG jouent un rôle fondamental dans la société en tant que pourvoyeuses de services essentiels aux populations, en particulier dans les zones les plus défavorisées et difficiles d’accès. Depuis 2002, l’AFD a financé deux projets consécutifs bénéficiant à ces organisations, pour un total de 11 millions d’euros, qui ont permis de construire ou de réhabiliter des infrastructures communautaires et des surfaces agricoles. Ce troisième financement, mené conjointement avec la Banque mondiale, sera mis en œuvre par NDC. Cette ONG, créée en 2006, est issue de l’unité de projet de Welfare Association, dont elle a conservé l’ossature et l’expérience.
Le projet aura trois composantes : le financement des projets portés par des ONG locales sélectionnées par appel à proposition, la structuration du secteur des ONG et le renforcement de la structure de NDC. Il permettra d’améliorer les conditions de vie des populations marginalisées (crèches et maternelles, activités pour les jeunes, formation…), apportera un appui au secteur productif (notamment l’agriculture) et jettera les bases d’un mécanisme attractif pour les autres bailleurs facilitant ainsi la coordination de l’aide.
Thaïlande : réduction d’impact sur la biodiversité des hôtels
Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’octroi d’un prêt de 30 millions d’euros à la Kasikornbank Public Limited Company pour le financement de la réduction d’impact sur la biodiversité des hôtels des zones côtières de Thaïlande.
Le tourisme, contributeur majeur à l’économie thaïlandaise, constitue une menace pour le patrimoine naturel du pays, en particulier pour les zones côtières. Si la politique gouvernementale de soutien au secteur touristique apparait volontaire, elle ne comprend pas aujourd’hui de stratégie de planification intégrant l’environnement. Par ailleurs, l’insuffisance de contrôles de l’application de la règlementation environnementale ne permet pas de garantir l’intégrité des milieux. De multiples initiatives ont émergé pour promouvoir un tourisme plus durable, mais il n’existe aucun dispositif financier favorisant l’engagement des hôtels dans des investissements volontaires de réduction de leur impact sur la biodiversité.
La ligne de crédit, dont le concept a été développé avec le World Wildlife Fund (WWF), ambitionne d’offrir les conditions techniques et financières permettant de catalyser l’évolution environnementale émergente du secteur hôtelier, en se concentrant sur la biodiversité des zones côtières. La Kasikornbank, quatrième banque commerciale privée du pays, assurera la diffusion des concours auprès des bénéficiaires finaux.
Etablissement public, l’Agence Française de Développement (AFD) agit depuis plus de soixante ans pour combattre la pauvreté et favoriser le développement dans les pays du Sud et dans l’Outre-mer. Elle met en œuvre la politique de développement définie par le Gouvernement français. Présente sur le terrain dans plus de 50 pays, l’AFD finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète : scolarisation des enfants, appui aux agriculteurs et aux petites entreprises, adduction d’eau, préservation de la forêt tropicale, lutte contre le réchauffement climatique… En 2009, l’Agence a consacré plus de 6,2 milliards d’euros au financement d’actions dans les pays du Sud et en faveur de l’Outre-mer. Ces financements concernent notamment la vaccination de 1,8 million d’enfants, l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable de 7,3 millions de personnes et le soutien de 900 000 emplois dans le secteur productif. Les projets d’efficacité énergétique sur la même année permettront d’économiser près de 5 millions de tonnes de CO2 par an.
Relations presse
AFD
Laure Weisgerber, weisgerberl@afd.fr
Anne-Sophie Morizot (Hopscotch), asmorizot@hopscotch.fr
