L’eau, un bien public mondial sous pression
Domaine d'action majeur de l'AFD, l'action en matière d'eau et d'assinissement se concentre autour de trois axes principaux que sont l'accès à l'eau potable, l'assainissement et la gestion de la ressource. Pour atteindre ses objectifs, l’agence mobilise une palette d'outils d’interventions complémentaires.
Actualités
Abril en Ciencias, Historias del Agua : L'AFD fête l’eau du 8 au 16 avril à Bogotá
L’AFD est fière de s’associer à l’Ambassade de France, le réseau d’Alliances Françaises en Colombie, l’Institut français, le Lycée français de Bogotá, Maloka, la Cinémathèque Distrital, et l’Université de Los Andes, pour fêter l’eau du 8 au 16 avril, à travers une série d’événements gratuits (projections, expositions, débats, ateliers) en Colombie. L’événement propose au grand public de découvrir les enjeux de développement liés à l’eau et à la préservation des ressources hydriques.
Dans le cadre de l’année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau de l’ONU, l’AFD s’est associée à de nombreux partenaires colombiens afin de mettre en place une série d’événements culturels autour de la thématique de l’eau dans le cadre d’ « Abril en Ciencias », une nouvelle façon d’aborder les enjeux de développement à travers des rendez-vous grands publics gratuits, qui se tiendra chaque année au mois d’avril.
Des expositions, des conférences, des projections de longs et courts métrages et des ateliers ouverts à tous prendront place du 8 au 16 avril à Bogota (voir calendrier ci-dessous).
Le rendez-vous se prolongera tout au long du mois d’avril sur la page Internet de l’événement avec la diffusion online de films sur la thématique de l’eau.
L’AFD est particulièrement impliquée dans le secteur de l’eau en Colombie : elle soutient ainsi la Politique Nationale de Gestion Intégrée des Ressources en eau, à travers un appui budgétaire de 100 millions de dollars sous forme de prêt (signature de la convention le 10/12/2012), en cofinancement avec la banque latino-américaine de développement, la CAF, qui a apporté 20 millions de dollars. Afin de compléter cet appui budgétaire, l’AFD a mis en place une coopération technique (4.5 millions d’euros au total), financée grâce au niveau dispositif de l’Union Européenne LAIF, afin :
- d’appuyer le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MADS) et CORPOBOYACA dans la mise en place d’un plan de gestion « pilote » du lac de Tota, plus grand lac andin de Colombie, écosystème particulièrement menacé,
- de soutenir le MADS dans la définition de plans stratégiques des macro-bassins du Pacifique, de l’Orénoque et de l’Amazonie et
- d’appuyer les travaux de réhabilitation de la Maison du Salto de Tequendama en Musée de l’Eau entrepris par la Fondation Granja Ecológica El Porvenir.
L’événement est ainsi l’occasion pour l’AFD de faire découvrir son travail au grand public et de sensibiliser les communautés colombienne et française aux travaux de protection des ressources en eau qu’elle soutient activement.
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Calendrier de l’événement :
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Remporter la bataille de l’eau pour tous - Tribune de Dov Zerah
Le combat contre la soif peut être remporté, même dans les pays les plus pauvres de la planète. En vingt ans, 2 milliards de personnes dans le monde ont accédé à l’eau potable. Cependant, le chemin est encore long avant l’accès universel : 800 millions de personnes ne disposent toujours pas d’un approvisionnement satisfaisant.
Comment remporter cette bataille de l’eau pour tous ? Les gouvernements du Sud doivent définir des cadres institutionnels précisant les responsabilités des acteurs, publics et privés, favoriser l’investissement et garantir la qualité du service. Des facilités pour payer le raccordement au réseau et des politiques tarifaires adaptées sont indispensables pour rendre accessible le prix de l’eau aux populations les plus démunies.
Cette bataille a un coût, et il est élevé. Les Etats du Sud en financeront la majeure partie mais l’aide demeure un soutien indispensable. La communauté internationale doit aussi inciter les pays en développement à accentuer leurs efforts en faveur du traitement des eaux usées. Aujourd’hui, le tiers de la population mondiale n’a pas accès à des toilettes décentes. Il s’agit d’un enjeu majeur de santé publique, trop souvent délaissé par les pouvoirs publics.
Cette tribune de Dov Zerah, directeur général de l'AFD, est parue le 22 mars 2013 dans le quotidien Metro à l'occasion de la journée mondiale de l'eau.
Le droit à l’eau : quelle mise en œuvre effective après sa reconnaissance internationale ? Conférence le 14 mars
En 2010, le droit à l’eau potable et à l’assainissement a été reconnu comme un droit de l’homme par l’Assemblée générale des Nations Unies. En dépit de cette reconnaissance internationale, de nombreux progrès restent à accomplir : plus de 10 % de la population mondiale (783 millions de personnes, dont 40 % en Afrique subsaharienne) n’a toujours pas accès à l’eau potable, et 2,5 milliards de personnes manquent de toilettes décentes.
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« La crise actuelle de l’eau est surtout une crise de gouvernance »
A l'occasion de l'année internationale de la coopération dans le domaine de l'eau, trois questions à Cassilde Brenière. Gouvernance, manque de considération pour l'assainissement, Objectifs du millénaire pour le développement, l'expert de l'AFD remet en question nos certitudes.
Quel est l’enjeu majeur de l’eau aujourd’hui ?
Aujourd’hui, la crise de l’eau n’est pas due à un problème de disponibilité de la ressource eau (sauf dans certaines régions, bien sûr). C’est essentiellement une crise de gouvernance. Ainsi alors que les solutions techniques pour fournir l’accès à l’eau sont connues et ont fait leur preuve, les difficultés résident en général dans la définition des rôles et des acteurs, le renforcement de leurs compétences et la disponibilité des moyens financier pour maintenir les ouvrages sur le long terme.
Un gros travail reste à faire pour améliorer cette gouvernance et pourvoir un service durable. La France, à travers l’AFD, défend un modèle multi-acteurs, composé de trois piliers : la collectivité (Etat, collectivité locale) propriétaire des réseaux ; l’opérateur, en charge de la maintenance du réseau, de la facturation, etc., et enfin la société civile (ONG, associations d’usagers, etc.). Ce dernier pilier peut avoir un impact fort sur l’amélioration de la gouvernance du système.
A l’approche de 2015, que peut-on dire des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) concernés par l’eau et l’assainissement ?
Il faut distinguer eau et assainissement.
L’objectif Eau est atteint. Mais il convient de faire deux remarques.
Tout d’abord, c’est un résultat global, mondial, porté par les résultats des pays émergents tel que la Chine ou l’Inde qui ont même dépassé les objectifs. L’OMD est loin d’être atteint dans les pays les plus pauvres, l’Afrique sub-saharienne, Haïti ou certains pays d’Asie du sud-est.
D’autre part, il ne s’agit pas d’un objectif d’accès à l’eau potable permanent stricto sensu mais d’un accès à un point d’eau amélioré, c'est-à-dire non partagé avec les animaux.
En revanche, l’assainissement est le parent pauvre du secteur. Nous sommes loin des objectifs du millénaire. Les raisons sont multiples. Au premier rang de celles-ci, le manque de demande de nos partenaires du Sud. Autant les bénéficiaires comprennent pourquoi l’accès à l’eau est primordial, et sont prêt à financer un meilleur service, autant la prise de conscience de l’importance de l’assainissement dans la lutte pour la santé et pour un meilleur environnement - et accessoirement pour une meilleure qualité de vie -, n’est pas encore faite.
Même les gestes élémentaires d’hygiène, tel que le lavage des mains, des aliments ou de la vaisselle avec une eau traitée, ne sont pas acquis. Ainsi, parallèlement au financement de la construction et du fonctionnement d’infrastructures, nous accompagnons les campagnes de sensibilisation menées par nos partenaires.
Que peut apporter le statut « Année de la coopération dans le domaine de l’eau » à votre action ?
Si l’objectif est de permettre une plus grande prise de conscience par le grand public et les décideurs, à quand une année de l’assainissement ? Car si on se rend compte que l’accès universel à l’eau est devenu possible au vu des progrès déjà réalisés, celui à l’assainissement est encore loin et une prise de conscience générale est indispensable.
A savoir :
Le montant des engagements de l’AFD dans le domaine de l’eau et de l’assainissement s’élève à 500 millions d’euros en 2012. 50 % de ces montants sont destinés à l’Afrique sub-saharienne, essentiellement pour des projets d’amélioration de l’accès à l’eau et à l’assainissement et 30 % à la zone Méditerranée, principalement pour des projets de gestion durable de la ressource. Dans les pays émergents, l’AFD finance surtout des projets d’épuration de l’eau.
L'eau et l'assainissement au Togo : un secteur prioritaire pour la santé de la population
La composante « appui à la gestion des points d’eau et la promotion de l’hygiène » du projet vise :
- la mise en place et l’accompagnement des systèmes de gestion des points d’eau, en application de la Politique nationale d’accès à l’eau potable et à l’assainissement en milieu rural
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les actions de sensibilisation et de promotion de l’hygiène afin d’améliorer durablement les conditions de vie des populations de la région.
► Le Programme d’appui à la Société togolaise des Eaux, (11 M€, 2009-2013), qui contribue à l’amélioration du niveau d’accès à l’eau potable de la population de Lomé, notamment dans les quartiers Nord et Est de la ville. Le projet prévoit une série de travaux d’infrastructures qui permettront d’augmenter la capacité de production d’eau potable de la TdE et de réhabiliter les réseaux urbains endommagés.
► L’AFD a également étroitement accompagné la réforme du sous-secteur de l’eau potable en milieu urbain à travers le financement d’une assistance technique en appui à la Cellule interministérielle en charge de la réforme, ayant notamment permis d’opérationnaliser la Société de Patrimoine de l’Eau nouvellement créée.
► On notera également le soutien de l’AFD au gouvernement dans la mise en œuvre de la stratégie de «
Gestion intégrée des ressources en eau
» (GIRE) a travers la mise en œuvre d’un outil informatisé de connaissance de la ressource en eau du bassin sédimentaire côtier, destiné à une utilisation plus équilibrée de la nappe ; et à travers l’appui à l’élaboration des décrets d’application du Code de l’eau dont plusieurs ont été récemment adoptés en Conseil des Ministres.
«La négociation internationale sur les changements climatiques reste un cadre indispensable pour dynamiser l’action »
À l'occasion de la 18e Conférence des Parties à Doha sur le climat et de la parution du Plan d'actions Climat 2012-2016 de l'AFD, Pierre Forestier, responsable des opérations Climat, nous révèle les enjeux de la conférence et le rôle que va y tenir l'AFD.
Que peut-on attendre de la COP de Doha ?
Pour obtenir davantage d'éléments de compréhension sur les enjeux complexes des négociations du COP18 et l'ampleur de la tâche à accomplir, consultez la Note de décryptage de l'Institut de l'énergie et de l'environnement de la Francophonie (IEPF), réalisée par Pierre Radanne et son équipe.

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