Réconcilier développement et environnement
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Notre action en matière de lutte contre le changement climatique
Le changement climatique complique les efforts de réduction de la pauvreté, en causant des dommages de plus en plus fréquents et graves dans des zones économiquement précaires, et en introduisant la nécessité d’une trajectoire de développement sobre en carbone.
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Ce que nous faisons pour préserver la biodiversité
L’AFD s’est engagée à promouvoir un développement durable dans le respect des engagements de Rio, notamment en matière de préservation de la biodiversité. Depuis plus de dix ans, elle développe des projets dans des secteurs et selon des approches qui associent des objectifs de développement à des objectifs de protection et de gestion durable des ressources naturelles.
Savoirs communs n°13 "Pauvreté et environnement : conjuguer les trajectoires"
Pauvreté et dégradation de l'environnement, ces deux problématiques distinctes sont aujourd'hui de plus en plus corrélées, l'une pouvant être, à tour de rôle, la cause de l'autre. La série "Savoirs Communs" met en relief dans son numéro 13 cet état de fait, et propose des solutions durables et adaptées aux différentes configurations de pauvreté et à leurs impacts sur l'environnement et la santé des populations.
Anticiper les effets aggravants de la pression démographique
Identifier et comprendre les facteurs déclenchants et aggravants, puis les niveaux d'interdépendance entre pauvreté et impact environnemental; estimer et anticiper les conséquences et risques conjugués de la pression démographique et du changement climatique sur le bien-être des populations et la qualité de leur milieu de vie ; tels sont quelques uns des défis majeurs auxquels l'humanité doit se préparer et trouver des réponses, l'Afrique tout particulièrement, puisque ce continent s'attend à une croissance démographique de l'ordre de 2 milliards d'humains d'ici 2050.
A la faveur du contexte mondial actuel où les questions liées à la croissance responsable, la protection de la biodiversité, l'accès équitable aux ressources naturelles et les risques portant sur les équilibres démographiques se posent avec une accuité encore inédite, il est désormais indispensable et urgent de (re)penser ce sujet comme un défi global faisant appel à la mobilisation d'un large faisceau d'acteurs (Etats, ONG, OI, entreprises, communautés scientifiques, fondations philanthropiques) dont le croisement des compétences, des savoirs et des pouvoirs doit être en mesure de générer des solutions locales, élaborées pour coller au plus près des besoins des populations et de leurs difficultés quotidiennes.
Concilier approche globale et réponses locales
Comment accompagner au mieux les transformations sociales avant que leur essor incontrôlé ne compromette tout plan de relance économique dans les pays pauvres? Quelles solutions pérennes élaborer pour permettre aux sociétés les plus vulnérables de s'y adapter tout en avançant vers des modèles de croissance soutenables, plus sobres en carbone, plus économes en ressources, et ne contrevenant pas à leurs impératifs immédiats de développement ?
Face au constat de la complexité qui entoure la relation entre lutte contre la pauvreté et préservation de l'environnement, donc des équilibres sensibles à définir, le nouveau numéro de la collection "Savoirs communs" coédité par l'AFD et l’Institut Veolia Environnement (IVE) dessine des perspectives de solutions nouvelles, mettant notamment en lumière l’importance de réponses locales, au plus près des populations, mais aussi d’une coopération de tous les acteurs, et du maintien des activités économiques innovantes ainsi que des sources de financement existantes.
Cette publication s’appuie sur les travaux de la Conférence internationale « Concilier lutte contre la pauvreté et qualité de l’environnement – Quelles solutions innovantes ? » organisée les 27 et 28 juin 2010 par les deux institutions.
Télécharger le document PDF "savoirs communs" N°11
Voir l'une des dernières interviews vidéos accordées par Wangari Maathai, écologiste et Prix Nobel de la paix et Amartya Kumar Sen, Prix Nobel d'économie sur le thème " la lutte contre la pauvreté et la protection de la diversité ". Conférence AFD/Institut Véolia environnement (27 et 28 juin 2011)
"Le développement durable reste un sujet de vifs débats entre le sud et le nord"
A l'approche de la conférence Rio+20, Catherine Garreta, directrice du département des Appuis transversaux de l'AFD, apporte des éclairages sur le concept de développement durable et son histoire, sur les enjeux du débat international. Elle explique également les objectifs de l'AFD et les projets qu'elle soutient.
On entend des choses très différentes sur le développement durable. En fait, il faut se rappeler que c'est un concept qui a été inventé par les pays développés pour que les pays en développement acceptent de parler d'environnement.
Dans les années 70-80, les pays développés commençaient à prêter une grande attention aux problèmes d'environnement. Ils essayaient de convaincre les pays pauvres de ne pas commettre les mêmes erreurs qu'eux, qu'ils aient un développement "plus propre".
"Le terme de développement durable a été inventé pour favoriser le dialogue entre pays du sud et du nord"
Mais les pays pauvres estimaient que leur priorité était leur développement économique et social et que les questions d'environnement ne viendraient qu'après, une fois atteint un niveau suffisamment élevé de développement.
Pour réconcilier environnement et développement a été inventé le concept de développement durable qui introduit l'idée qu'il faut se développer en prenant en compte les besoins des générations futures, qui introduit le long terme dans la réflexion.
"Les pays du sud voient toujours le concept de développement durable comme une triple menace"
Aujourd'hui, à l'approche de Rio+20, les pays du sud sont toujours inquiets de ce concept de développement durable ou de celui d'économie verte car ils y voient une menace pour leur développement, une volonté des pays riches de les niveler par le bas.
Ils y voient aussi une menace en termes de normes et de technologie avec l'impression d'une volonté des pays du nord de fermer leurs marchés à leurs entreprises.
Enfin, les pays du sud sont très soucieux de leur souveraineté et estiment que c'est à eux de définir leur politique en matière d'environnement et non à la communauté internationale.
Comment l'AFD intègre-t-elle le concept de développement durable dans son action ?
L'AFD agit de deux manières : en consacrant plus de moyens, humains et financiers, à des thématiques qui nous paraissent essentielles en termes de développment durable : la protection de la biodiversité, la lutte contre le changement climatique, la préservation du capital naturel, des sols et des forêts. Tous ces thèmes sont, selon nous, des axes majeurs pour le développement économique des pays que nous aidons.
"Minimiser systématiquement le risque d'impact négatif des projets de développement que nous finançons"
L'autre manière d'agir consiste à minimiser au maximum, dans l'ensemble de nos projets, leur impact éventuellement négatif en termes environnemental et social. Pour chaque projet que nous finançons, nous vérifions systématiquement que l'organisme ou le pays que nous finançons a bien pris en compte - et minimisé - l'impact négatif de ses projets sur l'environnement et sur les populations concernées par le projet. On appelle cette démarche la maîtrise des risques environnementaux et sociaux.
Nous avons ajouté à cette maîtrise des risques, l'idée de faire attention à l'impact en matière de changement climatique de nos projets. Depuis l'année dernière, nous avons généralisé la mesure de l'empreinte carbone de l'ensemble de nos projets.
Quelle est la stratégie climat de l'AFD ?
L'agence s'est fixée pour les années 2012 - 2016, l'objectif que la moitié de nos financements aient un impact favorable en termes de changement climatique, soit qu'ils diminuent ou minimisent les émissions de gaz à effet de serre, soit qu'ils aident les pays dans lesquels nous intervenons à s'adapter au changement climatique.
Cet objectif est global. On l'applique différemment selon les grandes régions du globe : en Asie et en Amérique latine, cet objectif s'élève à 70 % de nos financements (70 % de nos projets doivent avoir un effet favorable en matière de lutte contre le changement climatique) alors qu'en Afrique, il descend à 30 %, en moyenne.
En effet, les pays d'Asie et d'Amérique latine ont un niveau de développement bien plus élevé et ont un niveau d'émission de gaz à effet de serre bien plus important que les pays d'Afrique, où l'objectif prioritaire est le développement économique. D'autant que leur niveau d'émission de gaz à effet de serre est pour l'instant très faible.
Quelles sont les attentes de la France, et de l'AFD, pour Rio+20 ?
En tant qu'agence de développement, notre attente est que les pays du nord et du sud arrivent à s'entendre sur des objectifs quantifiables : en matière de préservation de la biodiversité, des sols, des forêts, d'utilisation d'énergies renouvelables, de lutte et d'adaptation au changement climatique. A l'instar des Objectifs du millénaire pour le développement, en 2000, pour des domaines précis tel que la malnutrition ou la santé infantile et maternelle.
"Une organisation des Nations Unies pour le développement"
Un autre enjeu, cher à la France à l'approche de Rio+20 : mettre en place une organisation des Nations Unies pour l'environnement.
"Les Etats doivent être le reflet de l'évolution de la société civile"
Enfin, ce qui est important dans cette dynamique de Rio, c'est le poids des autres acteurs que les Etats - notamment les ONG, la société civile, les collectivités locales et les entreprises.
On se rend compte que les autres acteurs sont en avance sur les Etats. Les grandes oppositions politiques entre Etats sont beaucoup moins présentes dans le dialogue entre ces autres acteurs. La société civile va parfois plus vite que les Etats et il faut qu'à Rio, les Etats soient aussi le reflet des mouvements et de l'évolution de la société civile.
Voir nos projets récents
Chine : réalisation du premier chauffage urbain de l'AFD
Indonésie : Centrales de biogaz
La Dominique : forages géothermiques
Guyane : bilan positif pour le projet de gestion durable des ressources naturelles, avec le WWF
Comment l'AFD soutient une gestion durable des forêts du Bassin du Congo
Au lendemain de l'année des Forêts et à la veille de Rio + 20, coup de projecteur sur la mise en place, depuis vingt ans, d'une gestion durable des forêts dans le deuxième plus grand massif forestier du monde. Cette gestion durable et son outil principal, le Plan d'aménagement forestier sont tellement novateurs dans la région que l'AFD a choisi d'accompagner les entreprises. Explications en vidéo de Guillaume Ernst, de l'AFD, et Christophe du Castel, du FFEM.
"Sans les entreprises, pas de gestion durable"
L'intervention de l'AFD a pour objectif de promouvoir une exploitation durable des forêts, qui soit à la fois source de revenus pour les populations les plus pauvres et garante de préservation à long terme des écosystèmes forestiers.
Ce choix d'intervention est d'autant plus important pour le développement de ces pays que certains d'entre eux sont recouverts à plus de 80 % de forêt. C'est dans ce but qu'elle apporte depuis une vingtaine d'années soutien financier et technique à la réforme des politiques forestières des pays du Bassin du Congo.
Parallèlement à cette réforme, un accompagnement des exploitants forestiers est nécessaire pour garantir une gestion durable et certifiée de ces espaces forestiers.
Un outil innovant
L'outil mis en oeuvre est le Plan d'aménagement forestier. Celui-ci incite les entreprises à changer leur mode d'exploitation forestière vers un mode de gestion plus durable. Inventaires, estimations, prévisions des coupes sur plusieurs dizaines d'années, ce plan de gestion est suffisamment original pour que l'agence française de développement soit au plus près des entreprises.
Les entreprises jouent-elles le jeu ?
Mais au fait, qui sont ces entreprises qui exploitent la forêt du Bassin du Congo ? Jouent-elles le jeu ? Pourquoi ont-elles intérêt à mettre en place le plan d'aménagement forestier ?
Toutes les réponses dans cette interview de Guillaume Ernst, chargé de mission forêts à l'AFD.
Durée : 10 min 15
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Climat : n'oublions pas les forêts ! Tribune de Dov Zerah dans Libération, parue le 4/12/11 |
Direction le coeur de la forêt du Gabon
Dans cette vidéo ci-dessous, on suit Thierry Liabastre qui nous guide et nous parle de l'exploitation forestière durable au quotidien. Le chef de projet AFD nous y rappelle que "la préservation de l'environnement doit nourrir les hommes en leur apportant du développement économique". L'AFD est, à ce titre, le premier bailleur de fonds à travailler avec les entreprises. Ce qui ne l'empêche pas de travailler en partenariat avec les ONG.
Durée : 3 min 50
"Ne pas prélever plus que ce que la forêt produit"
Dans cette dernière interview, Christophe du Castel, chargé de mission forêts au Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM) rappelle quels sont les dangers qui menacent les forêts. La pression de l'agriculture et l'exploitation du bois (bois d'oeuvre, bois énergie) sont au premier rang de ces dangers. Comment répondre à ces deux exigences, vitales pour l'homme, tout en préservant les espaces forestiers ?
Les axes d'intervention de la France sont de trois ordres :
- Appui à la gouvernance. Les Etats et les collectivités locales sont souvent désarmés face à une exploitation incontrôlée de leurs forêts : mise en place d'un cadre réglementaire, contrôle et suivi, régulation des marchés et de la filière bois
- Activités de protection de zones de biodiversité particulièrement riches ou menacées
- Accompagnement d'une gestion durable des forêts, notamment dans le Bassin du Congo. Gestion que l'on pourrait résumer par : on ne prélève pas plus que ce que la forêt produit.
Durée : 6 min 30
Deux acteurs de la coopération française en matière de préservation des forêts : le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM), se concentrant davantage sur les aspects environnementaux et sociaux et l'Agence française de développement (AFD) qui accompagne les Etats et les entreprises dans une gestion durable des forêts.
