La croissance des villes constitue un des faits majeurs de ce début de millénaire. On compte près d'un million d'habitants en milieu urbain de plus par semaine. A l'horizon 2030, la population mondiale sera de 8 milliards, dont 5 milliards d'urbains. Cette croissance  concernera avant tout les pays relevant de l'aide au développement, dont les villes devront accueillir deux milliards d'habitants de plus en 25 ans.

À la une

La ville de Lomé s'engage pour une meilleure exploitation de son domaine public

08/04/2013

Conformément à son programme de réhabilitation du patrimoine municipal, dans le cadre des « Projets environnement urbain de Lomé » (PEUL I & II), la Municipalité de Lomé et l’AFD ont procédé le 3 avril dernier à l’inauguration des espaces de loisir et de détente aménagés le long de la plage de Kodjoviakopé, un quartier de Lomé, proche de la frontière avec le Ghana.

Pour rappel - Les Projets environnement urbain de Lomé (PEUL I & II), financés à hauteur de 13 M€, soit environ 8,5 milliards de FCFA par l’AFD, visent à lutter efficacement contre les inondations, à mettre en place une filière intégrée de gestion des déchets solides et enfin, à améliorer les capacités de mobilisation financière de la Municipalité de Lomé.
 
 
Améliorer la gestion du domaine public de la municipalité
 
La mairie de Lomé a mené récamment une opérations de désencombrement de la plage de Lomé pour mettre fin aux installations anarchiques (bars, gagottes, etc) et à l'insalubrité du milieu. En vue de trouver une solution alternative crédible et permettre aux petits opérateurs économiques de mener leurs activités aussi bien dans un environnement sain que dans un cadre légal, structuré, favorisant une meilleure collecte des taxes municipales, la mairie s'est engagée dans la réalisation, à titre expérimentale, des espaces aménagés le long de la plage de Lomé.
 
Au total, quatre paillotes d’une valeur de 33 000 €, soit environ 21 696 000 FCFA, ont été construites en matériaux traditionnels, le long de la plage de Kodjoviakopé. D’une superficie de 120 m2 chacune, elles sont électrifiées, équipée (eau, bacs à ordures, toilettes écologiques) et constituent des espaces de restauration, de détentes et de loisir.
 
Un des ouvrages réalisés  
 
L’objectif principal de ce programme d’aménagement du domaine public, est d’embellir la plage de Lomé à l’instar de celle des grandes villes côtières par une opération visant à produire des plus-values financières à la municipalité. 
 
Ce programme qui est une initiative expérimentale devrait permettre à la Mairie de Lomé de :
  • Maitriser la gestion des activités commerciales ayant lieu sur le domaine public ;

  • Maitriser l’hygiène et l’assainissement à la plage de Lomé à des fins environnementales et touristiques;

  • Créer des espaces commerciaux spécifiques, décents et réglementés aux opérateurs économiques de la ville pour accroître leurs activités;

  • Améliorer le recouvrement des taxes et loyers perçus sur les opérateurs économiques.

 
Rentabiliser l'exploitation des espaces publics
 
 A partir de cette expérimentation, la Municipalité de Lomé envisage répliquer ce mode d’occupation commerciale de l’espace public à l’ensemble des opérateurs économiques souhaitant exploiter ce type d’installation selon le cahier des charges établi par la Municipalité. D’autres opérations pilotes sont prévus dans le cadre du projet, ainsi qu’une étude portant sur le recensement exhaustif du domaine public de la ville.
 
Étaient présents à cette cérémonie, l’ambassadeur de France au Togo, Nicolas Warnery, le président de la Délégation spéciale de la Commune de Lomé, le Contre-amiral Fogan Adégnon et le directeur de l’AFD Lomé, Philippe Collignon. Ce fut également l’occasion de la signature des contrats de bail d’exploitation des sites aménagés entre la Municipalité de Lomé et les opérateurs économiques.
 
Coupure du ruban par le président de la Délégation spéciale de la commune de
Lomé et l'ambassadeur de France au Togo.
 
Les opérateurs économiques à la signature des contratc de bail des ouvrages.
 
© Photos AFD 2013 Noël Améblé


La mise en valeur du patrimoine urbain selon l'AFD présentée à la 75ème réunion des maires francophones à Vientiane

03/04/2013

L’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF) a organisé le 3 avril dernier à Vientiane une conférence sur le thème du « patrimoine urbain, de sa protection et de sa mise en valeur : quel rôle pour les responsables locaux dans la sous-région (Cambodge, Laos, Vietnam) ? ».

L’agence de Vientiane a ainsi pu présenter, grâce à l’appui de CLD (Clémence Vidal de la Blache), l’étude qu’elle a publiée en 2012 sur les « méthodologies d’évaluation économique du patrimoine urbain : une approche par la soutenabilité » en appliquant les résultats de cette démarche au cas très pratique de Luang Prabang où l’AFD intervient depuis 1998 avec plus de 11 M€ de subventions.

 Une définition opérationnelle et inclusive du patrimoine urbain a pu être mise en valeur avec ses quatre dimensions : économique (secteur productif et infrastructures), culturelle (archéologie, arts et artisanat, religion, etc.), sociale (capital humain, compétences et expériences, savoir-faire) et environnementale (ressources naturelles). La méthode d’évaluation économique promue par les auteurs s’inspire très nettement de l’évaluation du capital naturel, avec étude des stocks et des flux, et surtout prise en compte d’indicateurs non monétarisables.
 
Enfin, il a été mis en évidence, à la différence du capital financier traditionnel, le caractère irréversible d’un certain nombre de dégradations en matière de patrimoine urbain et les risques y associés qui empêchent la soutenabilité de l’approche et la transmission aux générations futures.
 

 

Une vingtaine de maires membres du Bureau de l'AIMF étaient réunis à l'occasion de la 75ème réunion à Vientiane



Approche comparée des évolutions économiques des Outre-mer français sur la période 1998-2010. Document de travail n° 13 1

13/03/2013

L’Outre-mer français, mise à part la Polynésie française, a connu au cours de la décennie qui a précédé la crise de 2008 une croissance économique remarquable portée par le secteur marchand. Malgré ce dynamisme, des retards en matière d’équipement, d’aménagement et de certains services publics, par rapport aux régions de métropole, subsistent. En Guyane et en Polynésie française, les gains de croissance sont plus faibles que l’accroissement de la population, d’où un PIB par habitant qui stagne. La crise économique récente, qui a touché fortement la plupart des territoires ultramarins, montre que cette croissance est fragile.
De Claude Parain (INSEE, La Réunion) et Sébastien Merceron (ISPF, Polynésie française). Contacts AFD : Virginie Olive et Françoise Rivière

La présente étude est une analyse comparative des données macroéconomiques disponibles pour les départements et collectivités d’Outre-mer sur la période 1998-2010. Les résultats ont été présentés le 25 novembre 2011, lors de la troisième conférence économique AFD-CEROM sur le thème : « Créer de la valeur ajoutée et de l’emploi en Outre-mer ».



Appui aux projets environnementaux des communes marquisiennes

11/12/2012

À travers la signature de deux conventions de crédit le 5 décembre dernier, en présence du Haut-commissaire de la République en Polynésie française, l’agence de Papeete renforce son appui technique et financier en faveur des projets environnementaux des communes marquisiennes de Tahuata et de Fatu Hiva. Des projets d'adduction d’eau et de production hydroélectrique, plus performants, économes et écologiques sont respectivement engagés dans les deux communes.

 

Un projet d'optimisation du service d'eau potable à Tahuata

L'AFD participe, aux côtés de l’État et de la Polynésie française à la mise en œuvre d’un service public d’eau potable dans la vallée de Hapatoni, à Tahuata, commune de 703 habitants. Ce projet permettra d’optimiser la performance des installations, d’améliorer la qualité de l’eau servie et de mettre en place à terme une facturation du service au coût réel.
 

vallée de Hapatoni 

 

Une nouvelle centrale à Fatu Hiva pour une électricité moins chère et plus écologique

Parallèlement, l’AFD accompagne le développement durable de la commune de Fatu Hiva (611 habitants) et la diminution de sa facture énergétique à travers le financement d’une nouvelle centrale hydroélectrique dans la vallée de Hanavave. Ce projet revêt un caractère particulier pour l’AFD car la Caisse Française de Développement avait financé, il y a près de 30 ans, un équipement utilisant le même procédé technique dans la deuxième vallée habitée de l’île (Omoa).

Ainsi, la combinaison des deux centrales hydroélectriques permettra à la commune d’utiliser ses ressources naturelles et son profil géologique pour étendre un mode de production d’électricité moins coûteux et plus écologique (près de 90% de production d’énergie d’origine renouvelable). Avec l’appui de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), un schéma de raccordement des deux centrales sera réalisé dans les prochains mois, renforçant la sécurité d’approvisionnement de la commune.
 

 



Urbanisation en Afrique : quelles solutions pour une croissance maîtrisée?

03/12/2012

La croissance urbaine en Afrique explose. D'une ampleur sans précédent, ce phénomène induit de hauts risques sociaux, économiques, environnementaux et sanitaires. Dans une interview vidéo, trois experts de l'AFD, François Tirot, Marie Bjornson-Langen et Samuel Lefèvre nous parlent de l'indispensable rattrapage de ces villes en services essentiels et de la nécessaire prise de conscience d'agir maintenant.

  

 

 

Un phénomène sans précédent

La croissance urbaine observée en Afrique est d'une ampleur sans précédent dans l'histoire et constitue l'un des enjeux majeurs du 21ème siècle.
L'on estime à 1,2 milliard le nombre d'habitants des villes en Afrique en 2050 alors que la moyenne était de 30 millions de citadins en 1960.
Le phénomène est d'autant plus préoccupant qu'il ne correspond pas à la croissance économique équivalente de ces villes.
En outre, une gestion urbaine généralement déficiente ou lacunaire induit une détérioration progressive de l'environnement, des rapports sociaux, des normes sécuritaires et sanitaires. 
Cette détérioration peut devenir source de tensions et de violences sociales, favoriser l'émergence d'une économie clandestine et la prolifération de l'insalubrité, facteur d'épidémies.

Des budgets qui ne sont pas à la hauteur des enjeux

Les collectivités locales engagées dans un rattrapage en matière de services essentiels,  voient leurs compétences, et donc leurs besoins, augmenter avec le mouvement de décentralisation actuel sans que leurs ressources augmentent.

La fluctuation des transferts de ressources de l’État, variables d'une année à l'autre, associée aux difficultés de recouvrement des impôts dues, entre autres, à une connaissance imparfaite de leur base (contribuables), privent les villes d'une partie importante de ressources financières potentielles.*

À titre d'exemple, alors que le budget par habitant et par an pour la ville de Paris est de 3620 €, celui de Dakar est de 41 €, celui de Kinshasa de 30€ et celui de Lomé, de 9€.

L'approche de l'AFD :  privilégier des projets "déclencheurs" de développement et une gestion autonome et durable des capacités  

L'approche de l'AFD part de la conviction qu'il est dangereux de laisser les villes se développer sans maîtrise et planification, car cela rend la jugulation des risques plus difficile et confronte les populations à des désagréments et situations précaires tels que la congestion, les embouteillages, l'apparition de bidonvilles, voire de "villes-poubelles", stigmates d'une urbanisation anarchique.

Parmi les axes d'intervention de l'AFD, figurent le renforcement de la capacité de maîtrise d'ouvrage permettant aux gouvernements locaux d'être en mesure de prendre en charge durablement leur croissance et leurs besoins en réhabilitation, et la mise à disposition de financements dédiés à leur budget de fonctionnement et d'investissement. 

L'AFD peut appuyer les programmes nationaux ou des projets de développement urbain durable identifiés via des prêts auprès des États pour financer, par exemple, des programmes municipaux, ou via des prêts qui seront rétrocédés à une collectivité locale. Lorsque la législation le permet, l'agence peut prêter directement à la collectivité locale. Elle peut enfin intervenir par subvention dans le cadre d'un renforcement de capacités dans le but de donner de meilleurs moyens de gestion des projets ou des programmes (formation à la gestion, équipements, etc).



Deux jours de débat sur la coopération régionale dans l'océan Indien

29/11/2012

Partager les expériences et échanger avec les acteurs et partenaires réunionnais autour des principaux thèmes de la stratégie de coopération régionale de l’AFD dans l’océan Indien, adoptée récemment, étaient les objectifs du premier séminaire des directeurs d’agence AFD de l’océan Indien, qui s'est tenu les 6 et 7 novembre derniers à Saint-Denis de La Réunion. Près de 80 personnes ont répondu présents pour débattre avec eux des enjeux de la coopération dans la région. 

►Téléchager les Actes et toutes les présentations du séminaire

Egalement aux côtés des directeurs des agences de Saint-Denis,  Port-Louis , Moroni , Mamoudzou  et Antananarivo , plusieurs représentants des départements Afrique et Outre-mer du siège de l'Agence à Paris ont fait le déplacement pour participer à cette rencontre cruciale pour les activités d’appuis de l'Agence à la coopération régionale dans l’océan Indien. Après une matinée en session interne, le groupe des représentants AFD a ouvert ses travaux aux acteurs de la coopération régionale dans le cadre de 8 ateliers thématiques.

Un champ de réflexion large : de la santé aux clusters régionaux

En débutant par la santé, le séminaire a entamé par un secteur prioritaire. La présentation du directeur du tout récent CHU de La Réunion  a suivi la présentation de la stratégie sanitaire régionale assurée par la directrice de l'Agence régionale Santé océan Indien. Enjeu majeur pour l'océan Indien, la recherche de synergies volontaristes dans le secteur sanitaire est en bonne voie. Après une présentation de la coopération éducative centrée sur le cas emblématique de Madagascar, un focus sur le rôle de la coopération décentralisée réunionnaise a ensuite clôturé la première journée. Le besoin de concertation entre ces initiatives a été notamment mis à jour.

Vue de la salle de conférence © AFD

 

Globalement, la seconde journée a été davantage centrée sur les problématiques de la coopération économique. Acteurs du secteur privé, partenaires publics et institutions au cœur de la coopération économique dans l’océan Indien ont notamment pu débattre des enjeux des financements européens dans la région grâce aux présentations de l'ambassadeur délégué à la coopération régionale et du secrétaire général aux Affaires régionales de la préfecture.

Les opportunités pour la région ont par ailleurs été rappelées par le secrétaire général de la Commission de l'océan Indien , qui a également saisi l'occasion pour préciser les principales priorités de l’institution dans le domaine économique.

Après ces ateliers orientés sur des éléments de stratégie régionale, les deux dernières sessions du séminaire ont été consacrées aux résultats opérationnels de la coopération économique : dans le domaine du tourisme, du développement durable ou des déchets.
 
 

Jean-Claude de L'Estrac, Secrétaire Général de la COI © J. Couriaut - AFD

 

Près de 80 participants sur deux journées

Avec près de 80 participants, un haut niveau de représentation et une couverture de l’événement par les médias locaux, le séminaire a rencontré un important succès.

Cette première édition s’est déroulée en introduction de la Conférence de coopération régionale océan Indien à laquelle a participé le directeur général adjoint, Didier Mercier, les 8 et 9 novembre 2012. Cette conférence était co-organisée par le ministère des Affaires étrangères et le ministère des Outre-mer et a été clôturée par Victorin Lurel, ministre des Outre-mer.
 
Les actes du séminaire  de l'AFD et les présentations des intervenants sont téléchargeables sur la page dédiée du site.


 
 
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