Burkina Faso : accès aux services essentiels des quartiers périphériques de Ouagadougou
Les enjeux urbains à Ouagadougou
Les effets cumulés de la croissance démographique et d’une politique de gestion des sols défaillante ont eu pour effet l'étalement spatial de la ville de Ouagadougou et le développement de zones périphériques d’occupation spontanée. Ces zones représentent aujourd’hui environ 40% de la superficie de la ville et abritent près de 300 000 habitants, soit un tiers de la population totale. L’importance de ces zones d’habitat spontané conduit aujourd’hui à réviser le mode de production foncière et à mettre en œuvre de nouvelles modalités de desserte en eau et d’équipements de ces quartiers.
Le projet
Financé à hauteur de 15 millions d'euros par une subvention directe de l'AFD à la commune de Ouagadougou, le projet comprend quatre composantes visant à apporter une réponse à plusieurs problématiques soulevées par le développement des quartiers périphériques spontanés :
- le désenclavement des zones les plus denses et l’amélioration des liaisons inter-quartiers,
- l’implantation de structures de desserte des zones spontanées ou non-structurées de manière à permettre leur équipement et densification ultérieure,
- l’extension du réseau d'adduction d'eau dans les quartiers non structurés, la réduction des standards techniques et le recours à des délégataires de gestion pour exploiter des micro-réseaux ainsi que l’extension du plan stratégique d’assainissement (PSAO),
- le renforcement de la concertation Commune - Ministère en charge de l’urbanisme (MIUH) - Concessionnaires dans le développement et l’aménagement des quartiers périphériques,
- le renforcement de la capacité d’intervention technique de la ville.
Composante 1 : Voirie structurante et drainage des quartiers périphériques
Cette composante a pour objectifs le désenclavement des quartiers et l’amélioration des liaisons inter-quartiers. Ces actions sont considérées comme prioritaires par les habitants des zones périphériques. Le choix des axes structurants à l’échelle du quartier ou de l’arrondissement a été validé par la Commune et les Arrondissements, avec le souci de ménager un certain équilibre entre les différentes parties de la ville.
Le programme finalement adopté porte sur environ 45 km de voies primaires, dont 18 km dans la zone non-structurée et dense de Bogodogo et le drainage correspondant. Les infrastructures de drainage ont été dimensionnées conformément au Plan directeur d’assainissement de 1999 ; la priorité est accordée au drainage latéral des voies et des écoulements dont la réalisation renforce l’accessibilité des quartiers.
Composante 2 : Desserte en eau et assainissement des quartiers périphériques
L’objectif de cette composante est d’appuyer l’ONEA (Office national de l’eau et de l’assainissement) dans l’extension de son réseau secondaire en direction des quartiers périphériques. Celle-ci est rendue possible dans tous les quartiers périphériques par la considérable remise à niveau du réseau de l’ONEA opérée dans le cadre du projet du barrage de Ziga. Sur le plan technique, cette extension se fera en cohérence avec la composante voirie, dans les grandes mailles des voies réhabilitées.
La moitié de la clientèle à desservir dans les années à venir est située dans les quartiers périphériques et dans les zones non loties. La satisfaction des besoins essentiels de cette clientèle dans des délais acceptables implique l’adoption par l’ONEA de solutions innovantes comme la réduction de ses standards techniques et délégation de gestion.
Cette composante comprend aussi l’extension du Programme stratégique d’assainissement de Ouagadougou (PSAO) à la zone du projet : promotion de l’assainissement autonome auprès des ménages et édicules publics.
Composante 3 : Equipements publics et aménagements de proximité
Cette composante vise à aménager des espaces publics d’accompagnement des infrastructures de voirie et d’eau potable réalisées et à stimuler la programmation d’équipements communautaires. Il s’agira de placettes, voies piétonnes, trottoirs, éclairage public, terrains de jeu, etc. Ces aménagements seront réalisés dans les mêmes zones d’intervention. Ils impliqueront une participation active des populations dans la validation des choix d’équipements proposés par le Projet et dans leur financement (contribution communautaire).
Composante 4 : Renforcement des capacités de la Mairie de Ouagadougou
Cette composante a pour objectif de renforcer la capacité d’intervention des services de la commune de Ouagadougou en matière de gestion urbaine, notamment au travers de l’exécution du Projet, dont le montant représente l’équivalent de dix ans d’investissement sur ressources propres. Elle comprend à la fois un appui technique ciblé d'un ingénieur conseil et de missions ponctuelles, intervenant sur les thèmes privilégiés par le Projet ainsi qu'un appui logistique. Ces appuis sont prioritairement apportés à la Direction des services techniques municipaux (DSTM), notamment en charge de l’entretien et de la maintenance des infrastructures urbaines de voirie et de drainage.
Cette composante bénéficiera également des actions de la coopération décentralisée de la communauté urbaine de Lyon – Grand Lyon et du Conseil général de la Vienne.
Elle s'inscrit enfin en cohérence avec l'assistance technique apportée par le ministère français des Affaires étrangères auprès de l'association des municipalités du Burkina Faso, qui devrait être prochainement renforcée par un FSP en cours d'instruction.
