Le changement climatique complique les efforts de réduction de la pauvreté, en causant des dommages de plus en plus fréquents et graves dans des zones économiquement précaires, et en introduisant la nécessité d’une trajectoire de développement sobre en carbone.
Actualités
L’efficacité énergétique : la première source locale d’énergie
Dans un contexte de dépendance quasi-totale de l’Autorité palestinienne pour son approvisionnement électrique et en produits pétroliers, l’efficacité énergétique est vue comme un « gisement énergétique », au même titre que les énergies renouvelables. Un premier programme financé par l’AFD et le FFEM, démarré en 2009 a permis d’identifier le potentiel d’économies d’énergie sur plusieurs secteurs. Un atelier de restitution des conclusions de ce programme a été organisé le 24 janvier dernier, à Ramallah. Puis une délégation palestinienne, menée par le ministre palestinien de l’Energie, s'est rendue à Lyon pour présenter l'« l’Initiative Solaire Palestinienne » au Salon des énergies renouvelables.
Entre enjeux financiers et maîtrise de l’énergie
L’efficacité énergétique est devenue une priorité pour l’Autorité palestinienne depuis quelques années. Vue tout d’abord comme un levier d’action principal pour permettre la réalisation d’économies, elle a désormais une place centrale dans la politique énergétique menée par l’Autorité palestinienne de l’énergie (PEA).
L’Autorité palestinienne a en effet accumulé de lourdes dettes dans le secteur énergétique car elle essuie celles des sociétés de distribution et des municipalités (dû à des impayés de la par de ces dernières) auprès du fournisseur israélien. Ce phénomène, appelé net lending* est un des enjeux majeurs pour l’Autorité palestinienne car il est estimé à près de 300 M$ pour 2012, dont au moins 40% dus à la facture électrique.
Au-delà de ces aspects économiques, PEA a pris conscience de la nécessité de maîtriser la demande énergétique palestinienne vis à vis de l'extérieur et donc de renforcer ses ressources propres. Au premier rang de ces ressources, se retrouve bien entendu l'énergie solaire, notamment chez les particuliers (chauffe-eau solaire, par exemple).
Un potentiel important identifié dans différents secteurs économiques
La maîtrise de la demande passe également par les mesures d'efficacité énergétique.
Un premier programme financé par l’AFD et le FFEM, démarré en 2009 et actuellement en cours de finalisation, a permis d’identifier le potentiel d’économies d’énergie sur plusieurs secteurs (bâtiments publics, industries…) grâce à la mise en place d’une structure qualifiée au sein de PEA pour mener à bien la batterie d’audits nécessaire à ce premier diagnostic national.
Les Territoires palestiniens font partie des pays du Moyen-Orient les plus volontaristes sur ces questions et a d’ailleurs signé en 2012, sous l’impulsion de la Ligue arabe, un plan national d’efficacité énergétique qui fixe un objectif de réduction de la consommation énergétique à 5% d’ici 2020.
Le potentiel identifié est assez conséquent, avec une moyenne de 18% pour le public et sur le secteur de l’industrie.
Formation à l'éfficacité énergétique
Les économies réalisées permettent, en outre, une meilleure gestion des sociétés de distribution, une anticipation de l’accroissement de la demande des années à venir et donc l'amélioration de la qualité de service.
Un atelier de restitution des conclusions de ce programme a été organisé par l’équipe efficacité énergétique, le 24 janvier dernier, à Ramallah.
Frédéric Desagneaux , le Consul Général de France, en compagnie du Dr Omar Kittaneh, Président de l’Autorité Palestinienne de l’Energie, en ont fait l’ouverture, rappelant l’importance de ces questions tant au niveau national que dans le contexte environnemental international.
Frédéric Desagneaux a réitéré à cette occasion le soutien de la France à l’Autorité palestinienne sur cette question majeure, en annonçant l’instruction en cours d’une seconde phase qui vise à mettre en œuvre à plus grande échelle les mesures identifiées lors de la phase 1.
Ouverture de l’atelier par la Responsable Communication
de l’équipe Efficacité Energétique du PEA
Des outils financiers innovants pour une mise en œuvre pérenne
En effet, forte des résultats des premiers audits, l’équipe efficacité énergétique de PEA, en collaboration avec l’Agence AFD de Jérusalem, a défini de nouveaux mécanismes de financement. En partenariat avec les secteurs public et privé, ces outils financiers, visent à favoriser une démarche d’investissement de long terme au profit de l’efficacité énergétique.
Cet atelier a permis à l’équipe de présenter à une large communauté d’acteurs économiques (ministères, universités, industries, banques, distributeurs d’électricité, organismes publics, …) les modalités de ces outils financiers, incitation à l’investissement.
Dans le secteur public, la mise en place d’un fonds réabondé par les institutions bénéficiaires sur la base d’une partie des économies réalisées (« fonds revolving »), offrira au ministère des Finances à la fois l’investissement initial nécessaire (porté par l’AFD) et l’autonomie budgétaire pour continuer à investir sur l’ensemble du parc immobilier. En premier lieu sont ciblés les hôpitaux et les écoles où les sources d’économies les plus importantes ont été identifiées.
Dans le secteur privé, si les entreprises sont conscientes du gisement d’économies que représente l’efficacité énergétique, rares sont celles qui investissent, faute de liquidités.
Afin de tester l’intérêt des entreprises, il est proposé de mettre en place une subvention à l’investissement d’un montant équivalent à une baisse du taux d’intérêt d’un prêt contracté par l’entreprise auprès de banques partenaires (équivalent d’un prêt à taux 0).
Les modalités de ces deux mécanismes financiers novateurs sont actuellement en test sur deux projets pilotes avant d’être déployés plus largement lors du second programme.
Présentation des effets économiques du programme
Il est attendu que ce projet puisse créer une émulation au profit de l’efficacité énergétique, incitation à l’investissement, et pourquoi pas à terme création d’un nouveau marché, de façon à aider l’Autorité Palestinienne à répondre à ses objectifs nationaux en termes de réduction de la consommation énergétique.
De g. à d. Hervé Conan (Directeur de l’Agence de Jérusalem), Dr. Omar Kittaneh (Président de PEA), Frédéric Desagneaux (Consul Général de France à Jérusalem)
Un renforcement des liens franco-palestiniens
A l’occasion du salon des énergies renouvelables qui s’est tenu à Lyon du 18 au 21 février dernier, une délégation composée du ministre palestinien de l’Energie et des spécialistes locaux des énergies renouvelables et efficacité énergétique ont été accueillis par la Région Rhônes-Alpes pour assister au salon.
Cette mission a été l’occasion pour la délégation de présenter « l’Initiative Solaire Palestinienne » et les projets décrits ci-dessus dans le domaine de l’efficacité énergétique devant un parterre d’experts français et d’initier des échanges d’expertise et future coopération. Les premières pistes concernent aussi bien le secteur de la formation en partenariat avec l’Institut National de l’Energie Solaire (INES), que le développement des relations économiques interentreprises, avec le soutien de la Mission Economique de Jérusalem.
Visite de la délégation à l’INES. De gauche à droite :
Mme Fiorini Bériot ( Directrice de la Direction Europe, Région Rhône-Alpes), M. Honoré (Chef de projet secteur transport et énergie durables, AFD), M. Joly (Directeur général, INES), Dr. O. Kittaneh (Ministre de l’énergie, PEA), M. Schaffer (Directeur du département formation, INES), Eng. Mobayyed (Directeur de l’unité efficacité énergétique, PEA), M. Abu Ata (conseiller juridique, BMIP), Eng. Abu Ghosh (Directeur de l’unité projet, PEA)
* net lending : il se définit comme l’ensemble des dépenses supportées par l’Autorité Palestinienne au nom d’autres entités (ici les compagnies de distribution d’électricité ou les municipalités), se traduisant par sous la forme d’une dette de ces entités auprès de l’Etat Palestinien.
"Plan solaire" : le Maroc à l'avant-garde de l'électricité verte dans la région
Le Maroc est doté d'une ressource solaire qui figure parmi les plus abondantes de la planète et ses zones désertiques sont particulièrement propices aux centrales solaires à concentration. La génération d'électricité propre et durable par ce type d'installation est aujourd'hui considérée comme une solution d'avenir. Consciente de l'enjeu, l'AFD finance le Plan solaire marocain, et entend ainsi contribuer au développement économique et social du Maroc, tout en réduisant significativement son empreinte carbone.
Prévenir l'impasse énergétique
Ne disposant que de ressources en énergie limitées, le Maroc dépend aujourd'hui à hauteur de 97% de l'approvisionnement extérieur. Cette forte dépendance aux importations énergétiques, combinée à la tendance haussière des cours des produits pétroliers, grève lourdement la balance commerciale et le budget de l'État. Une situation qui a conduit le gouvernement marocain à mettre en place un cadre réglementaire et institutionnel pour promouvoir la production d'électricité d'origine renouvelable.
En novembre 2009, le Plan solaire marocain a été lancé avec l'objectif de développer une capacité de production d'électricité à base d'énergie solaire de 2.000 MW minimum d'ici 2020, dans le respect de l’environnement. L'AFD a octroyé un prêt de 100 millions d'euros à la Moroccan Agency for Solar Energy (MASEN) sur un montant total de 630 millions d'euros prêtés par d'autres co-financiers : la Banque européenne d'investissement (BEI), le KfW , la Commission européenne (FIV), le Clean Technology Fund (CTF) et la Banque africaine de développement (BAD).
Les présents financements sont destinés à l'installation de la centrale de Ouarzazate, première phase du projet de développement d'un complexe d'énergie solaire. Sa capacité sera de 160 MW sur 500 MW. Celle-ci se situera à environ 10 km au Nord-Est de Ouarzazate et sera livrée en 2015. L'électricité verte produite sera destinée au marché local.
Tirer partie d'un taux d'ensoleillement exceptionnel
La première phase du programme de Ouarzazate comportera une centrale cylindro-parabolique d'une capacité de 160 MW avec un système de stockage thermique de 3 heures. La production annuelle d'électricité, pour une centrale de 160MW avec 3 heures de stockage, serait ainsi de 370 GWh dont 40% en heures de pointe et 60% hors heures de pointe.
En somme, ce projet permettra à terme de réduire la dépendance énergétique du Royaume et de renforcer sa capacité de production électrique, de réduire l'impact négatif des importations d'énergie fossile sur le budget et sur la balance commerciale, de maîtriser une ressource nationale au potentiel sous-exploité et de favoriser la création d'une nouvelle filière solaire au Maroc; et enfin, de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le Plan solaire (2 GW) permettra d'éviter l’émission d'environ 3,7 millions de tonnes de CO2. Pour la première phase de 160 MW, le bilan carbone peut être ainsi estimé à environ 270 000 tonnes d'équivalent CO2 évitées par an.
Carte d'irradiation solaire du Maroc : les principaux sites (source : MASEN )
Améliorer l'efficacité énergétique et développer les filières de production sobres en carbone
Le projet répond au second axe de la stratégie sectorielle « énergie » de l’AFD visant à décarboner la production d’énergie et à améliorer l’efficacité de son utilisation.
Dans ce cadre, l’AFD continue d’appuyer les technologies propres, notamment le solaire photovoltaïque ou le solaire thermodynamique à concentration ((Concentrated Solar Power, CSP), qui ne sont pas encore financièrement compétitives même si leurs coûts connaissent des baisses sensibles. Celles-ci doivent bénéfier d’un cadre institutionnel et règlementaire incitatif.
L’AFD s’attache à structurer des financements adaptés, facilitant la résorption de cet écart financier, en particulier dans le cadre d’initiatives publiques telles que le Plan solaire méditerranéen , le Programme de coopération pour les énergies renouvelable s (RECP) soutenu par l’Union européenne ou l’Initiative Paris-Nairobi . L'AFD entend ainsi appuyer l’émergence de ces filières dans des pays qui manifestent la volonté de les développer, dans une perspective de parité des coûts, à court ou moyen terme, avec les filières conventionnelles de production d’énergie. En outre, chaque filière présente des spécificités et des potentialités différentes selon les régions.
«La négociation internationale sur les changements climatiques reste un cadre indispensable pour dynamiser l’action »
À l'occasion de la 18e Conférence des Parties à Doha sur le climat et de la parution du Plan d'actions Climat 2012-2016 de l'AFD, Pierre Forestier, responsable des opérations Climat, nous révèle les enjeux de la conférence et le rôle que va y tenir l'AFD.
Que peut-on attendre de la COP de Doha ?
Pour obtenir davantage d'éléments de compréhension sur les enjeux complexes des négociations du COP18 et l'ampleur de la tâche à accomplir, consultez la Note de décryptage de l'Institut de l'énergie et de l'environnement de la Francophonie (IEPF), réalisée par Pierre Radanne et son équipe.
Conférence de presse : Lancement international du Sommet de Bogota "Villes et changement climatique"
Suite aux graves inondations de 2010 et 2011, la société colombienne a pris conscience de l'urgence climatique et de la nécessité pour ses villes de s'adapter au changement et de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Les différents acteurs de la transformation urbaine souhaitent porter ce débat national à l'échelle de l'Amérique latine et ainsi promouvoir des villes résilientes, moins émettrices et plus solidaires.
La mairie de Bogota, l’Ambassade de France en Colombie, l’AFD, la CAF, la Fondation Avina, la banque FINDETER, et le groupe de presse El Tiempo, en partenariat avec d’importantes institutions colombiennes et internationales, organisent un Sommet international à Bogota sur les « Villes et le Changement Climatique », les 19, 20, et 21 novembre 2012.
Dans le cadre de la Conférence des Nations Unies Rio +20, le lancement international du Sommet aura lieu le 21 juin à l’occasion d’une conférence de presse organisée à 18h00 sur le pavillon France.
Affiche de la conférence de presse qui s'est tenue à Rio de Janeiro durant le sommet
Cet événement, qui se déroulera le 21 juin de 18h00 à 19h00, heure locale, est réalisé en partenariat avec la mairie de Bogota, l’Ambassade de France en Colombie, la CAF, la Fondation Avina, la banque FINDETER, et le groupe de presse El Tiempo.
Les intervenants de cette conférence de presse
- M. Diego Bravo, représentant spécial du Maire de Bogota
- M. Hector Velasco Perroni, Directeur Environnement du district fédéral de Mexico
- M. Ricardo Jimenez, de la Fondation Ciudad Humana
- M. Jacques Moineville, Directeur délégué de l'AFD
- ainsi que des représentants de la CAF, de la Fondation Avina et de Findeter
La Réunion et Maurice : des territoires insulaires engagés dans le développement durable
Plus de cent personnes ont participé, le 6 juin dernier, à l’atelier sur la Maîtrise de la Demande en Energie (MDE) dans les secteurs industriel et tertiaire, organisé à Maurice par l’AFD et les représentants du secteur privé mauricien et réunionnais, le Joint Economic Council of Mauritius et l'Association pour le développement industriel de la Réunion.
Favoriser le dialogue public-privé
Industriels, hôteliers et institutionnels réunionnais et mauriciens se sont réunis pour évoquer les solutions concrètes existantes en matière d’efficacité énergétique en présence de hautes personnalités locales dont le ministre de l’enseignement tertiaire et de la recherche de Maurice.
En démontrant des gains chiffrés importants, tant pour la facture énergétique nationale et que pour celles des entreprises, l’atelier a été l’occasion de réfléchir sur des pistes possibles pour un plan d’actions dans le domaine de la Maîtrise de la demande en énergie à Maurice et sur les synergies possibles avec La Réunion.
Après la restitution de la cartographie du potentiel d’efficacité énergétique en industrie et dans le secteur tertiaire à Maurice, l’atelier s’est poursuivi par des ateliers thématiques dédiés aux études de cas et aux échanges de bonnes pratiques sur les thèmes des systèmes vapeur, de la production de froid et des bâtiments tertiaires. Des visites de site ont été organisées le lendemain pour les représentants du secteur privé.
De gauche à droite : Jérôme Isautier (Pst ADIR), Laurence Breton-Moyet (Dir. AFD Maurice), Françoise De Palmas (SG ADIR), Marc Dubernet (Dir.AFD Réunion), Raj Makoon (Dir. JEC), Renganaden Padayachy (economiste Mauritius CCI), Maurice Cerisola (Pst La Réunion Economique), Gilbert Espitalier-Noël (CEO ENL Property), Vincent d’Arifat (Pst. AMN)
Une coopération renforcée entre les îles sœurs
Cette initiative est le résultat de la dynamique d‘échanges et de partage de savoirs-faires entre les opérateurs des deux îles qui s’amplifient depuis deux ans sur la thématique de la maîtrise de la demande en énergie.
Avec la signature de l’accord intergouvernemental sur le développement durable et la maîtrise de l’énergie entre la France et Maurice en janvier 2011, les projets de coopération entre les deux îles se sont multipliés avec l’appui de l’AFD et du Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM).
Cet accord, coordonné par l’ADEME Réunion, rassemble des prestataires publics et privés spécialistes de ces questions sur l’île de La Réunion, permettant un transfert de savoirs-faires et de bonnes pratiques aux partenaires mauriciens. Dans ce cadre, on peut citer par exemple les actions suivantes :
- les appuis d’EDF au Central Electricity Board (CEB) pour l’élaboration des documents d’appel d’offres sur le développement du photovoltaïque à Maurice,
- les appuis de l’ADIR au JEC pour l’établissement d’un pré-diagnostic énergétique dans les industries mauriciennes,
- les appuis de l’ADEME et des experts réunionnais dans la formation d’architectes publics mauriciens ainsi que ceux de l’ARER au Ministère de l’énergie mauricien pour la mise en place d’un observatoire de l’énergie, l’Energy Efficiency Management Office (EEMO),
- la mise à disposition d’un Volontaire du Progrès de l’ADIR avec le soutien de la Région Réunion auprès de l’Association of Mauritian Manufacturers (AMM), pour soutenir l’animation de la démarche de maîtrise de l’énergie en milieu industriel.
Un événement commun à la Conférence Rio + 20
Plus largement, des synergies se dégagent entre les projets de société fondant une approche durable du développement à Maurice comme à La Réunion, nommés Maurice Ile Durable (MID) et GERRI (Grenelle de l’environnement à la Réunion – Réussir l’innovation).
Dans le cadre de la conférence sur le développement durable Rio + 20, l’AFD proposera un atelier de haut niveau le 21 juin à l’espace conférences du Pavillon France sur les expériences parallèles de ces deux îles et leurs axes de coopération afin d’illustrer les opportunités concrètes qui existent, tirer les leçons des contraintes et difficultés qui jalonnent ces processus et dégager des pistes de réflexion pour le futur de ces îles.
Pour en savoir plus sur l'AFD et Maurice Ile Durable
Séminaire international sur les crédits carbone et la gestion durable des bambous en Asie
Faisant suite à une première rencontre qui s’était tenue dans la province chinoise du Yunnan en mai 2011, la conférence de Phmom Penh, au Cambodge, du 26 avril a permis aux experts et opérateurs présents de partager leurs expériences et d’échanger sur les meilleures pratiques et techniques de plantation, pour une gestion durable du bambou, selon les spécificités du pays concerné.
Gestion durable des bambous et crédits carbone
Dans le cadre du projet « Carbone Rural » du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), l’AFD en partenariat avec l’Administrative Center for China’s Agenda 21 (ACCA21), agence d’exécution des projets de coopération internationaux dépendant du Ministère chinois des Sciences et Technologies, a organisé les 26 et 27 avril 2012 à Phnom Penh (Cambodge) un séminaire international sur les crédits carbone et la gestion durable des bambous.
Des experts venus de France, de Chine, d'Inde, du Vietnam et du Cambodge
Cette rencontre présidée lors de la journée d’ouverture par M. Khong Sam Nuon, secrétaire d’Etat du Ministère de l’Environnement du Cambodge, a rassemblé de nombreux experts de différents pays (Chine, Cambodge, France, Inde et Vietnam) ainsi que des représentants de plusieurs institutions internationales, notamment la FAO (Food and Agriculture Organisation), INBAR (International Network for Bamboo and Rattan), ainsi que des ONG telles que WWF et GRET, des représentants du monde académique et des consultants spécialisés (NEXUS, Carbonium).
L'expérience de la Chine reproductible ?
Ces échanges techniques ont également porté sur l’expérience de la Chine en matière de valorisation des réductions d’émissions de CO2 pour ses plantations de bambous et des méthodologies développées en matière de valorisation des crédits carbone dans le cadre des projets pilotes soutenus par le groupe de l’AFD et le FFEM en partenariat avec l’ACCA21.
Une initiative de valorisation des crédits carbone dans les zones rurales en Chine a, en effet, été développée dans le cadre d’un projet pilote FFEM intitulé « Carbone Rural » approuvé en juillet 2010.
Ce projet a permis de mettre en place des centres d’experts au niveau de la province du Yunnan (Yunnan Clean Development Mechanism Service Center) qui mettent en œuvre une nouvelle méthodologie de comptabilisation des crédits carbones générés par les exploitations de bambous.
Cette méthodologie, développée avec l’appui technique de l’ONG TNC (The Nature Conservancy), a permis d’aboutir à la première transaction de crédits carbone portant sur les plantations de bambous en Chine. Cette transaction réalisée en mars 2011, s’est vue décerner le premier label Panda, standard chinois sur le marché volontaire des crédits carbone qui a été développé par le China Beijing Environment Exchange et la bourse environnementale française Bluenext.
Cette initiative chinoise exemplaire et inédite a suscité beaucoup d’intérêt des participants des autres pays présents en raison de son potentiel de réplication à terme dans d’autres pays d’Asie, voire en Afrique.
(Photographies de la visite de terrain au Cambodge le 27 avril 2012. Crédit AFD. TANG Yan)
