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L’AFD souhaite développer ses partenariats avec les collectivités territoriales, les associer à la préparation et la mise en oeuvre de ses projets, et à bénéficier de leur expérience et de leur expertise.

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Les actions engagées par l’AFD en partenariat avec les collectivités françaises s’inscrivent dans le cadre des orientations définies par la CNCD

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La Région Bretagne et l’AFD, partenaires pour le développement solidaire de la région Centre du Burkina Faso

26/02/2014

Le Président de la Région Bretagne, Pierrick Massiot, et la Directrice Générale de l’AFD, Anne Paugam, ont signé ce 26 février, en présence de Pascal Canfin, ministre du Développement, une convention financière visant à soutenir un projet de structuration d’une filière coopérative maraîchère, en région Centre du Burkina Faso. Un premier partenariat du genre pour l’institution financière publique.

 

Un projet-clé d’une filière maraîchère durable et économiquement viable

La convention porte sur le financement d’une partie du programme d’investissements lié au stockage et à conservation des produits maraîchers. L’AFD s’est engagée à contribuer à hauteur de 600 000 €, soit 56% du coût total du programme, estimé à plus d’1 M€.

La construction et la rénovation d’entrepôts de stockage constitue une étape clé dans la structuration d’une filière maraîchère bio au Burkina Faso, dont l’origine remonte à début 2010, date de la signature d’un accord de coopération entre la Région Bretagne et la Région du Centre du Burkina. Une coopération de long terme visant à organiser toute la filière : de l’amont (appui aux 6 coopératives maraichères locales, diversification des productions…) à l’aval (commercialisation), en passant par le maillon déterminant du stockage et de la conservation. L’objectif ? Augmenter significativement la qualité de la production maraîchère, que pratique une importante partie de la population active. L’histoire agricole de la Bretagne, son puissant secteur maraîcher, et son engagement dans nombre de coopérations économiques réussies ont fait de la Bretagne un partenaire privilégié pour accompagner ce projet stratégique, qui devrait permettre, in fine, de créer des milliers d’emplois, et de contribuer à assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire du territoire burkinabé. Accompagné par la Région Bretagne, c’est le Conseil régional du Centre du Burkina Faso qui assure la coordination de l’ensemble du programme, sur la période 2011-2015.


De gauche à droite : Anne Paugam, Directrice Générale de l’AFD, Pascal Canfin, ministre du Développement et Pierrick Massiot, Président de la Région Bretagne. Photo : Cyril Bailleul

 

Le financement de l’AFD permettra la rénovation complète d’entrepôts de stockage réfrigérés situés à Ouagadougou, et offrira à la filière maraîchère locale un outil indispensable pour la conservation des produits périssables (tomates, pommes de terre…) et leur commercialisation.

 

Utiliser l'expérience d'une région française pour appuyer une collectivité du Sud

L’objectif de ce montage est d’exploiter les avantages comparatifs de la coopération décentralisée et l’expérience d’une région française pour appuyer une collectivité du Sud dans son programme d’investissement.  Cette nouvelle modalité permet ainsi à l’AFD de répondre aux besoins de collectivités du Sud tout en laissant le soin à une collectivité française de mettre en place le dialogue technique.

Avec cette nouvelle approche, testée en lien avec le ministère des affaires étrangères, l’AFD entend répondre à une demande des collectivités françaises qui souhaitent que l’AFD accompagne leurs propres initiatives tout en les encourageant à construire, avec exigence, des projets d’envergure nouvelle.

Ce partenariat avec la Région Bretagne, ouvre ainsi pour l’AFD, un nouveau volet de son intervention avec les collectivités locales françaises. Depuis 2007, elle est partenaire de plus de vingt collectivités territoriales françaises, dont 8 Régions.

Lors de la signature, Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD a précisé : "La Facilité, que nous testons actuellement en lien avec le Ministère des affaires étrangères, représente une occasion unique de soutenir à la fois les collectivités du Sud dans le financement de leur investissement local et les collectivités françaises dans l’expertise technique qu’elles mobilisent au bénéfice de leurs partenaires. Elle permet à l’AFD, au travers des avantages de la coopération décentralisée, de renouveler ses formes d’appui aux collectivités locales des pays pauvres prioritaires et d’accompagner une dynamique de croissance durable et de création d’emplois dans ces territoires".

Le Président Massiot quant à lui s’est réjoui de cette première expérimentation entre la Région Bretagne et l’institution financière publique : "Je forme le voeu que cette expérimentation puisse devenir un dispositif financier à part entière, tant nos collectivités sont déjà amenées, et le seront encore plus, à jouer un rôle majeur pour conduire et porter des projets de développement concrets et à intérêts réciproques pour nos territoires, afin de répondre à nombre des considérables défis de notre planète" a-t-il exprimé.

La Région Bretagne conduit, depuis 2008, un programme de renforcement des filières agricoles en Afrique de l’Ouest, en partenariat avec l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). Elle est fortement engagée dans des coopérations en faveur du développement économique des territoires parmi les plus pauvres du monde : Burkina Faso, Haïti, Madagascar et Mali (filière coton bio équitable).



Brest au secours de la magnifique baie d’Halong

26/06/2013

La magnifique baie d’Halong (classée au Patrimoine naturel mondial par l’Unesco) est gravement menacée par les activités humaines. La ville de Brest va apporter son savoir-faire pour concilier développement économique, activités de pêche et protection de l’environnement dans la baie ainsi que dans celle de Bai Tu Long et dans l’estuaire de Hai Phong.

Une merveille naturelle menacée

Les activités humaines dont la croissance est exponentielle dans ces zones côtières menace provoque des pollutions qui représentent une grave menace pour le site : pollution de l’eau (eaux douces et marines) et des produits issus de l’aquaculture et de la pêche, réduction de la biodiversité, érosion accélérée des côtes, envasement des estuaires et des zones portuaires, destruction d’espaces protégés (mangroves, en particulier).
La protection de l’environnement tout en maintenant le dynamisme de  l'économie du tourisme et de l'économie halieutique et conchylicole locale sont les grands objectifs du protocole d’entente (MoU) signé entre la métropole urbaine de Brest et le Vietnam Administration for Seas and Islands – dépendance du ministère des ressources naturelles et de l’Environnementdu Vietnam.

Un « Contrat de baie » adapté au Vietnam

L'objectif du projet est la mise en place d'une approche globale de gestion intégrée des zones côtières sur l'estuaire du Fleuve Rouge et les deux baies.
La ville de Brest, plus précisément l’entité Brest Métropole Océane, et l’AFD ont signé un accord de principe pour le développement durable et l’amélioration des eaux des deux baies vietnamiennes d’Halong et de Bai Tu Long et de l’estuaire d’Hai Phong.
Cette amélioration aura un impact direct sur la protection de la biodiversité locale des magnifiques baies d'Ha Long, de Bai Tu Long et de l’estuaire de Haiphong, le dynamisme de  l'économie du tourisme dans la région et de l'économie halieutique et conchylicole locale
Ce contrat de baie*, sur l’exemple de la rade de Brest, va permettre aux populations locales de profiter des retombées de leur patrimoine naturel tout en le préservant.

Brest, ville pionnière en la matière

Brest est une ville pionnière en la matière, avec la mise en place du Contrat de Baie de la Rade de Brest signé en 1998 par l’État, la Région Bretagne, des Conseils généraux (Bassin concerné : Finistère, Côtes d’Armor et Morbihan), l’agence de l’eau Loire-Bretagne et la communauté urbaine de Brest portant le projet. Il fédère l'action sur 137 communes.
Brest métropole océane conduit depuis 2007 avec la ville province vietnamienne de Hai Phong une coopération décentralisée sur le thème de l'environnement marin et côtier, avec le soutien du ministère français de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer.
Dans le prolongement de cette coopération, le gouvernement vietnamien a sollicité I'AFD pour contribuer au projet d'appui au développement durable baies d'Ha Long, de Bai Tu Long et de l’estuaire de Haiphong.
L’appui de l’AFD dans le projet devrait se concrétiser à travers l’implication du Fonds français pour l’environnement mondial. La ville de Brest mettrait à disposition son expertise et son personnel pour permettre aux vietnamiens d’adapter le Contrat de baie à leur littoral et à la configuration administrative.

Bonne gouvernance, diagnostic et plan d’actions

Prochaines étapes :
- La conception et la mise en place d’une gouvernance appropriée, selon les principes aujourd’hui reconnus au plan international de Gestion intégrée des zones côtières.
- La réalisation d’un diagnostic de l’état environnemental des baies de Halong,  Haïphong, et Bai Tu  Long, diagnostic initial qui sera prolongé par la mise en place d’un outil de suivi de l’évolution de cet état environnemental (monitoring);
- L’élaboration d’un plan d’actions qui couvrira aussi bien la question des investissements à consentir que celle des renforcements de capacité à opérer ou celle des évolutions règlementaires à adopter.
Une autre dimension sera l’impact négatif du changement climatique sur le littoral vietnamien (catastrophes naturelles, montée des eaux et sécurité alimentaire).

Renforcement de capacités des acteurs vietnamiens

Compte tenu de l'expérience accumulée ces dernières années par Brest métropole océane en matière de collaboration avec Hai Phong et avec l'Institut vietnamien de I ‘environnement marin et des ressources (IMER), I ‘action de Brest métropole océane porterait essentiellement sur la mise en place un contrat d'estuaire à Hai Phong et d'un contrat de baies à Quang Ninh, assortis de plans d'actions préliminaires et d'une avancée sur la voie de la création d'un observatoire des milieux marins, insulaires et côtiers. Un mémorandum relatif à une vision commune pourrait être signé entre les deux provinces et cosigné par le ministère vietnamien de l’Environnement à l'issue du Projet.
Brest métropole océane pourrait ainsi intervenir dans le cadre de ses opérations de coopération décentralisée sous la forme de mise à disposition de temps de son personnel : cet apport permettrait de financer un temps partiel (à définir) de cadre territorial (en France et au Vietnam) au service du projet, dont les frais de voyage et séjours seraient pris en charge par le projet. Cet appui pourrait porter (liste donnée à titre indicatif) sur :
- le pilotage du Projet par l'unité de gestion du projet.
- le formatage des stratégies générales, des contrats de baies/estuaire préliminaires et des plans d'action, en lien avec l'assistance technique.
- un appui à la mise en perspective du projet de manière à en assurer la durabilité. Un appui à la mise en place opérationnelle des comités préparatoires et des groupes de Travail, en lien avec l'assistance technique.
Dans ce contexte, I'AFD envisage de demander l'appui du Fonds français de l'environnement mondial (FFEM) pour l'octroi d'une subvention de 1M€. Afin de préparer le possible octroi de la subvention envisagée, le FFEM a réalisé une étude de faisabilité technique et institutionnelle du projet, dont les orientations et préconisations restent à valider par le gouvernement vietnamien.
L'étude de faisabilité précise les conditions de mise en œuvre du projet et en particulier l'importance d'un partenariat avec Brest métropole océane au titre de la coopération décentralisée :
 - Valorisation de l'expérience déjà acquise par Brest métropole océane dans la région de Haiphong.
- Transposition des acquis accumulés à Hai Phong au bénéfice de la province Quang Ninh.
- Capacité à adapter l'approche du contrat de baie de la rade de Brest aux cas de Hai Phong et de Quang Ninh, notamment en ce qui concerne le dialogue avec les acteurs économiques.
L’AFD assure le portage de ce projet, et en parallèle finance un projet de restauration environnemental d’un terril dans la Baie d’Halong.

*Un « Contrat de Baie » est en France un programme territorial et contractualisé, d’actions environnementales concernant l'échelle d'une Baie. Il s’agit donc d’un document de planification environnementale pour réglementer les activités au sein d’une baie.



Des bonnes pratiques agricoles pour une meilleure filière maraichère au Burkina Faso

25/06/2013

Depuis 2007, la région Bretagne s’est engagée auprès de l’Union monétaire de l’ouest africain (UEMOA) dans différents projets  de développement économique solidaire de la région. Au Burkina Faso, elle appuie un programme d’approvisionnement de la capitale en fruits et légumes bio.

Sécuriser l’approvisionnement de Ouagadougou

Le programme a été engagé en 2010 entre les conseils régionaux de Bretagne et du Centre du Burkina Faso afin de sécuriser l’approvisionnement de Ouagadougou en nourriture tout en développant la filière maraichère biologique.
Le programme comprend quatre étapes :
-    Accompagnement des six coopératives maraichères avoisinant la capitale en leur fournissant les financements, équipements et formations nécessaires pour avoir une production durable, intensive et diversifiée. Au total, ce sont plus de 600 maraîchers qui sont concernés par ce programme.
-    Financement de la construction de dix-huit bâtiments de stockage et de vente de la nourriture produite.
-    Rénovation de bâtiments frigorifiques déjà existants
-    Etablissement d’un partenariat avec les associations commerçantes de Ouagadougou.

L’AFD a renouvelé son soutien à la région Bretagne pour la réalisation de ce projet pour la troisième année consécutive.

Une production écologique, intensive et sobre en eau et énergies

A terme, le but est de produire plus et mieux pour une alimentation de qualité abordable. Les producteurs associés au programme s’engagent à avoir un mode de production écologiquement intensif, économique en eau et en énergies.
La conservation des aliments sera elle aussi économe, en utilisant l’énergie solaire pour alimenter les structures frigorifiques.
Des missions d’étude et de formation en Bretagne sont organisées pour les responsables burkinabés du projet.

Ce programme s’inscrit dans les six objectifs énoncés par la région Bretagne :
-    Le développement économique endogène, créateur d’emplois et de valeur ajoutée
-    La formation et l’acquisition de compétences par les travailleurs du secteur concernés
-    Le respect de l’environnement à travers des pratiques biologiques, renouvelables et une meilleure gestion de la ressource eau
-    L’autonomie et l’intégration des femmes
-    Le regroupement des acteurs en coopératives
-    La mise en valeur de l’intérêt des territoires



Améliorer la vie des plus vulnérables dans l’Etat du Minas Gerais

24/06/2013

La région Nord Pas de Calais vient de renouveler son partenariat avec l’Etat du Minas Gerais et l’AFD afin d’apporter son expertise dans l’accompagnement du « Plan de gestion de la citoyenneté » de cet Etat du sud-est brésilien.

 Mobilité, zones dégradées et climat

Depuis juin 2011, L’AFD est engagée aux côtés de l’Etat du Minas Gerais à travers le financement de son « plan de gestion de la citoyenneté ». Pour prolonger cette démarche, l’AFD a proposé à l’Etat du Minas Gerais d’interagir avec des acteurs publics et privés français susceptibles de fournir une expertise technique dans les trois secteurs du partenariat : la mobilité urbaine, la reconversion des zones dégradées et la stratégie locale de lutte contre le changement climatique.

Ces actions en direction des populations les plus vulnérables de l’Etat prolongent la politique d’aménagement du territoire ambitieuse du Minas Gerais qui privilégie l’universalisation de l’accès aux infrastructures de base. C’est l’Agence qui a ainsi mis en relation l’Etat brésilien avec la région française pour mener à bien ce projet.

Ce partenariat s’inscrit ainsi dans une dynamique de soutien aux projets d’échanges d’expertise et de coopération technique dans les trois secteurs du partenariat. Cette coopération au bénéfice de l’Etat du Minas Gerais associe également le tissu économique de la Région Nord-Pas de Calais. Plusieurs de ses pôles de compétitivité sont impliqués, notamment tout le savoir de la région en matière de transports ferroviaires. Les régions échangeront également des informations entre leurs chambres respectives de commerce et d’industrie.

Réduire les inégalités sociales et régionales

Cet accord complète ainsi le financement initial de 300 M € accordé par l’AFD en 2012 à l’Etat du Minas Gerais, en soutien de son plan pluriannuel d’action gouvernementale. Plus spécifiquement, le financement de l’Agence vise à soutenir la mise en œuvre d’un programme de réduction des inégalités sociales et régionales, par un accès généralisé aux services essentiels : électrification, eau, assainissement, gestion des déchets solides et logement.



« Seules les collectivités territoriales ont l’expertise en matière de conduite de politique publique locale »

21/06/2013

L’action internationale des collectivités territoriales a connu une grande évolution ces trente dernières années. Aujourd’hui, l’AFD et les collectivités territoriales travaillent de plus en plus ensemble dans des projets de collectivités de Sud au titre de la solidarité internationale et du développement. Comment, pourquoi, où ?  Réponses par Louis-Jacques Vaillant, directeur des Relations extérieures et des partenariats de l’AFD.
 

Comment l’aide apportée par les collectivités territoriales a-t-elle évolué ?

Au départ, cette action était liée à la  construction de la paix en Europe, avec des activités de jumelage, des évènements culturels…
Puis, elles se sont ouvertes sur le monde et réorientées vers de petites opérations de solidarité internationale avec une forte composante d’assistance technique.
Trois éléments ont alors modifié leurs actions : la forte immigration des années 1950 et 1960, qui a amené les élus à s’intéresser aux pays d’origine de cette diaspora présente sur leurs territoires ; les lois de décentralisation de 1982 et 1983 qui ont redéfini leurs compétences ; enfin, les événements des décennies 1980 et 1990 – guerres, catastrophes naturelles, qui ont ému les Français et conduit les collectivités territoriales à se diriger vers l’urgence et l’humanitaire.
Malgré ces évolutions, les interventions des collectivités territoriales demeurent de montant limité, surtout sous forme d’assistance technique, et très souvent déléguées à des ONG lorsqu’il s’agit d’humanitaire.
Les processus de décentralisation au Sud, la professionnalisation des équipes des collectivités françaises ainsi que les récentes évolutions législatives, en augmentant leurs garanties juridiques, les poussent à envisager différemment leur action internationale.

Quel est la spécificité de l’aide des collectivités territoriales par rapport à des bailleurs de fonds, des ONG, etc. ?

Elles ont une expertise, qu’elles sont les seules à posséder, en matière de définition et de conduite de politiques publiques locales en faveur du développement, intégrant la gestion des finances locales, la programmation des investissements, les schémas d’aménagement, l’assainissement et le traitement des déchets, les voiries, etc. Elles possèdent une vaste « boîte à outils » pour mettre en œuvre ces politiques , en direct, en régie, par délégation de services publics à entreprises publiques locales, à des SEM, au secteur privé. Ces expériences et compétences sont d’autant plus recherchées par leurs homologues du Sud que les processus de décentralisation se généralisent dans le monde.
Par ailleurs, alors que les ONG sont dans une logique de l’offre, les collectivités territoriales interviennent dans une démarche de réponse à un besoin exprimé par le Sud. De plus, les collectivités sont peut-être mieux outillées que les ONG pour penser la durabilité, la pérennité des opérations.
Ces facteurs militent en faveur d’un soutien fort de l’Etat à travers la délégation à l’action extérieure des collectivités (DAECT) du MAE mais aussi avec l’appui de l’AFD pour accompagner les collectivités locales dans leur action dans les pays du sud.

De quelle manière l’AFD soutient-elle à ce jour leur action et leurs ambitions ?

Depuis plusieurs années, à la demande des collectivités du Sud que nous appuyons, nous intégrons donc un volet « assistance technique » qui permet aux collectivités locales françaises d’intervenir en faveur de collectivités du Sud, sur financement de l’AFD, pour un accompagnement autour d’un programme ou d’un projet précis.
En revanche, l’AFD ne dispose pas aujourd’hui de ressources financières spécifiques pour accompagner les collectivités territoriales françaises dans leurs actions internationales.
Pour autant, au-delà des financements, nous participons avec les collectivités locales à des formations, des échanges d’expérience, des études et travaux intellectuels et à l’élaboration de modes d’emploi des financements existants – tout ceci concourt à la professionnalisation des agents territoriaux en charge des activités internationales. *
Enfin, les agences du réseau AFD peuvent apporter un réel appui pour les actions à l’international des collectivités, notamment une bonne connaissance institutionnelle, économique et culturelle des contextes locaux

Dans cette période de crise des finances publiques, quelle est la marge de manœuvre pour l’action internationale des collectivités territoriales ?

Tout d’abord,  dans un contexte de crise économique et financière en Europe et de raréfaction des ressources disponibles pour le financement des actions internationales des collectivités, on a besoin, dans chacune des régions françaises, d’une réelle stratégie d’intervention à l’international, qui intègre tous les acteurs du territoire : la région et les autres collectivités mais également les entreprises et les associations.
En effet, l’action au Sud peut être complémentaire au développement économique de nos propres territoires ; c’est ce que traduisent les récents accords signés par l’AFD : par exemple avec la région Bretagne dont l’action en faveur du Mali peut avoir des répercussions sur son propre territoire.
Cela permet d’entrevoir une nouvelle forme d’intervention des collectivités, pas simplement en appui technique mais également, pour les pays les plus pauvres, en investissement : les collectivités territoriales pourraient être amenées à se voir déléguer des fonds de l’AFD ou de l’Europe pour financer des projets d’investissement de collectivités du Sud.
De même, dans les pays émergents où l’AFD intervient en prêts non bonifiés en faveur de collectivités, celles-ci sont en demande d’échanges d’expériences et d’expertises auprès de collectivités françaises. Il convient donc de rechercher les outils financiers pour y répondre ; c’est ce que l’AFD a mis en œuvre dans le cadre de l’accord tripartite qui nous associe à l’Etat du Minas Gérais (Brésil) et à la Région Nord Pas-de-Calais. Ceci participe du développement et de l’influence conformément à nos mandats.


* L’AFD appuie l’ARRICOD (Association des professionnels de l’action internationale des collectivités territoriales), avec qui on a publié un ouvrage référent en la matière (L’action internationale des collectivités territoriales, Le Cavalier Bleu, 2012), qui représente un réel apport pour les collectivités en matière de connaissance sur l’action internationale.



4e forum de l’action internationale des collectivités territoriales

17/06/2013

 Les 1er et 2 juillet, les collectivités territoriales exposent leur volonté et leurs efforts d’action à l’international. Organisé par Cités Unies France (CUF), le forum attire des collectivités de toute la France mais aussi de tous les continents, afin de leur permettre de se rencontrer et d’échanger.

Les collectivités territoriales  sont devenues des acteurs à part entières dans l’aide publique française au développement.  Le forum a pour but de leur permettre  d’exposer leur action à l’étranger et de rencontrer les autres collectivités afin d’échanger expériences, contact et bonnes pratiques.

Conférences thématiques et régionales, et formations

Quelques exemples de conférences : L’intercommunalité, une nouvelle gouvernance des territoires aux Caraïbes, en Afrique et en Amérique latine
Action Internationale des Collectivités Françaises et Banque Mondiale : enjeux et perspectives de coopération
Les collectivités territoriales face aux crises, catastrophes, guerres et guerres civiles
Action sociale et coopération décentralisée : un champ en développement
Comment l’action internationale mobilise les autres politiques publiques ?
Encourager la citoyenneté mondiale active, animation territoriale et transformation sociale
Collectivités petites et moyennes : valoriser votre action internationale

Réunions de groupes-pays

Les réunions de groupes-pays sont des réunions qui regroupent en un ensemble toutes les collectivités territoriales qui travaillent dans un pays ou une géographie particulière, ou toutes celles désireuses de rejoindre ce groupe. De nombreux groupes-pays existent : Palestine,  Burkina-Faso,Algérie, Sénégal…Au total, dix réunions de groupes-pays se tiennent  pendant les deux jours du forum.

Formations

Enfin, les formations sont organisées sur des points précis de l’action internationale d’une collectivité tel que les aspects juridiques ou les financements européens..
Médéric Petit, délégué général du forum, souligne que ce forum est « un rendez-vous phare au sein de la communauté des autorités locales et régionales engagées en coopération décentralisée ».

Cités Unies France fédère les collectivités territoriales françaises engagées dans la coopération internationale. (lien vers le site de CUF)



 
 
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