Commerce et développement

Malgré des systèmes de préférences tarifaires et une ouverture déclarée, la libéralisation commerciale n’a pas vraiment porté ses fruits. La répartition de ses gains reste inégale et les différentiels de compétitivité continuent de se creuser pour les pays les moins avancés. Pour certains pays en développement, leur intégration sur le marché mondial ne progresse pas et les investissements directs étrangers n’affluent pas considérablement, en dépit des efforts déployés par les gouvernements.

Un accompagnement adéquat de la libéralisation pourrait permettre de relever les défis de l’insertion des pays sur les marchés.  Cette aide au commerce revêt des formes diverses : appui aux capacités productives, aux capacités d’analyses… En effet, plus que l’accès aux marchés, l’insuffisance des capacités productives est davantage responsable de la faible capacité exportatrice de ces pays. Par ailleurs, ces pays souffrent d’une faible capacité structurelle d’analyse en politiques commerciales (connaissances des opportunités de marché, des impacts économiques, sociaux et environnementaux des accords commerciaux…). Conséquence logique de la faible compréhension des enjeux, l’outil commercial n’est pas considéré par les PED comme un outil de développement. Hésitant à prendre des engagements, ils concluent tardivement les accords commerciaux, sans cohérence avec les orientations de leurs politiques macroéconomiques, fiscales et sectorielles. Les accords signés ne sont pas appropriés et sont mis en œuvre relativement tard. Outre le meilleur positionnement des pays et des régions sur les marchés locaux, régionaux et mondiaux, le renforcement des capacités d’analyses contribuerait à mieux cibler les bénéficiaires et à réhabiliter le lien entre commerce et réduction de la pauvreté. Ce besoin de renforcement des capacités d’analyses a été mentionné explicitement lors de la déclaration ouvrant le cycle de Doha en 2001.

Cette aide au commerce doit également aider les pays en développement à s’adapter aux nouveaux enjeux du commerce international : montée du régionalisme et du bilatéralisme, importance des barrières non tarifaires, hausse des prix agricoles, volatilité plus importante des cours…

L’AFD est un acteur majeur sur la scène française en matière d’accompagnement. Ses opérationnels appuient des programmes de mise à niveau ou de renforcement des capacités commerciales permettant de répondre aux enjeux de compétitivité. En termes stratégiques, l’AFD appuie également le renforcement des capacités d’analyses de manière durable dans les pays en développement : grâce à une solide coopération avec la Commission Economique pour l’Afrique, elle contribue à tisser un réseau d’experts africains en politiques commerciales.

Responsable de plus des trois quart de l’aide au commerce française, l’AFD cherche à renforcer l’efficacité de celle-ci, pour répondre à la fois aux objectifs assignés par la Déclaration de Paris et gérer l’augmentation de son aide au commerce. Pour ce faire, des réflexions, évaluatives comme prospectives, menées avec de nombreux partenariats voient le jour.

Chercheur référent

Marie-Cécile Thirion  

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16/07/2009
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