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La formation des gestionnaires d'aires protégées, outil indispensable pour la conservation en Afrique
Renforcer les compétences des gestionnaires d’aires protégées en Afrique, actuels ou futurs, tel est le but des formations mises en place par l’ UICN, ONG internationale pour la conservation de la nature, avec l’Université Senghor, Université de la francophonie, et dont ont déjà profité plus de 300 participants en Afrique du Centre et de l’Ouest.
Des zones de biodiversité africaines toujours plus menacées
L’explosion démographique que connaît le continent, l’exploitation toujours plus intensive des ressources, l’augmentation du cheptel, la recherche de nouvelles terres agricoles et les mouvements de populations qui l’accompagnent… ont engendré de graves conséquences sur les ressources environnementales. Les aires protégées sont peu à peu envahies et la pression anthropique s’accroît dans leurs zones périphériques.
Face à ces pressions et aux vives tensions qu’elles génèrent, les gestionnaires des aires protégées sont souvent insuffisamment formés. Particulièrement en Afrique francophone, le classement des aires protégées ne s’est en effet pas toujours accompagné d’une politique de renforcement des compétences ni d’un recrutement de personnel adéquat suffisamment outillé pour l’accomplissement de la politique de conservation des écosystèmes.
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Renforcer les compétences des gestionnaires d’aires protégées
Le renforcement des compétences en "
Gestion des aires protégées"
s’inscrit donc comme une priorité pour l’aménagement et la conservation des parcs et réserves en Afrique. Les outils de planification, de suivi évaluation, les méthodes de concertation et les normes juridiques ou techniques… sont généralement méconnus de la plupart des gestionnaires des aires protégées. Le but de cette formation est donc de les doter (ainsi que leurs partenaires, scientifiques, ONGs, privés…) d’outils, et de compétences techniques et scientifiques spécifiques pour améliorer leurs modes de gestion des parcs et inscrire leur action dans la durabilité.
C’est dans cette perspective que l’
UICN
et l’
Université Senghor
(Université de la Francophonie, basée à Alexandrie en Egypte) proposent des formations, de courte ou longue durée, permettant d’obtenir un diplôme. Elles visent à donner aux différents acteurs de terrain les principaux outils nécessaires pour la mise en œuvre des politiques de conservation, et pour l’appréhension des dynamiques socio-territoriales à l’intérieur ou dans les zones associées aux aires protégées.
Ces formations s’organisent selon deux formules principalement :
- un master sur deux ans, permettant aux jeunes diplômés d’acquérir une formation spécifique dans ce domaine. Ce sont ainsi 26 étudiants qui terminent leur seconde année de spécialisation, en mai 2013
- un diplôme universitaire ciblant les jeunes en situation professionnelle, réalisé en huit semaines selon des modules de cinq à six jours qui associent des cours théoriques et des sorties de terrain. La sixième édition de ce DU se déroule à Ouagadougou en avril et mai 2013, réunissant 20 étudiants de 10 pays différents.
Déjà 300 responsables d’aires formés
A ces formations diplômantes, s’ajoutent également plusieurs formations courtes (une à deux semaines) répondant aux besoins identifiés lors des évaluations des parcs et réserves et ainsi, ce sont plus de 300 responsables de la conservation en Afrique qui ont pu se former et progresser récemment.
Ces formations, organisées par le bureau régional pour l’Afrique du Centre et de l’Ouest de l’UICN ont été initiées grâce au support continu de l’AFD et du
Fonds français pour l’environnement mondial
(FFEM). Preuve de leur succès, elles sont désormais également financées par d’autres partenaires tels que le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), ou la Fondation MAVA pour la nature…
© UICN
"La France, pays "méga-divers", est très engagée dans la protection de la biodiversité"
Comment concilier développement et préservation de la biodiversité ? Quels moyens peut-on mettre en œuvre ? Quelles sont les zones prioritaires ? A l’occasion de la Journée mondiale de la Biodiversité, Naïg Cozannet, expert à l’AFD, nous éclaire sur l’action de l’Agence.
Pourquoi l’AFD intervient-elle dans la protection de la biodiversité ?
L’implication de l’AFD sur ce secteur résulte d’une prise de conscience historique de l’importance centrale des ressources naturelles pour le développement, en particulier dans les zones rurales pauvres, où l’économie est fondée sur l’exploitation agricole et énergétique de ces ressources. L’Agence collabore ainsi avec ses pays partenaires afin de mettre la préservation de la biodiversité au service de la lutte contre la pauvreté et du développement durable, selon une approche qui reconnaît les ressources naturelles et les écosystèmes comme des éléments structurants des territoires.
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* La biodiversité peut être entendue comme le réseau du vivant, la trame écologique qui soutient tout développement humain. Elle se définit autant au niveau des gènes ou des espèces qu’au niveau des grands écosystèmes et de leurs équilibres.
Quelles sont les géographies où intervient l’agence pour protéger la biodiversité ?
Notre champ d’intervention dans le domaine de la biodiversité est très vaste.
L’Afrique, y compris sa région méditerranéenne, reste cependant notre priorité géographique actuelle et historique. La biodiversité y joue un rôle particulièrement important en zones rurales où plus des trois quarts des populations sont quotidiennement dépendants des ressources naturelles.
Le patrimoine naturel connaît une crise sans précédent sous la pression conjuguée de la croissance démographique, du développement des industries extractives et des agro-industries, des changements climatiques qui fragilisent et réduisent les écosystèmes. La biodiversité y décline également en raison de sa sur-exploitation directe du fait du commerce illicite de bois précieux, de trafic d’espèces protégées. La recrudescence du braconnage à grand échelle des éléphants et des rhinocéros que connait l’Afrique centrale et australe est très inquiétante.
Notre intervention dans les pays d’Asie et d’Amérique latine est une reconnaissance de la responsabilité que partagent l’ensemble des pays de la planète pour préserver ce patrimoine commun mondial qu’est la biodiversité. Nous y finançons des programmes ambitieux notamment en Chine avec la restauration de zones humides dans le Liaoning ou encore au Mexique où nous appuyons la politique du pays en matière d’aires protégées (Projet
BIOMEX
)
Enfin, l’Outre-mer français possède une biodiversité d’importance mondiale, notamment marine, pour laquelle nous mettons en place des programmes de préservation des bassins versants côtiers des îles et leurs lagons afin de sauvegarder des récifs coralliens dans le Pacifique Sud (projet RESCUE). Enfin, l’Agence agit avec la Commission européenne pour développer un mécanisme de financement dédié (initiative BEST) pour la préservation de la biodiversité ultra-marine qui confère d’ailleurs à la France son statut de pays "méga-divers".
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Quels sont les trois grands axes d’action de l’AFD en matière de biodiversité ?
L’action de l’Agence pour la biodiversité constitue un des volets internationaux de la Stratégie nationale française pour la diversité biologique. Sa stratégie est en cours d’élaboration et fera très prochainement l’objet d’une consultation avec ses parties-prenantes.
Premier axe : Préserver les ressources naturelles, pilier fondateur du développement
Cet axe d’intervention comprend des programmes dédiés aux milieux naturels. Leur finalité est la promotion de pratiques de gestion qui préservent le fonctionnement naturel des grands écosystèmes. Nous finançons ainsi des organisations, entreprises ou Etats qui investissent dans des pratiques et politiques innovantes dans des secteurs tels que la foresterie, la pêche ou encore l’agriculture, afin que l’exploitation des ressources naturelles pour l’alimentation, la construction ou l’industrie se fasse dans la limite de la capacité de renouvellement des sols, des mers et littoraux ou des forêts notamment celles du Bassin du Congo.
Depuis une quinzaine d’années, l’Agence a élargi son intervention au renforcement des réseaux d’aires protégées terrestres ou marines sur l’ensemble de sa zone d’intervention. Aux cotés du Fonds français pour l’environnement mondial, elle s’implique aussi afin de pérenniser les financements nécessaires à la gestion quotidienne de ces réserves et parcs afin que la préservation de la faune et la flore ne soit pas un engagement "de papier".
L’AFD contribue ainsi à créer des fondations dédiées à la biodiversité, comme à Madagascar ou en Afrique Centrale. Aux cotés de la communauté internationale des bailleurs de fonds, elle finance également des fonds internationaux comme le Critical Ecosystem Partnership Fund qui soutient des projets locaux de conservation dans des zones reconnues comme prioritaires à l’échelle mondiale.
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Deuxième axe : Garantir la meilleure prise en compte de la biodiversité dans l’ensemble des activités de l’AFD
La pollution, la fragmentation des écosystèmes et l’artificialisation des sols qui résultent du développement urbain et industriel constituent la première source de disparition parfois irréversible de la nature. Evaluer, réduire au maximum et compenser les impacts résiduels de ces projets sur la biodiversité est un enjeu central sur lequel l’Agence attire l’attention de ses clients afin d’améliorer leurs pratiques. C’est également la responsabilité directe de l’Agence de réduire l’empreinte de ses financements sur la biodiversité. L’AFD dispose d’une équipe dédiée à ces activités et a renforcé ses procédures permettant de garantir la qualité environnementale et sociale des projets financés, quel que soit le secteur.
Troisième axe : Contribuer à la mobilisation internationales pour stopper l’érosion de la biodiversité
Au-delà de ses financements projets, l’Agence ambitionne de contribuer à renforcer le consensus mondial autour des meilleures stratégies permettant de concilier développement et préservation de la biodiversité. Nous poursuivons cet objectif grâce à une approche partenariale avec des acteurs clefs comme l’Union mondiale pour la nature (UICN), première organisation de conservation au monde, et dont l’AFD est un des dix premiers partenaires, ou encore, en France, avec la Fédération nationale des Parcs naturels régionaux dont le modèle de gestion des territoires intéresse fortement les collectivités locales à l’étranger. Ce volet de notre action implique les départements de la recherche et de la stratégie via des études scientifiques menées en collaboration avec des organismes de recherche tels que le CIRAD ou encore un effort d’évaluation et de capitalisation sur les actions déjà menées, comme la revue critique réalisée en 2008 sur l’ensemble de nos projets dédiés à la biodiversité .
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La France, et l’AFD, est-il un acteur important sur la scène internationale dans le domaine de la protection de la biodiversité?
Au plan international, la France fait partie des quatre à six bailleurs principaux en matière de biodiversité. Le pays est historiquement un acteur très engagé tant sur le plan politique que financier. L’AFD, quant à elle, représente en moyenne 50 à 60 % de l’aide publique française en matière de biodiversité. Elle figure parmi les cinq premières agences bilatérales de coopération en matière d’investissements pour la biodiversité, avec une contribution annuelle de 80 à100 millions d’euros, que l’Agence s’est engagée à augmenter à hauteur de 150 millions d’euros par an sur la période 2014-2016.
L’Agence travaille régulièrement en co-financement avec d’autres bailleurs, en particulier l’agence d’aide bilatérale allemande (KfW et GIZ) ou encore des acteurs multilatéraux comme le Fonds mondial pour la nature ou la Banque Mondiale. Un des ses partenaires privilégiés reste en France le
Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM
), dont elle héberge le secrétariat.
Cette année la journée mondiale de la Biodiversité du 22 mai est placée sous le signe de l’eau. En quoi ce thème est-il important ?
La préservation des ressources en eau douce est un enjeu fondamental pour le développement, en particulier dans les zones où son cycle est fortement modifié par des prélèvements excessifs, des pollutions et par e changement climatique. Des sécheresses plus intenses et plus longues, des pluies violentes provoquent des crues et inondations meurtrières.
La détérioration des écosystèmes humides a des conséquences sur de nombreux animaux migrateurs, oiseaux, poissons, mammifères. Mais également sur les populations qui vivent de leur exploitation : pêcheurs, agriculteurs, éleveurs pour qui les zones humides sont des ressources irremplaçables en saison sèche.
Quel est l’impact économique et social de telles modifications ? Comment aider les populations rurales les plus pauvres et les plus dépendantes de la disponibilité locale de ressources naturelles et en eau à s’adapter à ces nouvelles situations ? Pour autant, le lien réciproque entre la gestion des ressources en eau, en quantité et en qualité, et la présence d’écosystèmes fonctionnels est encore trop peu compris, même si l’on sait que la gestion du couvert végétal est un élément de régulation du cycle de l’eau à l’échelle des bassins versants.
Faire progresser la prise de conscience de ce lien entre biodiversité et eau est ainsi un véritable enjeu de développement, et c’est une excellente chose que ce soit l’objectif du thème de la journée mondiale cette année.
A l’échelle de l’Agence, la promotion d’activités de préservation des milieux naturels comme éléments de programmes intégrés de la ressource en eau, à l’échelle des bassins versants est d’ores et déjà une réalité, notamment dans certaines régions de Madagascar, au Niger, ou encore en Tunisie.
Notre intervention ne pourra que bénéficier d’une progression d’une ingénierie écologique mettant la préservation de la biodiversité au service de la régulation climatique et de la préservation des réserves d’eau douce terrestres.
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Hyderabad : un sursaut pour sauver la biodiversité mondiale ?
A la veille de l’ouverture de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité en Inde, l’émission C’est pas du vent (RFI) du 7 octobre est l'occasion de voir comment la francophonie s’engage pour lutter contre la dégradation des écosystèmes et pour garantir aux populations locales un partage juste et équitable de l’utilisation de leurs savoirs traditionnels.
Quels sont les enjeux de la 11e Conférence des parties (COP11) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui se tient du 8 au 19 octobre à Hyderabad (Inde) ? Quelles sont les missions du FFEM et de l'AFD en matière de protection de la biodiversité ?
Julien Calas, chargé de projet Biodiversité au Fonds Français pour l’Environnement mondial, et Gilles Kleitz, chargé de projet Biodiversité à l’Agence Française de Développement, sont intervenus lors de l'émission "C'est pas du Vent", diffusée dimanche 7 octobre. Ils ont rappelé les enjeux de la protection de la biodiversité et présenté la diversité des actions financées par l'AFD et le FFEM dans ce domaine.
En particulier, à travers un exemple concret, le programme de petites initiatives, lancé en 2006, une centaine d'initiatives ont été financées pour concilier préservation de l'environnement et développement. Ce programme a la particularité de financer des petits projets, au bénéfice des populations locales. Ecotourisme au Bénin, activités développées sur des zones de chasse, développement d'une filière économique autour de la plantation de piments pour limiter les conlits homme-éléphant, sont des exemples des nombreuses expériences financées dans le cadre du Programme de Petites Initiatives (PPI) du FFEM.
1 million d'euros du FFEM sur le programme de modélisation et scénarios de la biodiversité de la FRB
Un cofinancement du FFEM de 1 M€ vient contribuer au programme de modélisation et scénarios de la biodiversité de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB). Il favorisera l’émergence de projets mettant l’accent sur la collaboration entre scientifiques et acteurs de la gestion de la biodiversité dans les pays en développement.
La Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) et le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) encouragent l’élaboration et l’utilisation de scénarios de la biodiversité dans les pays en développement.
Patrick Duncan, président de la FRB, et François-Xavier Duporge, secrétaire général du FFEM ont signé le 17 juillet la convention de financement de 1 million d'euros.
Le partenariat FRB-FFEM se noue autour du programme phare lancé en 2010 par la FRB sur les scénarios de la biodiversité.
Ces scénarios constituent des trajectoires futures plausibles de la biodiversité pour accompagner les acteurs locaux de la gestion de la biodiversité mais aussi les décideurs face aux menaces qui pèsent sur le tissu vivant de la planète.
Les sociétés humaines et les systèmes écologiques interagissent et déterminent mutuellement leur devenir. Changement climatique, utilisations des terres, évolutions socio-économiques,… les transformations que connaîtra le 21ème siècle vont fortement influencer la biodiversité, l’accès et la disponibilité des ressources biologiques et les services écosystémiques. Développer des scénarios du devenir de ces systèmes est donc un enjeu majeur, particulièrement dans les pays du Sud, riches en biodiversité, où les populations dépendent fortement des services rendus par la nature.
Les scénarios et modèles élaborés par la recherche seront des outils d’aide à la décision pour une meilleure intégration de la biodiversité dans les activités humaines et une meilleure anticipation des impacts des changements globaux. Ils constitueront également des outils de dialogue et de concertation entre acteurs aux intérêts parfois divergents.
Le financement du FFEM vient renforcer la prise en compte des terrains et des acteurs du Sud dans cette dynamique en favorisant la collaboration entre scientifiques et acteurs locaux de la gestion de la biodiversité.
Il est complémentaire aux ressources apportées par la FRB et par les organismes de recherche. Ce soutien permettra l’organisation d’un atelier favorisant l’émergence de projets avec des acteurs de la gestion de la biodiversité des pays du Sud et contribuera au renforcement de leurs capacités.
Pour bénéficier du cofinancement FFEM, les critères d’éligibilité concernent :
• le caractère innovant, démonstratif et reproductible du projet,
• son impact positif et significatif sur l’environnement mondial,
• sa contribution directe ou indirecte au développement local social et économique,
• sa pérennité à sa clôture,
• sa mise en œuvre par une organisation compétente et efficiente.
Le prochain appel à projets du programme sera publié début 2013, avec une date de soumission des projets prévue courant juin 2013. Chaque nouveau projet financé démarrera en 2014, pour une durée de 5 ans.
Séminaire international sur les crédits carbone et la gestion durable des bambous en Asie
Faisant suite à une première rencontre qui s’était tenue dans la province chinoise du Yunnan en mai 2011, la conférence de Phmom Penh, au Cambodge, du 26 avril a permis aux experts et opérateurs présents de partager leurs expériences et d’échanger sur les meilleures pratiques et techniques de plantation, pour une gestion durable du bambou, selon les spécificités du pays concerné.
Gestion durable des bambous et crédits carbone
Dans le cadre du projet « Carbone Rural » du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), l’AFD en partenariat avec l’Administrative Center for China’s Agenda 21 (ACCA21), agence d’exécution des projets de coopération internationaux dépendant du Ministère chinois des Sciences et Technologies, a organisé les 26 et 27 avril 2012 à Phnom Penh (Cambodge) un séminaire international sur les crédits carbone et la gestion durable des bambous.
Des experts venus de France, de Chine, d'Inde, du Vietnam et du Cambodge
Cette rencontre présidée lors de la journée d’ouverture par M. Khong Sam Nuon, secrétaire d’Etat du Ministère de l’Environnement du Cambodge, a rassemblé de nombreux experts de différents pays (Chine, Cambodge, France, Inde et Vietnam) ainsi que des représentants de plusieurs institutions internationales, notamment la FAO (Food and Agriculture Organisation), INBAR (International Network for Bamboo and Rattan), ainsi que des ONG telles que WWF et GRET, des représentants du monde académique et des consultants spécialisés (NEXUS, Carbonium).
L'expérience de la Chine reproductible ?
Ces échanges techniques ont également porté sur l’expérience de la Chine en matière de valorisation des réductions d’émissions de CO2 pour ses plantations de bambous et des méthodologies développées en matière de valorisation des crédits carbone dans le cadre des projets pilotes soutenus par le groupe de l’AFD et le FFEM en partenariat avec l’ACCA21.
Une initiative de valorisation des crédits carbone dans les zones rurales en Chine a, en effet, été développée dans le cadre d’un projet pilote FFEM intitulé « Carbone Rural » approuvé en juillet 2010.
Ce projet a permis de mettre en place des centres d’experts au niveau de la province du Yunnan (Yunnan Clean Development Mechanism Service Center) qui mettent en œuvre une nouvelle méthodologie de comptabilisation des crédits carbones générés par les exploitations de bambous.
Cette méthodologie, développée avec l’appui technique de l’ONG TNC (The Nature Conservancy), a permis d’aboutir à la première transaction de crédits carbone portant sur les plantations de bambous en Chine. Cette transaction réalisée en mars 2011, s’est vue décerner le premier label Panda, standard chinois sur le marché volontaire des crédits carbone qui a été développé par le China Beijing Environment Exchange et la bourse environnementale française Bluenext.
Cette initiative chinoise exemplaire et inédite a suscité beaucoup d’intérêt des participants des autres pays présents en raison de son potentiel de réplication à terme dans d’autres pays d’Asie, voire en Afrique.
(Photographies de la visite de terrain au Cambodge le 27 avril 2012. Crédit AFD. TANG Yan)
Plateau des Guyanes - Bilan positif pour le projet de gestion durable des ressources naturelles en partenariat avec le WWF
Le comité de pilotage du projet s’est réuni une dernière fois au Suriname pour faire le point sur quatre années d’actions en faveur des écosystèmes du Plateau des Guyanes. Bilan plus que positif pour ce projet emblématique de protection de la biodiversité.
En 2008, le WWF lance un projet de gestion durable des ressources naturelles sur le Plateau des Guyanes financé à hauteur de 19 % par le FFEM. Il concerne la Guyane, le Suriname, le Guyana et le Brésil (Etat de
l’Amapá). Le projet visait à assurer une protection durable des écosystèmes forestiers et marins et à préserver les services environnementaux rendus par ces différents écosystèmes aux populations locales.
Le comité de pilotage final du projet, auquel étaient représentés l’AFD et le FFEM, s’est tenu les 6 et 7 mars à Paramaribo au Suriname. Il a été l’occasion de revenir sur ses réalisations et ses succès.
Les actions ont été menées principalement sur les thématiques de la gestion des aires protégées, la réduction des impacts liés à l’orpaillage, la gestion forestière durable, ainsi que la gestion et la conservation des écosystèmes aquatiques et des espèces.
A destination des gouvernements (règlementation, renforcement des capacités), des entreprises et des agences nationales (amélioration des pratiques et éco-certification, sites pilotes, formations à l’écotourisme) ou encore des communautés locales (travail sur une meilleure utilisation des ressources dont elles dépendent), ces opérations ont été accompagnées d’importantes actions de communication, de sensibilisation et d’éducation.
Le projet a permis des avancées positives vers des pratiques d’exploitation aurifère sans mercure ou encore sur la mise en place de processus REDD+.
De nouvelles aires protégées ont été créées et les connaissances environnementales ont été nourries par la production d’études scientifiques.
De nombreux ateliers d’échanges entre territoires ont également été organisés. En conclusion, une véritable prise de conscience sur la conservation de l’environnement est apparue à l’échelle de la région.
Le FFEM poursuivra à l’avenir ses actions sur le Plateau des Guyanes, notamment à travers sa participation au projet de plate-forme régionale de développement de REDD+.

