Promotion d'une agriculture compétitive et durable au Sénégal
Contexte
Confrontée à une transformation en profondeur liée à un double processus de libéralisation externe (prise en compte des réglementations ou accords multilatéraux : OMC, UEMOA, accord de Cotonou) et interne (désengagement de l’Etat, privatisation), l’agriculture sénégalaise a du se moderniser pour s’ouvrir sur l’extérieur et s’intégrer davantage au marché mondial. Cela a entraîné dans le court terme une désorganisation des principales filières et des services agricoles.
Cette situation de crise structurelle que les différentes politiques mises en œuvre n’ont pas su enrayer, a suscité une volonté partagée de réformer et moderniser le secteur agricole. C’est dans ce contexte que la Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastorale (LOASP) a été élaborée en concertation avec les divers acteurs du secteur rural et de la société civile. Elle a été votée à l’Assemblée Nationale le 25 mai 2004 et promulguée le 4 juin 2004. Elle constitue désormais le cadre légal de développement de l’agriculture sénégalaise pour les 20 prochaines années, à travers la modernisation de l’exploitation agricole familiale et la promotion de l’entreprenariat agricole et rural.
Des orientations claires et fortes sur des sujets majeurs, qui engageront à long terme l’ensemble des acteurs ruraux, seront prises dans les textes d’application. La DAPS, en collaboration avec le Cabinet du Ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique (MAH), est chargée de coordonner et de suivre les activités de mise en œuvre de la LOASP.
Dans cette perspective, la cinquantaine d’engagements pris par l’Etat dans le texte de loi a été regroupée en sept grandes thématiques. Un comité de pilotage animé par un chef de file et regroupant les administrations, les organisations professionnelles agricoles, la société civile, le secteur privé et les partenaires au développement, devrait être mis en place sous peu pour chacune d’elles afin de valider les expertises et les projets de textes, de décrets ou de lois. Les différents chefs de file devraient en être :
- le CNCR pour la thématique « reconnaissance formelle des métiers de l’agriculture » qui traitera des statuts juridiques des organisations professionnelles agricoles ;
- la DAPS pour la thématique « réforme foncière » qui, outre la définition d’une nouvelle politique foncière, traitera également des statuts juridiques des exploitations agricoles ;
- l’ANCAR pour la thématique « filières, marchés, interprofessions », qui s’intéressera à la reconnaissance des interprofessions agricoles et au renforcement de leur rôle ;
- la DAPS et la DIREL pour la thématique « Programme National de Développement Agricole et Programme National de Développement de l’Elevage » ;
- le bureau de la formation professionnelle agricole du MAH pour la thématique « renforcement des capacités et mesures d’accompagnement » qui travaillera notamment sur la formation aux métiers de l’agriculture (définition et mise en œuvre d’une Stratégie nationale de formation agro-sylvo-pastorale), sur le développement de la recherche et du conseil agro-sylvo-pastoral ainsi que sur le renforcement des capacités des organisations professionnelles agricoles ;
- le Ministère de l’Economie et des Finances pour la thématique « financement du développement rural » qui s’intéressera en particulier à la mise en place d’un Fonds National de Développement Agro-Sylvo-Pastoral (pour l’appui aux OPA, la recherche, le conseil et la formation agro-sylvo-pastoral) ;
- le Cabinet du Ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique (MAH) pour la thématique « institutionnalisation de la concertation ».
En novembre 2002, la coopération française (MAE) a lancé le projet FSP PACD, dans l’objectif de réduire la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie des populations rurales en rationalisant de façon durable les performances et la compétitivité de l'agriculture sénégalaise. Ce projet institutionnel a été transféré à l’AFD en mars 2005.
Descriptif du projet
Le PACD se propose d’appuyer les différents acteurs du monde rural en renforçant leurs capacités à s’impliquer dans les choix de stratégies de développement et dans les négociations commerciales internationales, et à remplir leurs nouvelles fonctions dans le cadre d’un paysage institutionnel recomposé, en mettant l’accent notamment sur l’adaptation aux marchés, la formation des producteurs et le renforcement des organisations professionnelles et interprofessionnelles.
La démarche du projet s’inscrit dans une perspective de développement durable, à travers la promotion d’une agriculture respectueuse de l’environnement et des consommateurs, et la constitution de partenariats viables et de dispositifs pérennes de formation, de conseil et de concertation impliquant l’ensemble des acteurs du monde rural, tant publics que privés.
La nature des services/appuis
Appui financier et mise à disposition d’une assistance technique internationale (4 postes)
Les outils mobilisés et les choix méthodologiques opérés
Les actions du projet s'articulent autour de deux composantes :
- Une composante « renforcement des capacités nationales à s’adapter aux marchés », comprenant un appui institutionnel aux instances chargées des négociations commerciales internationales relatives à l’agriculture, des actions dans le domaine de l’amélioration de la qualité des produits agricoles sénégalais, un appui à la promotion des exportations agricoles sénégalaises, ainsi qu’une meilleure valorisation des résultats de la recherche agronomique ;
- Une composante « renforcement des capacités des acteurs du monde rural », portant sur la mise en œuvre effective de la stratégie nationale de formation agricole et rurale, un appui aux démarches de concertation entre l’Etat et la profession agricole et un appui à l’émergence et au renforcement d’interprofessions agricoles au Sénégal.
- Enfin, une composante « management du projet » comprendra l’appui à la coordination du projet, son évaluation et un volet communication.
Placé sous la tutelle administrative du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, le projet prévoit la création d’un comité de pilotage, présidé par le directeur de cabinet du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, et regroupant les principales structures intervenant dans le cadre du projet.
Moyens mobilisés
Coût global : 3,5 millions d'euros
Financement AFD : 3,5 millions d'euros
Mode de financement : Subvention
